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mardi 26 mars 2019

Mohamed Mejjaoui: « les membres de la sûreté nationale de Casablanca disaient qu'ils allaient violer mes deux filles mineurs ainsi que mon épouse»


Mohamed Mejjaoui
Mohamed Mejjaoui, prisonnier politique rifain, a présenté des témoignages accablants à la Cour de justice de Casablanca quant à la torture qu'il a subie.


Le détenu politique rifain Mohamed Mejjaoui, présenté à la Cour de justice de Casablanca, a déclaré que les membres de la sûreté nationale de Casablanca lui ont proposé soit de collaborer en témoignant contre Nasser Zefzafi, leader du Hirak, sinon ils allaient violer ses deux filles mineurs ainsi que son épouse. Mejjaoui ne cachait pas son émoi en relatant son calvaire et toute cette torture psychologique face au juge. Ses larmes se mêlaient à ses mots pour dire son ultime souffrance et son humiliation.

Mejjaoui a ajouté, dans le même registre, que lors de son transfert du Commissariat de Al-Hoceima vers une destination inconnue, l’agent de police qui l’accompagné lui a méchamment chuchoté : “Fais tes adieux à tes filles, fils de pute. Peut être que tu ne reviendras pas de l’endroit où on t’emmène, qui sait que c’est la dernière fois que tu croises tes filles !”

Mejjaoui a ensuite détaillé toute la torture psychologique endurée dans le commissariat de Al-Hoceima. Un policier lui a ordonné de crier la formule “vive le roi” afin d’alléger ses souffrances et torture. Mejjaoui a acquiescé et et a crié «vive le roi», mais l’agent est revenu une seconde fois lui pour ordonner encore un «vive le roi», et poursuivant : “fils de pute, je suis presque sûr que ton vive le roi ne vient du fond de ton coeur !” Et Mejjaoui de se demander : «Comment est ce possible de juger nos entrailles, et non que nos déclarations ? quelle loi et quel droit autorisent toute cette extrême torture sur nous ?»

Autrement, Mejjaoui s’est interrogé devant la Cour sur le secret de la présence d’une personne appartenant au corps de l’éducation nationale nommé Abdul Samad Al-Zayani, surnommé «Ousous» dans l’hélicoptère qui l’emmena de Al-Hoceima jusqu'à Casablanca. Mejjaoui a expliqué que cette personne, prenait des photographies des prisonniers tout en les moquant. Ensuite Mejjaoui a exigé de savoir le sens de la présence de Ousous pendant son transfert, et de savoir qui l’a autorisé à les photographier dans cette posture si inhumaine. Et quelle relation entretenait cette personne avec les forces de police. Ashraf Yakhloufi, un autre détenu politique rifain du Hirak, a soulevé les mêmes interrogations devant la cour une journée auparavant. Devant le juge, Yakhloufi a émet le souhait de savoir le sens de la présence de Ousous et ce qui motive toutes ses moqueries et provocations.

Mejjaoui a poursuivi en relatant avec amertume la situation du Maroc actuel. Il a déploré l’arbitraire dont il est victime, aussi il a déploré également et beaucoup plus ce silence effroyable sur cette grave situation de violations des droits humains. Mejjaoui a ajouté qu’il est souffrant à cause de l’avenir incertain de ses enfants et de tous les gamins du pays. La plupart de ses jeunes élèves souhaitent émigrer et tourner le dos à ce pays sans perspectives. Le départ vers l’Europe au lieu de rêver de devenir médecin, ingénieur ou professeur. Et Mejjaoui de conclure : Le constat est triste et affligeant, le rêve ou le souhait d’émigrer de tourner le dos au pays ne stimule pas que les jeunes et les adultes, mais il est ancré également dans le conscient et le cerveau des plus petits, des nouveaux nés, des personnes âgés... Cette désastreuse situation ou tous veulent s’en aller et partir ailleurs est un signal d’alarme qui risque de précipiter le pays dans le gouffre.

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