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samedi 6 avril 2019

A propos de simulacre de procès des prisonniers du mouvement rifain

La Cour d’appel de Casablanca a confirmé la peine de vingt ans de prison de Nasser Zefzafi. | HICHAM RAFIH / AFP

La Cour d'appel de Casablanca a confirmé les peines contre les prisonniers du Rif, des manifestants qui revendiquaient les hôpitauxet les universités, mais le régime politique leur impute des accusations hallucinantes. Les plus gratinées vont du complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat jusqu'à l'apologie du terrorisme. Jamais la moindre preuve plausible n'a été apportée par l'accusation.

C'est la nuit dernière, alors que le Maroc et son environnement régional, l’Afrique du nord et l’Europe comprise, étaient endormis, que la cour d'appel de Casablanca a confirmé de manière quasi-confidentielle, les très lourdes peines prononcées en première instance à l'encontre des détenus du Hirak du Rif, pour avoir revendiqué la justice sociale, l'égalité et la liberté. Cela, juste une semaine après le tohu-bohu de la visite du pape François 1er qui avait couvert de louanges la politique de Mohammed VI en matière de tolérance. Légitimé à grand coup d'eau bénite, le régime marocain a pu ainsi accomplir ce qu'il fait de mieux : une mascarade de justice effectuée en catimini, nous révélant un peu plus, malgré l'absolution papale, la vraie nature de cette tyrannie despotique et autoritaire qui gouverne le Maroc . Ceci avec le silence aussi bienveillant qu'assourdissant des grandes puissances du Conseil de Sécurité, et de la plus grande partie de la Communauté internationale.
"Êtes-vous un gouvernement ou un gang ?" Cette question avait été posée il y a des années par Abdelkrim au gouvernement du Maroc. Une question que l'on est obligé de poser à nouveau, chaque fois que le makhzen réprime un peu plus une partie de son peuple et surtout les Rifains, accusés de tous les maux par la monarchie alaouite. Cette répression vise avec une brutalité implacable les membres du mouvement du Hirak. Les charges retenues contre ceux-ci sont d'une incroyable gravité alors qu'il ne s'agit que de simples manifestants. Les plus gratinées vont du complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat jusqu'à l'apologie du terrorisme. Jamais la moindre preuve plausible n'a été apportée par l'accusation. D'ailleurs s'il y en avait, on nous submergeraient matin, midi et soir dans les médias avec les images de "dépôts d'armes rifains", ou de commentaires sur les "complots" de ces "éternels rebelles", sans parler de bien d'autres clichés dont on nous affuble et qui tous, au passage, légitiment depuis l'indépendance une occupation militaire en bonne et due forme du Rif, accompagnée d'exactions brutales ainsi que de son lot quotidien de brimades et de vexations. S'il y a une réalité que le régime marocain se garde bien de rappeler et qui en l'occurrence n'est pas un cliché, c'est l'état de sous-développement qui est maintenu dans le Rif par le makhzen, malgré toutes les déclarations officielles prétendant le contraire.
Or que voulaient les manifestants condamnés jusqu'à 20 ans de prison en première instance et dont la peine a été confirmée en appel par la même parodie de justice? Ils voulaient juste dénoncer le fossé grandissant entre le peuple et des dirigeants qui mêlent affaires et gestion politique, le degré de corruption de l'Etat qui contraste avec l'état de dénuement du peuple du Rif et même bien au-delà, et enfin le déploiement de forces militaires en réponse à la demande des Rifains d'équipements hospitaliers et universitaires.
En quoi le mot d'ordre "Vivre, étudier, travailler, se soigner et vieillir dignement au pays" porte-t-il atteinte à la sûreté de l'Etat où fait-il l'apologie du terrorisme? Ceux qui portent atteinte le plus à la sûreté de l'Etat, ce sont de toute évidence les cercles dirigeants du Maroc qui confondent les deniers publics avec leurs propres dirhams, les mêmes qui expédient l'argent mal acquis du peuple dans les paradis fiscaux comme Panama, et ceux qui, comme les dirigeants du makhzen manipulent la justice en dépit du bon sens pour délivrer des sentences iniques, piétiner les droits humains et pousser les peuples au désespoir et à la colère.

Par Radia. A

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