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mercredi 29 mai 2019

Il y a deux ans, Nasser Zefzafi a été arrêté

Nasser Zefzafi, 28 avril 2017. / Hicham Rafih. AFP

Il y a deux ans, Nasser Zefzafi, le chef du mouvement rifain a été arrêté, lundi 29 mai 2017. L'arrestation était sous le prétexte que Nasser Zefzafi ait interrompu le prêche d’un imam hostile au mouvement de protestation qui a essayé de "mobiliser les fidèles contre les manifestations", selon l'AMDH. Nasser Zefzafi s'est estimé "directement ciblé par ce prêche". Il a considéré en effet que les instances religieuses s’adonnent parfois à de la propagande au service du pouvoir.

Depuis lors, le régime marocain a conduit un plan infernal dans le Rif, des arrestations massives, tortures et intimidations. La répression est évaluée à 1680 procédures judiciaires, 1650 condamnations, deux meurtres et des centaines d'exilés. 

Finaliste du prix Sakharov 2018, dans un discours prononcé au Parlement européen par son père à l’occasion de la remise de cette distinction, mercredi 12 décembre 2018, Nasser Zefzafi a raconté dans sa lettre la manière dont il a été «kidnappé et torturé» par la police pendant ce 29 mai 2017.
Il a évoqué le «cambriolage de [sa] maison», qui a «été pillée de façon barbare par la police après la destruction de la porte extérieure, en [son] absence (…) sans autorisation légale». En conséquence, «[sa] mère a été attaquée, après quoi elle a perdu connaissance, et [son] père a dû être transféré à l’hôpital». «Le 29 mai 2017, j’ai été enlevé dans un endroit sur la côte après que la région a été assiégée par des navires de guerre, des hélicoptères et des véhicules militaires escortés par un grand nombre de soldats lourdement armés. Tout ça pour kidnapper un homme désarmé», a-t-il raconté. 

Et Nasser Zefzafi de conclure dans ces propos accablants : 



 Ici (au commissariat, ndlr), j’ai été soumis aux pires formes de torture : [j’ai été] battu avec des objets tranchants, des objets en métal et des bûches, ce qui a entraîné un important saignement. J’ai également été soumis à une torture physique, verbale et morale et à la forme de torture la plus extrême : le viol. Tout cela s’est passé alors que nous étions encore à terre. La violence s’est poursuivie sans interruption à bord de l’hélicoptère qui m’a transporté d’Al Hoceima à Casablanca. Alors que je saignais abondamment et que ma tête était couverte, cinquante agents m’ont torturé à tour de rôle.

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