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dimanche 26 mai 2019

La reddition d'Abd-el-Krim vue par un journal français de l'époque

Capture d'écran de "Le Petit Troyen"

La reddition d'Abd-el-Krim abordée par le journal français "Le Petit Troyen" qui s'était défini de "Journal Quotidien de la Démocratie de l'Est". Pour ce journal, après la capitulation du chef rifain, les Rifains n’ont plus la ressource d'invoquer pour justifier leur attitude, "le fallacieux prétexte de l’indépendance du Rif", et espère que l'événement aura des répercussions ailleurs et qu’une période plus calme va succéder. L'article a été publié le 28 mai 1926.

La reddition d'Abd-el-Krim

Abd-el-Krim a franchi les lignes françaises et s’est constitué prisonnier, dans la matinée d'hier. Ainsi prend fin, après une lutte parfois angoissante, l’aventure marocaine. Il demeure possible que certaines tribus veuillent poursuivre la bataille : elles ne sauraient y gagner quelque chose et tout porte à croire qu’une fois brisé le lien d’unité de vues et de solidarité que constituait la présence d'Abd-el-Krim, les opérations militaires seront bientôt terminées. En tout cas, la reddition du chef rifain leur confère un caractère tout différent, et nous n’avons plus en face de nous que des tribus rebelles qui n’ont même plus la ressource d'invoquer pour justifier leur attitude, le fallacieux prétexte de l’indépendance du Rif.

Quoi qu’il en soit, la guerre peut être considérée comme virtuellement terminée, et l’avenir peut à bon droit nous préoccuper davantage que le présent. En ce qui concerne Abd-el-Krim, il sera probablement éloigné des territoires qu’il a convoités. La façon dont prend fin la rébellion du Rif permet de croire que cette procédure, dangereuse hier, s’impose aujourd’hui. En se bornant à exiler le vaincu, la France fera preuve d’une magnanimité pour laquelle elle s’est déjà acouis une certaine réputation.

Ce qui est plus important pour nous, à cette heure, c’est la répercussion que la capitulation marocaine peut avoir dans le monde musulman et notamment en Syrie. Il est presque certain que notre prestige va en être fortement accru, et que les auteurs de tentatives analogues à celles d’Abd-el-Krim, en ressentiront quelque découragement.

On peut donc espérer qu’une période plus calme va succéder aux diverses secousses qui nous ont depuis quelque temps ébranlés.

Il ne serait pas mauvais de prendre, dès à présent, nos précautions pour éviter le renouvellement d’aventures de ce genre. La guerre du Rif a été amenée par l’impuissance reconnue de l’Espagne à maintenir l’ordre dans la zone dont elle avait la responsabilité. Cela, notre accord avec Madrid ne doit pas nous le faire oublier. Or, tout porte à croire que cette impuissance s’affirmera demain ou après-demain, comme elle s’est avérée hier. Nous serions donc fondés à demander que des assurances plus précises nous soient données contre de nouveaux troubles et contre une gangrène éventuelle. L’heure est particulièrement favorable pour cela : ne la laissons point passer.


Jacques Le Désert

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