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jeudi 20 juin 2019

Ces prisonniers rifains condamnés à 20 ans de prison ferme

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Ces prisonniers rifains condamnés à 20 ans de prison ferme pour chacun, dans des procès qualifiés de " politiques par excellence" par des ONG et des observateurs. On les accuse notamment de "complot visant à porter atteinte à la sécurité intérieure", de "violence", d'être "financés par les puissances étrangères ou les barons de drogue", de "brutaliser des agents de police" ou de "participer à la destruction de biens publics". Mais c'est vrai ça ? «Les vraies raisons, tout le monde les connaît. C’est une façon de sanctionner les personnes qui ont eut le courage de protester contre une situation sociale alarmante et détériorée, les accusations qu’on leur présente au tribunal n’ont rien à voir avec la réalité. Au Maroc, les tribunaux sont des instruments de l’État. Les juges prononcent des peines sans aucune preuves», a estimé Khadija Ryadi, la première femme à occuper la présidence de l’Association marocaine des droits humains, et qui a remporté également le prix des Nations unies pour les droits de l'homme en 2013 dans une interview avec Politis.

Nasser Zefzafi

"Je m’appelle Nasser Zafzafi et je suis, comme les autres personnes qui défilent dans la rue, un simple citoyen. Comme eux, je subis la même humiliation et la même injustice persistantes dont cet État se rend coupable jour après jour. L’État et sa politique ont entraîné la mort de notre camarade Mohcin Fikri. L’État marocain poursuit une politique de répression économique, sociale et culturelle des Rifains. Aujourd’hui, nous répétons : c’en est assez ! Je suis donc, en bref, un Rifain de la province d’Al-Hoceima et je ne suis pas d’accord avec cette tyrannie qui perpétue cette dynamique de la violence", ainsi s'est présenté Nasser Zefzafi lors d'une interview accordée au magazine belge MO.

Nasser Zefzafi, le leader du mouvement connu pour ses discours virulents contre l’État « corrompu » ou « l’arbitraire » du pouvoir. Arrêté le 29 mai 2017, il a été accusé par le pouvoir judiciaire du régime marocain de "complot visant à porter atteinte à la sécurité intérieure" et condamné à 20 ans de prison ferme.

Nabil Ahamjik

Après l’arrestation de Nasser Zefzafi le 29 mai 2017, Nabil a pris le relais et a continué à appeler à la mobilisation, il a été arrêté le 5 juin 2017. «Ce Diplômé en comptabilité, francophone aux discours très structurés, est l’auteur de la plupart des slogans scandés lors de la révolte du Rif. Accusé, comme ses compagnons, de complot et d’atteinte à la sûreté de l’État», décrit l'Humanité. «Le changement est inévitable M. le juge, soit on accélère le pas pour que ce changement soit peu coûteux ou soit on le résiste et le prix serait élevé», ainsi Nabil s'est adressé de vive voix au juge qui l'a condamné à 20 ans de prison ferme.

Ouassim Boustati

Il a été condamné lui aussi à 20 ans de prison ferme par la Chambre criminelle près la Cour d’Appel de Casablanca le 26 juin 2018 avec le leader du mouvement Nasser Zefzafi, et dans la nuit du vendredi 5 avril 2019, la Cour d’appel de Casablanca a maintenu les 20 ans de prison ferme prononcées en première instance à son encontre. L'histoire de Ouassim est triste en effet, puisque sa fiancée aussi a été condamnée à deux mois de prison ferme, après avoir apparue dans une vidéo d’une manifestation où elle appelait à la libération des détenus, tout en exprimant son soutien au mouvement du Hirak.

Samir Ighid 

Il a été condamné à 20 ans de prison ferme par la Chambre criminelle près la Cour d’Appel de Casablanca le 26 juin 2018. Samir est considéré comme un meneur du mouvement du Rif, il n'a pas vu sa peine réduite en appel. Dans la nuit du vendredi 5 avril 2019, la Cour d’appel de Casablanca a maintenu les 20 ans de prison ferme prononcées en première instance. Il a été accusé d'"atteinte à la sécurité de l'Etat".

Hassan Barba

19 ans, a écopé de 20 ans de prison ferme, le 08 février 2018. Accusé de "mise à feu volontaire d’un bien d’autrui" et "entrave à la circulation". « Je suis innocent (…) mon inculpation est basée sur le témoignage d’une personne contradictoire dans ses déclarations », dénonce-t-il dans un enregistrement audio qui a été publié par Rifonline. «On m’accuse d’avoir mis le feu aux voitures de police et dans un bâtiment sans preuves », rajoute le jeune homme, arrêté après un incendie qui s’est propagé dans un bâtiment loué par les force de l’ordre à Imzouren. Lors d’une marche contestataire organisée par des élèves entre Beni Bouayche et Al-Hoceima, dimanche 26 mars 2017. Concernant sa santé, le jeune homme, né le 26 mars 1997, qui avait observé une grève de la faim de plus de 30 jours, lance une alerte d’alarme : « je suis malade des reins, je n’ai pas de suivi médical ». «Je veux seulement mon innocence ... Je vais m’exploser si les choses restent inchangées, d'autant plus qu'ils m'ont mis en prison avec des criminels», s’alarme le détenu rifain dans l'enregistrement audio.

Hassan Hajji

On l'appelle aussi Jamal Talouh a été condamné à 10 ans de prison ferme en première instance, a vu sa peine doublée en appel le 08 février 2018. Accusé notamment par le pouvoir judiciare du régime de "mise à feu volontaire d’un bien d’autrui" et "entrave à la circulation". Hassan a été condamné au lendemain de condamnation de l’avocat des prisonniers rifains Abdessadak El Bouchattaoui à 20 mois de prison ferme par le tribunal de première instance d’Al Hoceïma, avant que celui-ci quitte le Maroc et demande un asile politique en France. Hassan est emprisonné dans la prison de Toulal 2 à Meknès, dont l'Association Tafra formée par les familles des détenus avait récemment signalé qu'il est dans un mauvais état de santé en appelant à lui apporter le traitement nécessaire.

Achraf Moudid

Il a été condamné le 13 novembre 2018 à 20 ans de prison ferme, après avoir été lourdement accusé par le pouvoir judiciaire du régime marocain. Le jeune dans la vingtaine a été accusé notamment d'"incendie d'un bâtiment appartenant à la sécurité nationale, mettre le feu délibérément à des bâtiments et des maisons, ériger les barricades sur la voie publique dans le but de perturber la circulation, recours à la violence contre les éléments des forces publiques et la rébellion armée". «Le rouleau compresseur de tous les échelons de l'appareil judiciaire marocain continue de sévir contre le peuple RIFAIN ! Cette condamnation est violente et haineuse. Elle représente le cynisme de la « justice » marocaine en grandeur nature. Achraf, comme d’autres, qui ont été condamnés avant lui, avaient le malheur de n’être que des rifains », a dénoncé Rif Watch au lendemain de la condamnation d'Achraf Moudid. Le prisonnier a observé des grèves de la faim à maintes reprises pour protester contre son emprisonnemnt et les conditions de sa détention.


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