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vendredi 14 juin 2019

Joseph Otto Klems, l'Allemand devenu Rifain

 Sergent Klems. 96 minutes. Réalisé par Sergio Grieco; Acteurs: Peter Strauss (Sergent de la Légion étrangère Otto Joseph Klems), Tina Aumont (fille d'Abdelkrim).

Joseph Otto Klems, un aventurier d'origine allemande né à Düsseldorf en 1893 dans une famille d'origine sociale modeste. Il s'engagea dans la Légion étrangère française, et lorsque fut envoyé à la guerre du Rif, il déserta l'armée française pour rejoindre le combat des Rifains dirigés par Abdelkrim. Klems joua un rôle non négligeable dans une des premières grandes luttes anticolonialistes. Il fut surnommé par les Rifains "Rhaj aliman".


Abdelkrim introduisit Klems dans son état-major où il utilisa déjà plusieurs Européens, notamment des anglais, comme Robert Gordon-Canning et le capitaine Charles Gardiner. 



Peut-on écrire la biographie d'un homme qui n'a laissé ni écrits ni confidences alors même qu'il fut célèbre en son temps ? Ne devient-il qu'une ombre quand sa légende s'est affadie au fil du temps pour ne laisser qu'un pâle reflet déformé ? Peut-on au moins esquisser les grands traits de ce que fut sa singulière odyssée ?

Joseph Otto Klems est un aventurier d'origine allemande qui déserta l'armée française pour rejoindre le combat des insurgés du Rif dirigés par Abd el Krim. Converti à l'Islam, devenu un fidèle de Krim, Klems joua un rôle non négligeable dans une des premières grandes luttes anticolonialistes contre la domination européenne. Mais son personnage reste ambigu. L'appui qu'il reçut du régime nazi - qui contribua de façon décisive à sa libération du bagne de Guyane où il avait été condamné après sa capture par l'armée française - explique peut-être pour partie que son histoire n'ait trouvé que peu d'échos dans l'historiographie contemporaine. Et pourtant Klems ne s'est - semble-t-il jamais compromis avec les fascistes ou les nazis.

Cet aventurier eut son heure de gloire dans les années 1920-1930. Les grands journaux de l'époque, Le Matin, Le Petit parisien ou le Temps ont raconté ses tribulations avec plus ou moins d'exactitude, sans obtenir de lui la moindre interview. Il a fasciné beaucoup de ceux qui l'ont connu et notamment Georges R. Manue, ancien légionnaire lui-même, devenu journaliste, qui fut l'ami de Malraux à partir de 1926. Sévérité mêlée d'une forme de tendresse difficilement avouable, exprimée dans la Dépêche coloniale et maritime du 21 février 1930 : "Nous ne saurions avoir de l'indulgence pour cet homme traître à son régiment, qui fut l'assassin de tant de ses camarades. Mais son cas n'est pas celui d'un banal criminel. Il y a dans la conduite de Klems une part de mystère qui nous tente et qui nous attache."

KLEMS S'ENGAGE DANS LA LEGION ETRANGERE FRANÇAISE

Joseph Otto Klems est né à Düsseldorf en 1893 dans une famille d'origine sociale modeste. Entré à dix huit ans comme commis dans un cabinet d'avocat, il peine à trouver sa voie. Très vite, il bascule dans une petite délinquance qui l'amène à être condamné à deux reprises, en 1911 et 1912, à des peines de prison de quelques mois. En octobre 1913, il s'engage dans l'armée allemande comme simple soldat ; pour déserter un peu plus tard, en juin 1914.

Fuyant en France, il s'engage alors dans la Légion étrangère française, au 2ème Régiment étranger, sous le matricule 9073. Klems a enjolivé ce moment déterminant de sa vie en prétendant qu'il s'était enfui à Paris avec une danseuse hongroise, avec laquelle il serait parti en Orient en se déguisant en marchand de tapis. L'examen des sources montre que ce récit fait au journaliste américain Vincent Sheean en 1925 est purement et simplement inventé. Les dates de sa désertion en Allemagne et de son engagement dans la Légion ne laissent pas de place pour ce rocambolesque voyage.

Envoyé en Afrique du Nord, Joseph Otto Klems passe les deux premières années de la guerre en Algérie, car il n'est évidemment pas question d'utiliser un mercenaire allemand sur le front français ; puis en juillet 1916, il est affecté au Maroc. Apparemment il s'est stabilisé dans sa nouvelle vie. On constate qu'en 1920, il signe un nouvel engagement de cinq ans dans la Légion. Il est assez bien noté de ses supérieurs pour être promu sous-officier, avec le grade de caporal, au 1er janvier 1922. Devant lui, s'étale bien ordonnée une nouvelle étape de sa carrière militaire. Et puis tout se bouscule, tout se dérègle.

Au moment où se déroulent les faits que nous allons relater, Klems est au Maroc qui est passé sous influence français en mars 1912 et qui est gouverné, depuis le début de ce protectorat, par Lyautey. Dans le règlement de la question marocaine, la France a rétrocédé à l'Espagne un territoire montagneux d'environ vingt mille kilomètres carrés au nord du pays, sur à peu près 150 kilomètres, près des enclaves que les Espagnols possédaient déjà, notamment à Melilla et Ceuta. Mais ce territoire, le Rif, est resté pratiquement incontrôlé jusqu'en 1920. Il est habité par des tribus berbères organisées de façon clanique dans une indépendance de fait par rapport au sultan du Maroc.

C'est la volonté de l'Espagne de prendre le contrôle effectif de ce territoire qui déclenche une guerre qui va s'avérer rapidement difficile, puis désastreuse pour ses troupes. Dès 1923, les défaites dans le Rif provoquent un changement de régime en Espagne avec l'instauration d'une dictature, celle de Primo de Rivera ; lequel ne parvient pas à redresser la situation. Après une série de revers, l'Espagne semble abandonner la partie. En avril 1925, le conflit va être relancé avec l'intervention française, et se prolonger jusqu'en 1926. Il se termine par la victoire des forces françaises avec la reddition d'Abd el Krim et la soumission des tribus dissidentes. La république du Rif n'aura duré que cinq années.

La désertion

A côté des turbulences rifaines, dans le Maroc sous contrôle français, tout est resté à peu près calme. Au début de 1922, rien ne laisse prévoir que Klems va déserter quelques mois plus tard. Le capitaine Cattin, son supérieur, note toutefois que, "s'il n'y a rien à lui reprocher dans sa manière de servir, il est cependant extrêmement irritable, méfiant et très imbu de lui-même". Même s'il est un excellent soldat, Joseph Otto Klems est considéré avant tout comme un bon gestionnaire. Au mois de mars, une affaire assez trouble le met en cause. Alors qu'il occupe un poste à l'intendance, Klems est accusé d'avoir fait de fausses factures. L'enquête ne démêle pas tous les fils embrouillés de l'affaire, mais il fait l'objet d'une sanction disciplinaire. Cela, il ne peut le supporter. Son dossier au Service Historique de l'Armée de Terre (SHAT 12J3797) montrent qu'en mai 1922, il a écrit à un de ses compagnons, allemand comme lui, qu'il ne supporte plus la vie qu'il mène, qu'il a l'impression d'être victime comme son père et son frère de la suspicion et de la haine des Français et qu'il a l'intention de déserter. Ce frère semble avoir été condamné par les Autorités françaises lors de l'occupation de la Ruhr. On voit donc que la décision de Joseph Klems n'a pas été le résultat d'un coup de tête, d'un coup de folie, mais quelque chose de réfléchi de longue date.

Georges Manue s'est passionné pour l'histoire de Klems qu'il a connu au Maroc, alors qu'il était lui-même légionnaire à Meknès en 1922 -. Dans un article publié dans La Dépêche coloniale et maritime, il résume ainsi le fil des événements qui vont conduire son camarade à devenir un hors-la-loi, en reprenant [à tort] la thèse du coup de tête conduisant à la désertion : "C'était un bon soldat ; cependant une négligence dans le service lui valut des arrêts. Rien de plus. Il prit mal la punition, critiqua le chef qui l'avait infligée, parla de "brimades" et dit à ses camarades qu'il ne le supportait plus".

Le lendemain, le 23 août 1922, son ordonnance trouva le lit fait ; et le révolver, habituellement accroché à la porte, n'était plus là. Alerté, le capitaine fit faire un inventaire des armes. Un mousqueton avait aussi disparu : Klems était parti en dissidence. Selon le journaliste du Petit parisien, L. C. Royer - parfois approximatif dans la présentation des faits -, dans sa fuite Klems aurait assassiné la sentinelle. On peut en douter car ce motif n'a pas été repris par l'accusation durant le procès du déserteur.

Le déserteur a d'abord l'intention de rejoindre l'Allemagne ; mais il y renonce rapidement car cet objectif est particulièrement difficile. L'armée française organise sa traque avec des promesses de récompense diffusées auprès des populations marocaines dont l'appui est indispensable pour retrouver le fugitif. Klems en désertant a pris tous les risques. Et d'abord celui d'être mis à mort par les tribus dissidentes puisqu'elles ne savent rien de lui. Capturé peu après sa fuite par Aït Baza, chef de la tribu des Aït Seghrouchen, Klems est sur le point d'être égorgé, lorsque Moulay M'Hammed, un parent de ce chef, le sauve ; car il subodore que le fugitif pourrait être très utile aux insurgés. Il faut toutefois tester sa bonne foi avant de l'affecter au service de Moulay Ali, le fils de Moulay M'Hammed. Dans la nuit du 17 au 18 septembre 1922, Klems organise un coup de main qui permet aux Rifains [l'orthographe des journaux de l'époque hésite entre Riffains et Rifains] de récupérer dans le poste français de Missour quatre armes de guerre. Il est alors adopté. Cependant Moulay Ali ayant fait sa soumission aux Français, il passe au service d'une autre tribu, les Marmouchas. Ceux-ci sont également très méfiants ; ils vont, eux aussi, le mettre à l'épreuve. Et le déserteur sait à nouveau gagner la confiance de ses maîtres.

KLEMS REJOINT ABD EL KRIM

Jusqu'alors Joseph Klems a prêté son appui à des dissidences locales, dans le nord du Maroc. Mais il rejoint bientôt l'insurrection d'Abd el Krim. Depuis 1921, celui-ci mène une lutte victorieuse contre les Espagnols qui occupent le Rif (qui représente l'essentiel du Maroc dit espagnol). Krim accueille volontiers les étrangers ; qu'ils soient journalistes comme plus tard Walter Harris ou Vincent Sheean ou simples sympathisants de sa cause. Krim introduit Klems dans son état-major où il utilise déjà plusieurs Européens, notamment des anglais, comme Robert Gordon-Canning, ardent partisan de la cause arabe. Précisons que Klems n'adoptera jamais les positions politiques de Gordon-Canning ; celui-ci va dériver vers un antisémitisme presque obsessionnel qui lui fera rejoindre le parti fasciste britannique en 1934.

Parmi les étrangers de l'entourage de Krim, on trouve aussi le capitaine Charles Gardiner. Ce dernier, trafiquant d'armes notoire, déclare en août 1923, être le ministre plénipotentiaire du gouvernement du Rif. Il est aussi son trésorier. Il propose à Krim d'émettre sa propre monnaie. Proposition acceptée, mais Gardiner fait preuve d'une totale légèreté : des billets de banque du Rif seront émis en français, anglais et arabe, alors que le langage écrit de la région est l'espagnol. On ne retrouve pas cet amateurisme chez Klems qui apporte une aide sérieuse à ses amis marocains. Grâce à ses compétences militaires, l'ancien caporal établit des plans de campagne, restaure la discipline. Avec un autre légionnaire déserteur, un turc nommé Ismaël, il intègre l'état-major d'Abd el-Krim pour s'occuper de l'artillerie. Il remplace alors un certain Abdallah Serbiano. Ce dernier a plus ou moins organisé un groupe d'artillerie. L'ancien légionnaire allemand le développe ; il y intègre environ 70 soldats, dont quatorze européens.

Dans ce groupe de mercenaires ralliés à l'insurrection, Klems semble avoir été parfois contesté pour sa brutalité. On lui aurait aussi reproché d'avoir défendu un peu trop exclusivement ses intérêts ; il aurait même gardé une partie de la solde des hommes qu'il dirigeait. Mais cela peut-être controversé. Le dossier militaire réuni après sa capture avait intérêt à le noircir.

Ce qui est incontestable c'est que Klems ne tarde pas à apporter la preuve qu'il est bon stratège et excellent tacticien. Il dirige l'offensive sur Tétouan contre les troupes espagnoles, puis est chargé par Abd el Krim de la défense de la zone côtière, et particulièrement de celle d'Alhucemas. On a pourtant parfois contesté l'importance du rôle qu'aurait joué Klems dans les combats du Rif. Mais c'est, semble-t-il, à tort. Comme le souligne son biographe allemand, les relevés topographiques qu'il fit, les photographies qu'il prit ont été souvent les conditions des victoires remportées par les troupes rifaines. Il rédige aussi des proclamations en allemand incitant les légionnaires de son pays à déserter. Lorsque des journalistes étrangers viennent dans le Rif, Klems les reçoit même s'il ne parle pas très bien anglais. Il accompagne Paul Scott Mowrer lorsque ce dernier procède à l'interview d'Abd el Krim le 7 octobre 1924. Avec Vincent Sheean, en janvier 1925, il parle utilise le français que ce journaliste, qui est correspondant du Chicago Tribune à Paris depuis plusieurs années, maîtrise parfaitement.

En fin de compte comment mesurer son importance dans la rébellion ? Le colonel Huot lors du procès de Meknès affirmera qu'il a eu un rôle déterminant. Mais là encore il s'agit d'un témoignage qui se veut à charge.

A la fin de l'été 1924, Krim semble avoir triomphé des armées espagnoles ; en partie grâce à ses conseillers européens, notamment Klems. Le 19 septembre, Le Figaro titre : "L'Espagne abandonne-t-elle le Maroc ?" On pourrait le penser car le gouvernement espagnol se replie alors sur ses zones côtières, autour des centres conquis depuis le XVIème siècle de Ceuta et Melilla. Krim, qui ne pensait pas attaquer le Maroc de Lyautey, se découvre désormais de plus hautes ambitions. Ses partisans rêvent d'une libération de l'ensemble du pays, et certains imaginent même la constitution d'un nouveau califat qui s'étendrait à travers tout le Maghreb. Au début de 1925, Abd el Krim, l'émir du Rif - il refuse modestement le titre de sultan -, étend les hostilités au Maroc des Français.
Joseph Otto Klems a-t-il participé aux combats contre ses anciens compagnons d'arme ? Les témoignages divergent. Lui, niera avoir jamais tiré sur les troupes françaises. Mais il dirige les offensives rifaines d'avril 1925 sur Fez et Taza qui menacent directement la domination française. On le considère comme le chef d'état-major de Krim. En juin 1925, il est grièvement blessé lors de l'attaque d'un poste, celui de Bab-Mizab. Cela se produit peu avant que le gouvernement français, inquiet des progrès de la rébellion, ne réalise l'unité du commandement en désignant un commandant supérieur des troupes au Maroc, le général Naulin.

Parmi les Rifains, on l'appelle El hadj Halliman, le saint allemand. Georges Manue ne cache pas sa fascination pour son ancien camarade: "Pour nos troupes il était devenu légendaire. La haine avait cédé à une manière d'admiration. Le déserteur était devenu un grand aventurier. Les légionnaires voyaient en lui un grand aventurier."
Il épouse la veuve d'un chef de la tribu des Gueznaia qui venait de se rallier à l'insurrection. Cette Mimouna est parfois présentée comme la cousine de Krim. Hadj Alliman va se marier plusieurs fois. On lui prête en effet plusieurs épouses. Abd el Krim lui aurait même cédé une captive de guerre espagnole, Isabella "la rousse", qu'il aurait achetée 20 000 pesetas à un de ses chefs de tribu.

KLEMS : UN PERSONNAGE MALRUCIEN ?

Klems est une figure hors norme. Pourquoi a-t-il tant fasciné ses anciens camarades ? Georges Manue en a-t-il parlé à Malraux quand ils se sont rencontrés en 1926 ? A-t-il pu servir de modèle à certains des personnages du grand écrivain ? On pense à ce soldat perdu, Grabot, que Perken recherche avec Claude dans la jungle de La Voie royale ? Il y a bien évidemment une analogie de situation. Klems, comme lui, "est arrivé aux bataillons plein d'enthousiasme à l'égard des bataillonnaires qu'il ne connaissait pas encore." Mais il n'y a pas de haine systématique des autres chez le légionnaire allemand. Il ne déteste que certains de ses chefs. On ne reconnait pas en lui le personnage fruste, solitaire et fasciné par la mort que décrit Perken à Claude. Sans doute Klems prenait-il son plaisir à risquer sa vie "de façon aigüe et nécessaire". Mais Grabot a le "goût d'une sorte de grandeur haineuse, rudimentaire mais malgré tout peu commune" que Klems n'a jamais montré. Cette violence, Grabot l'exerce d'abord contre lui même. Lui qui a une réelle horreur des scorpions noirs dont la piqûre est intensément douloureuse, va se faire piquer exprès pour exorciser ses peurs. Chez Joseph Otto Klems il n'y a pas ce désir masochiste de puissance, ce refus mortifère de ce qui est ressenti comme faiblesse en soi. A tout bien considérer, leur seul point commun est la désertion. Choix pour Grabot, nécessité pour Klems. C'est peu.
Doit-on penser plutôt au Clappique de La condition humaine ? La comparaison semble plus judicieuse. Klems comme Clappique est capable d'un farfelu déjanté. Il le montre par exemple lorsqu'il raconte une histoire à dormir debout au malheureux jeune homme qu'est Vincent Sheean venu rencontrer Abd el Krim en janvier 1925. Cette histoire, celle de sa fuite à Constantinople avec une danseuse hongroise, nous en avons souligné la totale invraisemblance. Joseph Klems montre aussi son goût de la pirouette don-quichottesque dans cette façon de reprendre son uniforme de légionnaire pour aller défier les Français. Grisé par son impudence, se délectant dans une montée d'adrénaline, il semble adorer se promener ainsi dans les zones qu'ils contrôlent.

Ne poussons cependant pas trop loin, la quête d'identification. Malraux n'a jamais connu directement Klems et il ne mentionne jamais dans son œuvre.

CAPTURE ET PROCES

Klems joue son rôle dans un étrange théâtre. Dans un premier temps de la guerre du Rif, la France semble avoir mené un double jeu. Certains accusent même les Français d'avoir favorisé, à ses débuts, l'insurrection de Krim contre l'Espagne, laissant ravitailler l'armée des insurgés en tolérant le passage par l'Algérie d'armes et de volontaires allant rejoindre l'armée du chef rifain. L'Humanité l'affirmera à plusieurs reprises. Sans beaucoup de preuves, mais les réticences des généraux espagnols à l'égard de leurs homologues français montrent qu'il y eut de leur part une grande méfiance et même de la rancœur.
Ce qui est certain c'est que les milieux politiques français hésitent quelque temps. Painlevé, président de la Chambre des députés, accepte même en 1923 de recevoir secrètement le frère d'Abd el Krim. La France semble toute prête d'admettre une indépendance du Rif. Mais en voulant limiter l'influence espagnole, la France prend des risques. Elle peut craindre la contagion de la révolte à l'ensemble du Maroc. Dès l'automne 1924, alors que les Espagnols se replient sur la côte, le gouvernement français entame des négociations avec Primo de Rivera. Au début de 1925, décidant de faire cause commune avec l'Espagne, il décide de ne pas donner suite aux demandes de négociations des Rifains. Sans rompre les contacts et en entretenant toutes les ambiguïtés. N'acceptant plus l'indépendance du Rif, la France ne propose aux envoyés de Krim qu'une vague autonomie administrative sous le contrôle de la France et de l'Espagne. Décidé à mettre fin à l'insurrection, le président du conseil, Paul Painlevé donne à Lyautey les moyens qu'il demande en mobilisant des dizaines de milliers d'hommes contre Abd el Krim. Dès lors bascule la fortune des armes qui avait semblé favoriser jusque là la république rifaine.

Au début de 1926, après une série de revers militaires et la défection de plusieurs tribus, Abd el Krim se rend aux Français qui lui ont promis de garantir sa sécurité. Avec les défaites, les relations de Klems avec l'émir du Rif semblent s'être dégradées. Les déserteurs eux ne peuvent croire qu'ils bénéficieront de la même mansuétude des autorités françaises. Klems estime qu'il n'a d'autre choix que de poursuivre le combat. Il se rejette dans les hautes vallées, cherchant à éviter les embuscades que lui tendent les services de renseignement français. Il finit par être capturé, en mai 1926, dans un traquenard tendu par un certain capitaine Schmidt, grâce aux indications fournies par un caïd rallié, Medboh, qui, pour prix de son aide, reçoit le pardon et une prime de 40 000 douros.

Le chroniqueur du Matin (1927-02-09) relate cette misérable retraite : "A la chute d'Abd el Krim, il [Klems] refusa de suivre ce dernier et s'apprêtait à gagner avec sa famille le Tafilalet, lorsque des émissaires du caïd Medboh lui laissèrent entrevoir la possibilité de résider dans la tribu des Gueznaia (tribu soumise) dont sa femme était originaire. Après de laborieux pourparlers, il se rendit chez le caïd Medboh où il demeura quatre jours en pleine liberté. Le 30 mai, il recevait la visite du capitaine Schmidt qui l'invitait à venir avec lui au poste de Nador ou demeurait le général Marty, commandant une division." Klems accepte de suivre Schmidt, car on lui promet que son sort sera celui réservé à Abd el Krim. Dès son arrivée à la base, il est appréhendé.

En février 1927, Otto Klems est traduit devant le conseil de guerre de Meknès. Ses conditions de détention - il a été mis au secret dès son emprisonnement - ont dû être dures durant les dix mois qui précèdent le procès, car il est amené sur une civière devant le tribunal. "Il a des plaies aux jambes" précise le journaliste du Matin. Avec son turban rouge, il se présente en costume arabe devant ses juges. Les journalistes présents s'étonnent de son apparente indifférence aux débats : "Klems se défend sans colère comme si son procès ne l'intéressait pas." Retrouverait-on L'Etranger de Camus dans cet homme qui s'attend à être condamné à mort et qui n'a rien à dire à ses juges parce que leurs raisons lui semblent relever d'un autre monde, d'une autre logique ? Au cours de ce procès, Klems est défendu par Me Paoli du barreau de Rabat, qui n'aura connaissance du dossier que quarante huit heures avant le procès. Joseph Otto Klems nie obstinément avoir tiré sur ses anciens camarades, malgré plusieurs témoignages qui semblent prouver le contraire. Paoli plaide qu'on doit juger son client non comme déserteur "mais comme le chef rifain qu'était devenu Hadj Alliman." Lorsque le verdict tombe le condamnant à mort, Klems ne sourcille pas.

LE SOUTIEN DES COMMUNISTES FRANÇAIS A KLEMS

La presse française dans son ensemble, à l'exception de L'Humanité, accable le déserteur. "Klems s'est attiré la vindicte de la racaille nationalarde", écrit le journaliste de L'Humanité du 2 février 1927. Le soutien du quotidien communiste, courageux dans le climat de l'époque, n'est cependant pas aussi entier que les positions anticolonialistes du parti pourraient le laisser attendre. Il intéressant de suivre la façon dont L'Humanité rend compte de l'histoire de Klems. Que ce soit pour le récit de sa désertion ou pour celui de ses procès, le journal du PCF ne donne que des comptes rendus rapides, sans valoriser particulièrement le personnage. Les communistes sont probablement gênés par la nationalité de Klems : qu'un Allemand appelle les légionnaires allemands à déserter ne peut qu'être difficilement admis par l'opinion publique française, fut-elle d'extrême gauche, si peu de temps après la Grande guerre. Du reste, on parle souvent de lui en l'appelant El Hadj, comme pour ne pas avoir à écrire son nom de consonance germanique. Certes au fil des mois, le parti se souvient par moment de Klems. On pourra lire assez régulièrement son nom dans la liste de ceux pour lesquels L'Humanité réclame l'amnistie. Mais il ne deviendra jamais une icone emblématique de la lutte anticolonialiste.

Pourtant le PCF s'est clairement engagé pour la paix au Maroc et l'indépendance de la république rifaine. Un Comité d'action pour la paix au Maroc s'est constitué dès l'été 1925, avec comme président Maurice Thorez. Jacques Doriot, membre influent du Parti communiste, figure aussi dans ce comité. Doriot est intervenu à la Chambre des députés à deux reprises, le 27 mai et le 23 juin pour dénoncer la guerre impérialiste contre Abd el Krim. Une mission d'information communiste, dont feront partie plusieurs responsables comme Jacques Doriot, Suzanne Girault (1883-1973) et Henri Barbé (1902-1966), est envoyée en Afrique du Nord en août 1925 pour étudier la situation au Maroc. Elle fournira - mais c'est une autre histoire - le cadre des premières confrontations entre Maurice Thorez et Jacques Doriot. Le parti pourfend alors les sociaux-traîtres (les socialistes) qui soutiennent l'impérialisme français. Il fustige en particulier Henri Guernut, secrétaire de la Ligue des droits de l'Homme, qui condamne, il est vrai, sans appel l'insurrection rifaine. En décembre 1925, Doriot est inculpé avec douze militants, poursuivis pour "menées anarchistes" contre la guerre du Rif.

Klems n'est pas un cas unique de déserteur ; d'autres militaires de l'armée française ont fait le même choix, même s'ils n'ont jamais atteint sa notoriété. En juillet 1928, on retrouve leurs noms dans le journal du PCF : "Parmi les déserteurs qui fraternisaient avec les opprimés sur le front rifain, deux d'entre eux sont déjà au bagne à Saint-Laurent-du-Maroni: Cadeau et Tisserand, pour 20 et 15 ans. D'autres attendent leur départ : Karl Ohme et Koberstein pour 20 ans aussi, Goux à perpétuité. Klems commué, paraît-il de la peine de mort aux travaux forcés à perpétuité. Un caporal algérien, La Houssine Ben Liassen s'était refusé à assassiner ses frères de misère et de sang [L'humanité ne mentionne pas la religion], passant avec son escouade chez les Rifains."

Le destin de Goux rappelle étrangement celui d'Hadj Alliman. Goux, comme Klems, a déserté, un peu plus tard, en 1924 ; comme lui, il est monté au Riff ; comme lui, il a adopté les usages berbères ; comme lui encore, il s'est occupé de l'artillerie d'Abd el Krim. Et il a été capturé selon des modalités tout à fait semblables à celles utilisées pour prendre Klems.

CONDAMNATION ET DEPORTATION EN GUYANE

Au terme de son premier procès, Klems a été condamné à la peine capitale. Mais des irrégularités ont été relevées au cours de ce procès ; les douze témoins arabes ont prêté un serment incomplet, l'interprète arabe ayant oublié de traduire les mots "sans haine et sans crainte". Il sera donc rejugé. La diplomatie allemande - il s'agit alors de celle de la République de Weimar - intervient pour éviter son exécution. Elle obtient que Klems bénéficie de circonstances atténuantes.

Le conseil de guerre de Taza annule la condamnation à mort du conseil de Meknès. Klems par l'intermédiaire de son avocat demande à suivre Abd el Krim dans son exil à la Réunion. Sa demande est rejetée. Il est condamné à sept années de travaux forcés. Décision étonnamment indulgente quand on connait la sévérité des sentences des tribunaux militaires en période de guerre. La presse française ne l'épargne pas. Ainsi le quotidien Le Matin : On se rappelle le retentissant procès à Fez du légionnaire allemand Otto Klems, qui avait été condamné à mort par le conseil de guerre pour désertion chez Abd el Krim et pour port d'armes contre la France. Klems a donc réussi à sauver sa tête en jouant sur les mots. La position du Matin reflète largement celle des autres journaux. Tous regrettent la faiblesse des juges et l'insuffisante sévérité de la condamnation.

En février 1930, Klems est déporté en Guyane. C'est le navire La Martinière qui le transportera directement d'Alger au bagne avec ses compagnons d'infortune. A ce moment, George Manue qui voit sa photo dans les journaux constate qu'il le reconnait à peine. "La détention l'a brisé. Les fatigues de la guerre menée à la berbère, les blessures ont marqué le visage et le corps. Et les yeux n'ont plus cette force qui assurait au roumi, chez les dissidents, un prestige si puissant. Pour Klems il n'est plus d'espoir. Si ce n'est celui, inavoué, d'une évasion."

Klems ne cherchera pas à s'évader. Il ne reste cependant pas très longtemps à Cayenne. Après quatre ans de bagne, il est libéré. Ce traitement clément s'explique encore par l'appui insistant de la diplomatie allemande ; mais cette fois-ci, il s'agit de celle du régime nazi.

Klems regagne alors l'Allemagne où il reste un déclassé ; incapable - c'est tout à son honneur - de s'insérer dans le monde nazi. Traînant son mal de vivre, il finit par se suicider en 1939 alors qu'il a été emprisonné pour un délit mineur.

LA MEMOIRE DE KLEMS

La mémoire du caporal Klems n'est pas célébrée avec beaucoup de faste au Maroc. Abd el Krim ne bénéficie d'aucun traitement de faveur dans une historiographie marocaine soucieuse de plaire au pouvoir en place. Il n'y a guère à s'en étonner. Il voulait créer une "république du Rif" qui, même si ses contours politiques restaient flous, ne laisserait pas de place au sultan imposé par les Français. En octobre 1924, interrogé sur Moulay Youssef, Krim répondait à son interlocuteur, le journaliste américain Paul Scott Mowrer : "C'est un imposteur ; le véritable sultan, c'est Lyautey." Et Klems partageait évidemment ses vues.
Les grands choix de vie sont souvent ambivalents. Quel sens donner à cette trajectoire saccadée ? Klems n'aura pas été un conquérant à la Malraux. Ni Garine, ni Borodine, il n'a pas su ou voulu, comme l'a fait le colonel Lawrence, construire sa légende. Restant silencieux devant l'Histoire, il n'a jamais rien écrit. L'aventure dans laquelle il s'est trouvé engagé, l'a-t-il véritablement choisie ? Ne s'est-elle pas imposée à lui dans un moment de déréliction ?

Adopté par l'insurrection rifaine, Klems l'a servie loyalement. Tous ses actes montrent une volonté d'intégration persévérante et méthodique au monde culturel musulman qui l'accueillait. Sa vie, il l'aura menée avec minutie et efficacité, sans romantisme anarchisant. Personnage d'une étonnante sobriété, il reste sans forfanterie devant ses juges militaires.

Klems annonce par son combat la solidarité avec les grandes luttes anticolonialistes qui déchireront la fin du XXème siècle. Son itinéraire - est-il besoin de le souligner ? - n'a rien de comparable avec celui des jeunes européens convertis à l'islam salafiste qui décident aujourd'hui de mener le djihad en Syrie. Le régime d'Abd el Krim n'avait du reste rien de commun avec un quelconque wahhabisme. Et Klems, musulman par nécessité, n'a professé sa foi en l'islam que durant sa seule trajectoire rifaine. Le PCF l'a intégré dans le combat anticolonialiste qu'il a mené à l'occasion de la guerre du Rif. Mais nous avons souligné les limites de son soutien.

La légende de Klems a été saluée en son temps par Georges Manue qui a voulu cependant mettre des bornes à son admiration, refusant d'y voir une épopée. De façon sans doute injuste, Manue estimait que son ancien camarade "fut inférieur à sa tâche et laissa échapper deux ou trois occasions magnifiques, où avec du mordant et le goût du risque il eût mis la France en mauvaise position."

La mémoire du légionnaire allemand n'a guère été servie par ceux qui ont voulu l'entretenir. Comme l'écrivain italien Paolo Zappa (1899 - 1957), journaliste à la Stampa, qui après avoir effectué des reportages sur la Légion étrangère française, a publié en 1942, Il sergente Klems. Zappa fut inscrit un moment au parti fasciste, bien qu'il ne semble pas y avoir joué un rôle déterminant. Son livre qui prend de grandes libertés avec l'histoire réelle de Klems ne figure dans aucune grande bibliothèque de France. On ne le trouve pas même à la BNF. Nous ne sommes pas certains qu'il faille beaucoup le regretter.

Un film italien, Un homme de légende, inspiré par le livre de Zappa, reprend la vie de Klems. Le film, assez médiocre, fut tourné par Sergio Grieco en 1971, avec Peter Strauss, Tina Aumont, Pier Paolo Capponi.

Joseph Otto Klems, on peut l'affirmer sans crainte d'être démenti, méritait mieux que ces fades ouvrages, ces médiocres série B.

Par Yves Le Jariel
Source: L'harmattan

SOURCES PRIMAIRES ET BIBLIOGRAPHIE
Les sources dont on dispose pour retracer l'itinéraire de Joseph Otto Klems sont réduites. Elles sont constituées pour l'essentiel par les dossiers d'archives présents au service des archives de l'armée de terre, le SHAT.
A cela s'ajoutent quelques rares témoignages des journalistes qui ont interrogé Klems lorsqu'il était présent dans le Rif aux cotés d'Abd el Krim. Il s'agit de Paul Scott Mowrer (1887-1971), correspondant à Paris du Chicago Daily News (il reçut la Légion d'Honneur en 1918) et de Vincent Sheean (1899-1971), correspondant du Chicago Tribune.
On citera spécialement les articles de Georges Manue, notamment celui paru dans la Dépêche coloniale et maritime du 21 février 1930, La fin d'un aventurier, le légionnaire déserteur Klems, qui chef d'état-major d'Abd el Krim, vogue vers la Guyane.
Le seul ouvrage qui évoque de façon détaillée, à partir des archives du Shat, l'histoire de Klems est celui de Dirk Sasse, Franzosen, Briten und Deutsche im Rifkrieg 1921-1926: Spekulanten und sympathizanten. Deserteure Und Hasardeure Im Dienste Abdelkrims. De Gruyter Oldenbourg; Erste Auflage edition (May 10, 2006).
La littérature sur la guerre du Rif est par contre abondante. On retiendra en particulier les titres suivants :
• Alvarez, Jose E., The Betrothed of Death: The Spanish Foreign Legion During the Rif Rebellion, 1920-1927, 30 janvier 2001
• G. Ayache, La guerre du Rif, L'Harmattan, 2000.
• René Bonnet-Devilliers, préface de Jean Douyau, La Guerre du Riff : ce que j'ai vu au Maroc, Occitania, 1926.
• Vincent Courcelle-Labrouste, La guerre du Rif, Taillandier, 2009.
• Fontaine, Pierre, L'étrange aventure riffaine, Pétrole, Intelligence service, Paris, éditions Jean-Renard, 1943, 224, pages.
• Furneaux, Rupert, Abd el Krim - Emir of the Rif, Secker & Warburg, London, 1967.
• Harris, Walter B. France, Spain and the Rif, Longmans, Green & Co., New York, 1927. Harris correspondant du Times de Londres fut probablement membre de l'intelligence service.
• Georges R. Manue, Sur les marches du Maroc insoumis, Guerre du Rif, Paris, 1930.
• Hart, David Montgomery The Aith Waryaghar of the Moroccan Rif, The University of Arizona Press, Tucson, Arizona circa 1976.
• Roger-Mathieu, J. Mémoires D'Abd-el-Krim, Librairie des Champs Elysées, Paris 1927.
• Sheean, Vincent An American Among the Riffi, The Century Co., New York & London, 1926.
• Usborne, Vice-Admiral C. V. The Conquest of Morocco, Stanley Paul & Co. Ltd., London, 1936
• Wolf, Jean, Les secrets du Maroc espagnol : L'épopée d'Abd-el-Khaleq Torrès, [1910-1970], Jacob Duvernet (Editions), 1991.
• Woolman, David S. Rebels in the Rif - Abd el Krim and the Rif Rebellion, Stanford University Press, Stanford, California, 1968.
• Zappa, Paolo, Il sergente Klems, Editorial: Corbaccio - Dall'Oglio Editore (1942)
Et parmi les articles de presse, il faut signaler ceux de Joseph Jolinon paru dans L'Humanité du 26 au 31 décembre 1926 et du 1er au 10 janvier 1927 : Le Jeune Maroc.
Abd-el-Krim, Mémoires d'Abd el Krim, recueillis par J. Roger-Mathieu, Paris, Librairie des Champs Elysées, 1927.
Georges R. Manue, Sur les marches du Maroc insoumis, Guerre du Rif, Paris, 1930.
La Dépêche coloniale et maritime, 1930-02-21, La fin d'un aventurier.
CAOM 5Slotfom4
SHAT 12J3797 : "Rapport sur l'affaire du caporal Klems Joseph.", 23/12/1926.
Le Petit parisien, 1925-05-31
Les Aït Seghrouchen sont une tribu berbère du Moyen Atlas, au sud de Fès.
Dirk Sasse, Franzosen, Briten und Deutsche im Rifkrieg, 1921-1926, Editeur : Walter de Gruyter, 2006, p. 138.
Vincent Sheean, An American among the Riffi, 1926.
Abd el Krim reçut aussi la visite du journaliste américain Paul Scott Mowrer du Chicago Daily News. Cf. à ce propos SHAT 3H102, Note à propos du voyage de M. Scott Mowrer.
David L. Woolman, Rebels In the Rif, Abd-el-Krim and the Rif Rebellion, Stanford University Press, 1968.
Dirk Sasse, op. cit.
Le Matin, 1925-07-07, Naulin, commandant supérieur, agit sous l'autorité du maréchal Lyautey, Résident général au Maroc. En juillet 1925, Lyautey est remplacé par Pétain.
Georges Manue, La Dépêche coloniale et maritime, 21 février 1930.
Vincent Sheean, An American in the Riffi, p. 256.
L'Humanité 1927-02-12, La signification de l'arrêt de Mekhnès, Un des derniers dépositaires des archives d'Abd el Krim va disparaître.
Le Matin 1927-02-09, L'existence aventureuse du traître Klems.
Le Matin 1927-02-10, p. 3. Le traître Klems devant le conseil de guerre de Mekhnès.
L'Humanité 1928-07-14, Clémence intéressée.
Dirk Sasse, Franzosen, Briten und Deutsche im Rifkrieg 1921-1926: Spekulanten und...
Time, Monday, Feb. 21, 1927, France : Caid El-Hadj.
Le Petit Parisien 1927-08-17.
Pierre Bonin, Abd el Krim ou l'impossible rêve.

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