Solidarité avec les manifestants arrêtés en Algérie pour avoir brandi le drapeau amazigh - Courrier du Rif

Plate-forme d'information sur le Rif et l'Afrique du Nord

Les derniers articles

natif

vendredi 28 juin 2019

Solidarité avec les manifestants arrêtés en Algérie pour avoir brandi le drapeau amazigh

Manifestation à Alger le 21 juin 2019/ Reuters
Je tiens à exprimer ma profonde solidarité avec les manifestants pacifistes molestés, arrêtés et/ou incarcérés simplement parce qu’ils ont porté le drapeau fédéral amazigh, ou arboré un effet vestimentaire amazigh/Kabyle, je tiens à rendre hommage à tous les résistant(e)s et tous ceux et celles qui savent se défendre pacifiquement contre la haine, les interdictions, l’exclusion, les aberrations exprimées par les pouvoirs dictatoriaux. De même, je condamne avec force la tentative d’exécution d’un symbole culturel et unitaire de l’Afrique du nord et les violations massives et répétées des droits humains notamment les droits culturels qui sont inaliénables. Nous avons connu cela dans le RIF, les arrachages spectaculaires du drapeau de la république du Rif et le drapeau fédéral amazigh, par des policiers marocains. Nous ne pourrons jamais accepter un tel geste !



Cette poussée d’adrénaline du pouvoir algérien, représenté par le soldat Caïd Salah ne saurait être autre chose que l’expression, non d’un incident banal, passager, mais d’une vieille hostilité et animosité systématique, contre l’identité, les valeurs, et la culture amazighe, dans toutes ses expressions, en Algérie et en Afrique du Nord. Nous le savons aussi que cette agression et attaque grave vise en premier lieu la Kabylie, l’un des principaux foyer de résistance culturelle amazighe. Nous avons là une hostilité qui est inscrite dans le fonctionnement de l’Etat/pouvoir et prégnante dans la société puisqu’elle a ses penseurs, ses acteurs et ses missionnaires qui sont coutumiers de l’incitation à la haine raciale, et agissent dans l’impunité totale, si ce n’est sous la protection du pouvoir lui-même.

J’irai plus loin, c’est plus que de l’hostilité systématique, c’est du fascisme et un geste littéralement du colonialisme, consubstantiellement lié à ce pouvoir, puisqu’il est illégitime et contre le peuple. Le pouvoir en place, donne là, la démonstration qu’il ne respecte ni la constitution, ni l’esprit des institutions, ni les fondements de l’Etat ni les mécanismes du gouvernement démocratique d’un peuple souverain.


Au fond, ce type d’approche -représenter les autochtones comme venant d’ailleurs et d’agents de je ne sais quelle puissance étrangère et qu’ils sont minoritaires- n’a ni queue ni tête et appartient à un passé et ses chapitres noirs et lointains. Rien et personne n’arrêtera la marche de l’histoire et rien n’arrêtera le processus historique entamé il y a des décennies de cela. Cette provocation ne réussira jamais à porter atteinte à une conscience établie.




De même, ces agissements laissent transparaître les enjeux politiques et géopolitiques. Ils cristallisent un machiavélisme connu et reconnus des dirigeants et une partie de l’intelligentsia visant à subvertir les rapports de force en place, détourner l’attention de l’opinion publique, et y semer la discorde et la zizanie.

Le grand retentissement donné à cette chasse au drapeau fédéral amazigh explique en partie la volonté avérée d’un pouvoir en faillite, qui au lieu de répondre aux réclamations fondamentales et démocratiques, il sévit contre la renaissance berbère et sa visibilité, je dirai, éblouissante et enfin un entêtement sa part à ne pas prendre acte des profondes mutations qui ne cessent d’émerger dans la société.


Par Rachid Oufkir




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Post Top Ad

Pages