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jeudi 25 juillet 2019

À ces médias français qui font la propagande pour les 20 ans du règne de Mohammed VI: combien ça a coûté ?

Le Point, Jeune Afrique, Lejdd et Tv Libertés/DR




À l'occasion de 20 ans du règne de Mohammed VI, la propagande est en plein essor dans certains médias français. Des éditos, des articles, des interviews, des publications sponsorisées et des dossiers entiers y sont consacrés. Jusqu'à l'instant et en attendant les autres, Le Journal du Dimanche, Le Point, Jeune Afrique et TV Libertés, tous sont engagés dans le festival des publications racoleuses et faire du marketing outrancier et ridicule pour le Palais royal.


Avec le 20e anniversaire de l’arrivée sur le trône de Mohammed VI, on a constaté un fait évident pourtant habituel, des articles dans la presse espagnole qui critiquent l'achat d'un yacht estimé à 88 millions d'euros par le roi du Maroc Mohammed VI, alors que le nombre de Marocains qui risquent leurs vies à bord d'embarcations de fortune pour quitter leur pays augmente de manière sans précédent. Et des articles, des éditos, des dossiers et des interviews qui chantent les louanges au roi du Maroc et font l'éloge de son 20 ans de règne dans une partie de la presse française.

Le Journal du Dimanche, Le Point, Jeune Afrique et... il ne manquait plus que cela, la chaîne d'extrême droite française TV Libertés. Ces médias méritent un seul titre: la vénalité. Sans omettre des personnalisés pour ne pas dire des mercenaires "intellectuels" tels Aymeric Chauprade ou Charles Saint-Prot qui sont sur la même ligne ou pire encore.




Dans un édito publié le 29 juin 2019 sur Lejdd, et rédigé par François Clemenceau, celui-ci a y écrit: "On disait d’Hassan II qu’il avait tout le pouvoir, Mohammed VI a compris qu’il fallait le partager. Le cabinet royal a donc gardé la main sur la diplomatie, la défense, l’intérieur, la justice et les cultes, mais il laisse un gouvernement de coalition islamiste et progressiste, démocratiquement élu, diriger l’économie et le social" (sic). Pour François Clemenceau, journaliste et qui d'ailleurs donne des cours dans les écoles du journalisme, garder la main sur la diplomatie, la défense, l’intérieur, la justice et les cultes, c'est de partage du pouvoir. Une autre fausse information: "il laisse un gouvernement (..) diriger l’économie et le social". Ça se voit que François Clemenceau maîtrise bien le sujet. Au Maroc, tout le monde est au courant que l'économie est accaparée par le roi.

Et monsieur François Clemenceau d'ajouter: "Si l’on compare avec les autres pays de la région, on peut dire que le Maroc n’a pas connu un vrai printemps arabe comme en Tunisie mais n’est pas non plus dans une impasse politique comme en Algérie avec un système à bout de souffle ou dans une guerre civile chaotique comme en Libye. Ce n’est pas la Mauritanie non plus où l’opposition reste maltraitée" (resic). Le Maroc n'est pas dans une impasse politique, et l'opposition n'est pas maltraitée, dit-il. Deux hypothèses: soit François Clemenceau est ignorant, c'est-à-dire, il ne s'est pas renseigné sur le Maroc en consultant au moins les dizaines de rapports d'ONG comme Amnesty International, HRW, RSF et même l'ONG marocaine l'AMDH de la situation actuelle de l'opposition au Maroc et ce qu'elle endure avant d'écrire cet édito, soit il est complice et malhonnête.

Après Lejdd, c'est au tour du magazine hebdomadaire Le Point, qui a consacré un dossier de 16 pages intitulé "Maroc, la nouvelle puissance". Le dite dossier rempli d'éloges pour les 20 ans du règne de Mohammed VI commence par faire une incroyable et tendancieuse comparaison entre le Maroc et l'Algérie qui n'a aucune pertinence et qui en dit long de l'indépendance et des intentions du magazine: "Vingt ans après, le contraste entre les deux frères ennemis maghrébins est criant. Le président algérien, quasi-grabataire, et sa succession, chaotique, révèle l’état profondément délabré de son pays. Le Maroc, lui, affiche des résultats enviables et a renforcé son cadre constitutionnel".




L'hebdomadaire français a publié également dans ce dossier une interview avec Aymeric Chauprade, ex-conseiller de la présidente du Rassemblement national (ex-Front national) Marine Le Pen, qui est devenu un fervent défenseur du régime marocain et qui vient de publier un livre intitulé "Géopolitique d’un Roi: Essai sur un Maroc moderne et multipolaire", le livre aborde sous un angle élogieux les 20 ans du règne de Mohamed VI, où il dit par exemple qu'au Maroc "aucune minorité (..) n’éprouve le besoin de fuir la persécution" ou encore "le Maroc sera demain une grande puissance du monde arabe et d’Afrique, dotée d’infrastructures à la hauteur de nouveaux enjeux économiques de la planète" (mais bien sûr).

Comme à l’accoutumée, on ne peut pas trouver une campagne de propagande française pour un régime répressif et policier notamment en Afrique sans Jeune-à-fric, pardon, Jeune Afrique.

"Maroc, ces 20 années qui ont tout changé", titre de sa côté Jeune Afrique son dossier pour ovationner les 20 ans du règne de Mohammed VI. Et François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique de vomir dans l'édito du dossier: "Le Maroc s’est modernisé tout d’abord, à tous points de vue : économique, infrastructurel, administratif, culturel et sociétal. Démocratisé ensuite : inclusion des femmes dans le jeu politique, essor de la vie associative, transparence électorale, respect du résultat issu des urnes. Décrispé aussi, tant les rapports entre l’État et la population comme entre cette dernière et la police sont en rupture avec la culture de la peur qui prédominait il y a vingt ans".

Voilà comment on ose raconter des salades et des histoires sans vergogne à l'ère de l'information et des réseaux sociaux. Mais décidément, l'argent ensorcele, rend aveugle et sans doute transforme beaucoup de journalistes en journaputes. Et c'est apparemment le cas ici.

Hier également, la chaîne d'extrême droite chauvine et franchouillarde TV Libertés, a rejoint le carnaval de la propagande française pour la monarchie marocaine en diffusant une interview avec Charles Saint-Prot qui se présente comme un politologue et auteur du livre «Mohammed VI ou la monarchie visionnaire», un mercenaire à la botte du régime marocain de long date et un voyou qui avait par exemple essayé de perturber une conférence en 2017 au Parlement européen organisée par l'eurodéputée Marie-Christine Vergiat pour faire la lumière sur les prisonniers politiques rifains. Et il a fini par être expulsé de la salle de conférence par les agents de sécurité. "De sa politique intérieure, Mohammed VI est au service des plus faibles", peut-on lire dans l'introduction de l'interview en question publiée sur TV Libertés. C'est pour Cette raison que 45 % de Marocains souffrent de graves privatisations selon un rapport de Nations-Unies.




Finalement, un fait est indubitable et qu'on ne peut pas douter. Cette campagne de propagande française a été payée par le palais royal et les plus hautes sphères de l'État marocain. Par exemple, après la publication de publi-reportage de l'hebdomadaire Le Point, le site d'informations confidentielles Africa Intelligence qui se donne pour mission de décrypter l'actualité des pouvoirs économiques et politiques du continent africain, a fait savoir que le dossier a été directement financé par le palais royal.

La question qui se pose: combien cette propagande dans ces médias français a coûté ?

F.B

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