Communiqué de l'Association Tafra formée par les familles des détenus rifains suite aux déclarations d'Amina Bouayyach - Courrier du Rif

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samedi 27 juillet 2019

Communiqué de l'Association Tafra formée par les familles des détenus rifains suite aux déclarations d'Amina Bouayyach

Logo de l'Association Tafra formée par les familles des détenus rifains/ DR




Association Tafra pour la fidélité et la solidarité des familles des détenus du mouvement populaire dans le RIF

COMMUNIQUE

Lors de sa première sortie médiatique, à la suite de la récente restructuration du Conseil national des Droits de l'Homme (CNDH), Amina BOUAYACH, la présidente du Conseil, a nié l'existence de détenus politiques au Maroc. Dans une interview accordée à l'agence de presse espagnole EFE, elle a nié l'existence de détenus politiques au Maroc arrêtés en raison de leurs opinions, tout en reconnaissant la présence de prisonniers détenus pour avoir participé aux manifestations ou en raison des violences qui les accompagnaient, ainsi que la pratique continue de la torture dans des prisons ou des centres de détention.

Par cette négation, Amina BOUAYACH, se rend complice du discours officiel de l'État marocain sur la situation des droits de l'homme au Maroc, elle met en cause l'indépendance du Conseil national des droits de l'homme et son respect des Principes de Paris. Cette négation contredit également l'affirmation de nombreuses organisations nationales de défense des droits de l'homme et d'organisations non gouvernementales internationales de la présence de détenus politiques au Maroc et de leurs arrestations arbitraires, accompagnées de tortures physiques et psychologiques, ainsi que de fausses accusation dans des procès-verbaux montés de toutes pièces tels que : atteinte à l'intégrité interne de l'Etat, l'incitation contre l'intégrité territoriale du royaume et à sa souveraineté, la négation de l'allégeance des citoyens envers l'Etat marocain... et le déroulement d’une mascarade de procès auxquels ils ont été soumis, toutes les conditions du procès équitable et les peines injustes prononcées à leur encontre, (Es-tu marocain ? Pour quelle raison tu brandis le drapeau du RIF ? Qu'entends-tu par système makhzenien...?) Tous ces éléments confirment que la raison de leur procès est leur opinion, est bien leur attitude et leur protestation pacifique contre l'injustice, le mépris et la politique de marginalisation exercée par l'État contre leur région et à l'encontre de leurs enfants.

Le statut de la détention politique des détenus du mouvement rifain est également confirmé par l'invocation des règles du droit international, des droits de l'homme et des traités internationaux, qui considèrent toute personne arrêtée pour avoir manifesté de manière pacifique pour les revendications et les droits, un détenu politique et un détenu d'opinion. 

Mieux encore, ce statut se confirme avec la dimension internationale qu'a prise leur cause, avec son débarquement dans les institutions européennes, et les concerts internationaux en plus d'institutions de plusieurs pays européens grâce aux efforts de braves militants en Europe, et la nomination par les membres du Parlement européen de Nasser ZEFZAFI, et à travers lui, l'ensemble des détenus du mouvement rifain, pour deux des prix les plus importants, consacrés au soutien des défenseurs des droits de l'homme et de la liberté de pensée à l'échelle internationale, à savoir: le PRIX SAKHAROV 2018 et le PRIX VACLAV HAVEL 2019.

Allons-nous démentir le droit international des droits de l'homme et au Parlement européen, qui a reconnu la détention politique des détenus du mouvement rifains ? Allons-nous démentir les organisations internationales de défense des droits humains dont les rapports et communiqués confirment que les détenus du mouvement rifain et des autres mouvements de protestation au Maroc sont des détenus politiques ? Allons-nous démentir les millions de Marocains qui ont adopté la cause des détenus du mouvement rifain et les ont considérés comme des détenus politiques ? Allons-nous démentir les positions des organisations de défense des droits de l'homme et des forces politiques qui soutiennent les détenus politiques du mouvement rifain ? Allons-nous démentir tous ceux-là et accréditer la déclaration de Mme Amina BOUAYACH et le discours de l'État ?




Le refus du statut de détention politique des détenus du mouvement rifain et de toutes les formes de torture à leur encontre, va à l’encontre du traitement réservé aux détenus du mouvement rifain et leurs familles, par le Conseil national des droits de l’homme, en particulier ceux qui ont été arbitrairement déportés au siège de la brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca. Cela s'incarne par l'audition d'une délégation de l'association TAFRA et la convocation des mères des détenus du mouvement rifain, ce qui est sûr c'est que ces auditions étaient non seulement pour des raisons humanitaires, mais était lié au statut de détenu politique des personnes concernées, ce qui était en outre incompatible avec le rapport médical commandé par le Conseil national. À l'époque de M. Idris EL YAZAMI, sur les allégations torture par les détenus politiques rifains. Incidemment, nous appelons la Présidente à publier ce rapport médical et à se référer aux rapports et aux témoignages documentés par le Comité d’Al Hoceima et de Nador sur des cas de torture commis contre des détenus rifains.

Il est en effet regrettable que Mme Amina BOUAYACH, dans ses déclarations le discours officiel, véhiculé par les différentes institutions de l'État, notamment celles relatives aux droits de l'homme, qui révèle les caractéristiques du rapport du Conseil sur le mouvement rifain, que nous avons toujours promis depuis le début du mouvement. Ce rapport constituera un moment historique du Conseil et un véritable gage de son indépendance: soit le Conseil entrera dans l’histoire en prouvant sa crédibilité auprès de l’opinion publique nationale et internationale, et triomphera pour l’avenir du pays, soit en se plaçant comme tous les autres conseils aux travers lequels, l’État œuvre pour reluire son image et falsifier la vérité et la réalité.

Les détenus du mouvement rifain ont été soumis à des mauvais traitements et à des actes de torture physique et psychologique sur lesquels ils insistent encore. Mme Amina BOUAYACH a pour tâche de travailler sur des dossiers de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus lors de leur interrogatoire dans des centres de détention ou pendant leur incarcération, et auparavant à bord des hélicoptères, ainsi que dans des véhicules des forces publiques transformés en centres de détention mobiles où se produisent les pires formes de torture physique et psychologique. Et ici, nous demandons à la présidente : Est-ce que le CNDH a-t-il une explication concernant la torture qui est pratiquée sur les détenus du mouvement rifain s'ils ne sont pas des détenus politiques? Que dit votre Conseil au sujet des hématomes évidents sur le corps du détenu politique Nasser ZEFZAFI, illustrées par l'enregistrement vidéo ? Pourquoi détourner des révélations du dit enregistrement ?

Si Mme Amina BOUAYACH tentait de faire croire à l'opinion publique que l'État respectait la liberté d'expression au motif qu'aucun site Web ou page Facebook n'avait été fermé ces dernières années, nous tenons à confirmer que de nombreux sites et pages Facebook ont ​​été fermés en raison de l'arrestation de leurs propriétaires comme ce qui s'est passé pour le site Badil, RIF24 et le site RASSD MAROC رصد المغربية, En outre, la création d'associations n'ont pas été autorisées, et  continuent de subir des harcèlement et des restrictions, (Association TAFRA pour la fidélité et la solidarité, Association JOUSSOUR, les sections de l'Association Marocaine des Droits de l'Homme, etc.)

Le mouvement rifain était et restera pacifique et civilisé et ses manifestations pacifiques relèvent de la liberté d’expression vis-à-vis de la politique de l’État. En cas de violence, c’est l’État qui le pratique et y incite depuis qu’il a décidé d’adopter une approche sécuritaire.

Dans le traitement de ce mouvement, alors qu’il ne supporte pas qu’on signale les pratiques illégales de ses appareils et institutions, notamment de l’appareil sécuritaire. Les événements du 26 mars 2017 à Bouslama (IMZOUREN) n'ont rien à voir avec le mouvement rifain et ses militants, comme en témoigne le grand nombre de dossiers judiciaires montés de toutes pièces à l’encontre de nombreuses personnes poursuivies dans le contexte de ces événements et leurs incohérences, et la tentative d'impliquer Nasser ZEFZAFI et ses compagnons dans ces événements et ne trompera personne, d’autant plus que, 3 mois aprés les faits, les personnes concernées continuaient de vivre normalement et poursuivaient leur lutte pacifique pour faire aboutir de leur charte revendicative.

Le Conseil national des droits de l'homme doit divulguer l'identité des auteurs de la violence lors de la manifestation pacifique, le rôle des services de sécurité dans ce dossier, ainsi que le sort des dossiers des victimes de l'intervention de sécurité visant à mettre un terme aux manifestations pacifiques au Maroc, notamment les deux dossiers des martyrs: Imad AL ATTABI et Abdelhafid AHADDAD.

Dans ce contexte, nous tenons à rappeler à Mme Amina BOUAYACH que les formes pacifiques de rassemblement et de manifestation sont toujours interdites dans le RIF, de sorte que tout citoyen qui a exercé son droit constitutionnel de manifester pacifiquement, est un prisonnier politique. Le procès des citoyens pour publications sur Facebook, l'exhibition du drapeau de la république du RIF ou la célébration de Muhand miss n Abdelkrim EL KHATTABI et la résistance rifaine, sont toujours en cours, et ce sont des procès politiques. Le meilleur exemple, en est celui de l'ex-prisonnier politique, Jamal MOUNA qui, le jeudi 25 juillet 2019, une force de la gendarmerie l'a emmené dans sa caserne à IMZROUEN, après l’avoir conduit après qu’il ait perquisitionné le domicile de sa famille à Al Hoceima et l’ait recherché pour sa participation à une marche le 21 juillet à Tamassint pour commémorer la bataille d'Anoual et le deuxième anniversaire de l'assassinat de Imad al Attabi, sans parler de l'enquête sur son enlèvement pour exhibition du drapeau de la république du RIF. Il a été présentée au parquet, vendredi 26 juillet 2019, en cas détention. Le procureur du roi ordonna sa poursuite en état de de libérté provisoire et le convoqua pour le mois de septembre.




Nous tenons à rappeler également à Mme Amina BOUAYACH que le grand nombre de manifestations connues au Maroc n’est pas un indice positif des droits de l’homme, mais plutôt un indice négatif de leur absence, le principe étant que les personnes sont censés jouir de leurs droits et vivre normalement. De ce fait, la montée de mouvements de protestation de masse et sectoriels et diverses formes de boycott sont des preuves de la crise des droits de l'homme au Maroc. Il est certain que la persistance des institutions étatiques à ignorer la réalité et à ne pas nommer les choses, accentue le fossé qui se creuse entre l’État et la société et perpétue la crise de confiance qui les oppose. Les déclarations comme celles de la présidente du Conseil National des Droits de l'Homme, ne traitent pas de la crise tant qu'elles perpétuent et renforcent la colère de la société envers l'État et ses institutions.

Nous, au sein de l'association TAFRA pour la fidélité  et la solidarité des familles des détenus du mouvement rifain, avons à plusieurs reprises souligné que le procès des détenus du mouvement rifain est un procès politique et que la solution de leur cas ne sera que politique. Fidèles à nos engagements envers les détenus du mouvement rifain et leurs familles, nous ne permettrons à personne d’empiéter sur la dignité du RIF et la dignité de ses détenus et sur leurs revendications, et ne nous lassons pas, de plaider leur innocence et leur liberté.

Pour le Bureau de l'association
Le 26 juillet 2019

Traduit en français par Rachid Oufkir

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