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mardi 23 juillet 2019

Il y a 20 ans jour pour jour, Hassan Il symbole de despotisme a disparu

Hassan ll et Jaques Chirac/ DR



Il y a 20 ans jour pour jour, le 23 juillet 1999 Hassan Il a disparu. Dictateur et despote absolu qui a plongé son pays dans ce que l'on appelle «les années de plomb». Persécution des oppositions, assassinats politiques, disparitions forcées, prisons secrètes, crimes contre l'humanité, répression tous azimuts, coups d'État ratés, contre-coup d’État et diatribes télévisées...

Tout cela s'ajoute à la corruption, à la situation sociale catastrophique et l'extrême pauvreté dans laquelle vivait la majorité de la population du Maroc (toujours d'actualité sous le règne actuel du Mohammed VI). 

Il faut le dire, Hassan Il s'est comporté lors de 38 ans de son règne comme un apologiste en chef de la tyrannie. C'était le principal responsable des répressions sanglantes contre des révoltes populaires, en 1958/59, on estime le nombre de population rifaine tuée par Hassan Il (qui était prince héritier), le Général Oufkir, 20 000 soldats de l'armée marocaine et l'aviation militaire française à 10 000. Un génocide. 

Sans omettre les autres répressions lors de son règne à Casablanca en 1965, et dans le Rif encore une fois en 1984 qui ont générées des tragédies humaines et des fosses communes entreprises par l'armée marocaine pour enterrer les manifestants. À cet égard, Hassan Il a prononcé en 1984 une diatribe insultante en qualifiant les Rifains d'«apaches» et de «contrebandiers». Un discours dans lequel Hassan Il est apparu comme un voyou de quartier. Quant au terme «apaches» (awbach), il est à nos jours sorti des bouches des partisans du Makhzen et des sbires de Hassan Il pour insulter les Rifains.

Hassan Il était aussi le responsable de ce que l'on appelle «le bagne de Tazmamart», où des opposants ont été torturés et laissés pour morts, un lieu dantesque et infernal, dont l'opinion publique ne s'en rendue compte qu'après la parution en 1991 du "Notre ami le roi", signé Gilles Perrault, et qui s’est vendu à plus de 500 000 exemplaires.

Après quoi, les relations du régime d'Hassan Il avec la France se sont détériorées. Hassan II a accusé le gouvernement français de l'époque d’avoir laissé écrire le livre pour fomenter un complot contre lui. Une position qui en dit long de l'état d'esprit d'un dictateur mégalomane.

Cependant, il faut souligner que la complicité française était sordide. «La classe dirigeante française a eu un comportement ignoble, voire sordide, à notre égard. D’une bassesse abjecte alors que nous étions citoyens français depuis toujours et avions joué des rôles importants pour la sauvegarde des relations franco-magrébines tant dans le domaine religieux que politique et économique. Le fait de nous avoir totalement ignoré durant notre calvaire, la France est devenue complice du roi du Maroc. Vous ne pouvez imaginer le nombre de Ponce-Pilate que compte la classe politico médiatique française. Au-delà de toute imagination», témoignent les trois Frères Bourequat, Midhat-René, Ali-Auguste et Jacques-Bayazid Bourequat, de nationalité française, nés et grandi au Maroc, et qui ont été séquestrés à Tazmamart. 

«Pendant les dix-huit ans et demi de notre séquestration, alors que l’Ambassade de France avait été sollicitée par les membres de notre famille exigeant des autorités diplomatiques et consulaires d’intervenir pour des ressortissants citoyens français enlevés, ni l’Ambassade ni le Consulat général de France ne levèrent le petit doigt. Pourtant, nous étions des capitaines d’industries, nous étions des promoteurs de grandes marques françaises telles que Peugeot, France Auto, Michelin pneumatiques, des marques d’électro-ménager», ajoutent-ils.

Il convient de souligner également que malgré les atrocités et les crimes contre l'humanité commis par son régime au fil de 38 ans de son règne, Hassan Il était un grand ami de l'Occident, et considéré comme un exemple de modernité et de dialogue, c'était l'une des raisons qui ont poussé Gilles Perrault à rédiger le livre "Notre ami le roi" pour dévoiler la face cachée de cet exemple de modernité et de dialogue.

Un exemple de tyrannie et de despotisme a disparu à jamais depuis 20 ans, mais certaines de ses pratiques et de ses méthodes demeurent encore.


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