«La démocratie et le respect des droits humains au Maroc ne sont pas une priorité pour l’Union européenne et les pays occidentaux» - Courrier du Rif

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lundi 29 juillet 2019

«La démocratie et le respect des droits humains au Maroc ne sont pas une priorité pour l’Union européenne et les pays occidentaux»

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Le journal Le Monde a consacré un dossier de plusieurs articles pour les 20 ans de règne du Mohammed VI, en donnant la parole notamment à la politiste Khadija Mohsen-Finan, l'historien Pierre Vermeren, la directrice de publication de « TelQuel » Aïcha Akalay, le journaliste Omar Brouksi, l'envoyé spécial du journal à Rabat Alain Frachon et Marc Semo. 

Dans un article intitulé « Le Maroc, partenaire préféré d’une Europe obnubilée par les risques de déstabilisation », Khadija Mohsen-Finan et Pierre Vermeren analysent pourquoi le Maroc ne subit plus aucune pression par les pays européens et les États-Unis pour abandonner sa gouvernance autoritaire. 

Les deux chercheurs ont estimé au début de l'article "qu'en dépit des ouvertures opérées depuis 1997-1998, la communication sur le changement et sur l’« exception » marocaine a été plus importante que le changement lui-même", et que la modification de la Constitution en 2011 sous la pression des manifestations de 20F "ne modifiait pourtant en rien le système en place et ne constituait que marginalement une réponse aux demandes exprimées par les Marocains". 

Les auteurs de l'article ont observé également le fait que les protestations n'ont jamais cessé dans le pays, mais "la détermination des protestataires de la région du Rif en 2016-2017 a contribué à rendre le pouvoir fébrile et réfractaire à toute ouverture. Par étapes, les libertés acquises en 1997-1998 ont paru se déliter". 

Et quant au gouvernement de façade formé par les islamistes du PJD depuis 2012, Khadija Mohsen-Finan et Pierre Vermeren ont considéré que "le Palais a agi avec stratégie en offrant la direction du gouvernement aux islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD). Il espérait ainsi les décrédibiliser, comme Hassan II avait réussi à le faire dix ans plus tôt avec ses ennemis historiques de gauche".

Puis les deux chercheurs reviennent à mettre en exergue la situation des droits de l'homme en se demandant si le Maroc a-t-il renoué avec son système ancien. "D’après des organisations non gouvernementales (Amnesty International et Human Rights Watch), le royaume compterait à nouveau des centaines de « prisonniers politiques », ce que le pouvoir récuse en parlant, comme par le passé, de « délinquants »et de « hooligans »", pourtant, les auteurs de l'article ont estimé que le changement et le respect des droits humains ne sont pas une priorité pour les démocraties dite libérales dans cette région du monde. "Allié privilégié et partenaire sécuritaire des Européens et des Américains, le Maroc ne subit plus aucune pression pour abandonner sa gouvernance autoritaire", ont-ils noté.

Les deux chercheurs ont souligné que la « bonne conduite » du Maroc sur les questions d'endiguer les flux migratoires ou la lutte contre le terrorisme rendent l’Union européenne et les pays occidentaux très peu regardants sur les droits de l’homme et la très lente marche du régime alaouite vers la démocratie.


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