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mardi 23 juillet 2019

Le 98 ème anniversaire de la BATAILLE D’ANOUAL: Communiqué du Comité de Soutien au Mouvement rifain Paris



Le 98 ème anniversaire de la BATAILLE D’ANOUAL
Paris, le 21 juillet 2019

La commémoration de la bataille d’Anoual du  21 juillet 1921 s’inscrit dans notre patrimoine commun. L’ensemble des Rifains participe à cet hommage et à ce recueillement à la mémoire des combattants morts pour le RIF et la liberté.

A cette occasion , il est important de restituer le cadre historique dans laquelle est née  la bataille d’Anoual, rappeler son importance et questionner ce qu’est devenue cette événement historique  à nos jours. 

La victoire d’Anoual marque le début d'un tournant historique :

C'est sur cette terre martyrisée mais toujours prête à se lever face à l'injustice et à la corruption des pouvoirs qui s'y  succèdent, que le peuple du Rif, à la soif de justice et d'intégrité jamais étanchée, rejetant toutes les formes de domination coloniales et dictatoriales, un peuple qui fut l'un des premiers à apporter une solution politique originale sous la forme d'une République combattante mobilisant ses soldats de l'an ll contre les colonialismes espagnols et français. Le génie de ce peuple s'incarna dans la personne de son fondateur AbdelKrim El Khattabi, à la fois stratège redoutable et homme politique d'une grande envergure. 

Déployant un art consommé de la guérilla sublimé par les qualités individuelles du combattant rifain en terrain montagnard, parfaitement adapté aux rudes conditions de combat des versants acérés et arides de la montagne rifaine, Abdekrim infligea de terribles défaites aux armées coloniales retournant même contre elles avec maestria les armes modernes, canons et mitrailleuses, saisies par les siens sur les armées vaincues. La victoire d'Anoual qui vit une armée rifaine très inférieure en nombre anéantir un corps d'armée entier espagnol, portait en germe les défaites à venir des armées coloniales. Giap, Ho Chi Minh, les vainqueurs de Dien Bien Phu, mais aussi Mao, rendirent hommage à ce chef légendaire du Rif, précurseur de la guérilla moderne et qui sut rendre l'espoir à tous ceux qui luttaient désespéremment pour libérer leur sol natal du joug impérialiste.

Il fut aussi le créateur d'une République moderne, dans une région où la règle était la succession dynastique et la monarchie absolue devenue impotente après l'établissement des protectorats. Son discours hostile au colonialisme et ses appels à la libération des peuples opprimés du Maghreb ne pouvaient que susciter l'hostilité des autorités françaises. 

La France et l'Espagne coalisées eurent bien du mal à venir à bout du peuple rifain malgré le déploiement de forces matérielles et humaines considérables, chars, canons et avions issus des stocks d'armement inépuisables de l'Europe depuis la Première Guerre Mondiale. Les Rifains durent affronter deux des futures pointures de l'Europe fasciste et nazifiée, Franco, le massacreur de la République démocratique espagnole et Pétain, le chef collaborationniste de la France occupée. 

Pressé par les armées, soucieux d'épargner les victimes civiles de son peuple menacé d'anéantissement par les attaques au gaz chimiques, Abdelkrim accepta de déposer les armes en 1926. C'est sous des tonnes de gaz moutarde (ypérite), arme interdite par les conventions internationales, déversés massivement sur les populations, hommes, femmes et enfants, que furent ensevelis provisoirement les espoirs de libération de ce peuple .

Aujourd'hui encore, la terre du Rif porte les stigmates des armes toxiques utilisées par les puissances coloniales. Les sources incriminent davantage les forces espagnoles dans le recours aux armes chimiques mais les Français laissèrent agir Primo de Rivera et Franco manifestant ainsi leur approbation tacite des moyens employés. 

Massacres, répressions et tortures contre les populations civiles se succédèrent malgré la promesse faite à Abdelkrim d'épargner les civils en échange de sa reddition. 

La Bataille d'Anoual fut un tournant de la résistance . Elle marque aussi la construction de l’identité et d’une conscience politique via lequel le RIF est entré dans l’histoire. 

Il est à noter qu’en septembre prochain, à la fête de l’Humanité, 13,14,15 septembre la bataille d’Anoual fera l’objet d’un débat au sein du stand LE RIF, et ce, pour redonner à ce sujet toute sa valeur et toute sa place, dans le débat contemporain.

A cette occasion, le CSMR PARIS, fait porter à l’Etat marocain l’entière responsabilité de sa politique systématique de blocage, l’approche sécuritaire et meurtrière, mise en place dans le RIF, engendrant l’ostracisme, la marginalisation, l’appauvrissement, le sous-développement, le manque d’infrastructures durables, des services publics, l’exode forcé, le phénomène de suicide, la répression et les violences policières.

La situation économique dans le RIF souffre toujours de l'absence d'un horizon clair pour faire face à ses problèmes structurels et rien n’est fait pour répondre aux besoins essentiels des citoyens

le RIF connaît une crise réelle dans les secteurs du commerce, du tourisme et de la pêche.

L'Etat marocain a exclu le RIF du développement économique et social du pays. Cette exclusion se manifeste par l’absence de décision politique claire et de volonté réelle de la part de l’État de développer globalement et durablement le RIF, en particulier dans les domaines économique, social, environnemental et culturel. 

L’échec des politiques économiques adoptées par l’État central pour isoler économiquement la région, en tant que forme de punition collective motivée par la mentalité et l'approche du makhzen, forçant ses jeunes et les Rifains De Diaspora (RDD) à détourner leurs capitaux locaux vers d'autres villes en dehors du RIF.

Le CSMR Paris note les graves violations  par les éléments des forces auxiliaires et de la sûreté nationale à l'encontre de nos familles dans le RIF, a la suite des événements sociaux que le RIF a connu récemment. Le CSMR Paris appelle donc l'Etat central à assumer ses responsabilités, à trouver des solutions économiques et sociales et à mener à bien de profondes réformes politiques dans le RIF. 

Nous APPELONS tous les marocains à considérer le 21 juillet comme une fête nationale, et la commémorer comme il se doit. De même, nous déplorons l’absence de cérémonies officielles, le silence éditorial sur ce référentiel.

Nous EXIGEONS de l'État marocain le retrait de ses forces répressives, à lever toute militarisation de la région et à libérer tous les détenus innocents incarcérés, et le respect des dispositions et des  conventions internationales, appelant au respect du droit de manifester pacifiquement

Nous Exigeons de l’Etat marocain de lever le siège sur l’HISTOIRE et la mémoire commune des Rifains.

Nous EXIGEONS que  notre histoire soit enseignée, transmise aux jeunes générations, et que sa place soit consacrée dans la mémoire collective des rifains et de l’ensemble des marocains. Nous sommes toujours en attente d'un travail de vérité historique qui doit être accompli.

Il est de notre responsabilité d’inciter à approfondir la connaissance scientifique de notre histoire et  de consolider les recherches notamment se que fut la bataille d'Anoual. Notre jeunesse doit absolument connaître cette bataille, sa nature et ses conséquences à nos jours.

Le CSMR PARIS
Le 21 juillet 2019

Comité de Soutien au Mouvement rifain Paris | CSMR PARIS  

Courriel : csmr.idf@gmail.com
Facebook : @csmrparis






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