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mardi 16 juillet 2019

Pays-Bas: 60% des activistes rifains boycotterons le Maroc cet été

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60% des activistes rifains du Hirak pensent que le Maroc est devenu plus dangereux pour eux au cours de l'année dernière. C'est ce que montre un sondage que Republiek Allochtonië a mené auprès de ces militants, comme il l'a fait l'année dernière. Un groupe similaire (58%) n'ira pas au Maroc cette année. C'est plus que l'année dernière, où 46% ont dit qu'ils évitaient définitivement le Maroc. La principale raison de ne pas aller au Maroc est, comme l'année dernière, que les militants ont peur d'être arrêtés. 


Depuis l'automne 2016, le mouvement de protestation Hirak lutte pour l'amélioration des conditions de vie et des droits humains dans la région du Rif, au nord du Maroc. Les protestations ont éclaté après la mort du poissonnier Mohsin Fikri. Aux Pays-Bas, de nombreux militants, parfois unis au sein d'un comité de soutien ou de solidarité, soutiennent la lutte dans le nord du Maroc.


Participation active

Les trois quarts des participants au sondage ont participé à des manifestations contre le gouvernement marocain et les deux tiers ont déclaré avoir écrit sur le Hirak sur les médias sociaux (facebook, twitter ou LinkedIn). Un quart des personnes interrogées ont écrit, blogué ou voyagé pour le Hirak. C'est un peu plus que l'an dernier. Dix répondants ont indiqué qu'ils avaient organisé leurs propres campagnes de protestation. 

Sur les 70 répondants, 41 (59%) sont maintenant certains de ne pas aller au Maroc cet été ; 19% sont encore dans le doute. C'est considérablement plus que l'an dernier. Ensuite, 46 % ont dit qu'ils n'iraient pas et 18 % ont douté. Sur les 22 répondants qui se rendent au Maroc cet été, seulement 5 indiquent qu'ils y vont en vacances. Les 17 autres répondants ne vont que pour des visites familiales ou pour des raisons professionnelles. 


La principale raison de ne pas se rendre au Maroc est que les deux tiers (66%) des personnes interrogées avaient peur d'être arrêtées.  D'autres raisons (en partie) invoquées sont le climat politique au Maroc (40%) et la crainte des activistes du Hirak que des membres de la famille puissent avoir des problèmes en visitant le Maroc (29%). Quatorze pour cent des personnes interrogées ont indiqué d'autres raisons pour ne pas aller au Maroc (pas de sens, pas d'argent ou d'autres obligations).


Précautions à prendre

Parmi les répondants qui sont allés au Maroc, un peu plus de la moitié (51%) ont pris des précautions qu'ils ne prenaient pas normalement. Vingt pour cent d'entre eux ont encore des doutes à ce sujet. 

Les mesures de précaution comprennent l'information des amis et de la famille (69%), mais aussi la prise de contact avec l'ambassade des Pays-Bas (48%), la lecture des informations de voyage du ministère des Affaires étrangères (28%) et l'avertissement à un avocat (25%). Il y a aussi des militants qui avertissent leur employeur, qui n'emportent pas leur téléphone portable avec eux, qui ferment leur compte Facebook ou qui ont préparé un texte d'aide qu'ils peuvent envoyer immédiatement après leur arrestation.


L'engagement néerlandais

Toutes les personnes interrogées estiment que le gouvernement néerlandais devrait s'engager auprès des militants néerlandais en cas de problèmes au Maroc. Parmi les personnes interrogées, 89% ont à la fois la nationalité marocaine et la nationalité néerlandaise, 7% seulement la nationalité néerlandaise et 4% seulement la nationalité marocaine. 

Parmi les personnes interrogées ayant la double nationalité, 84% pensent qu'elles sont moins en sécurité au Maroc que les militants ayant uniquement la nationalité néerlandaise.


Tous les répondants ont estimé que les Pays-Bas devraient intervenir dans la situation du Rif. Il s'agit notamment de l'arrêt de l'aide économique (83%), de la pression politique (79%), de la mise en cause de l'ambassadeur du Maroc (63%) et de l'arrêt de la coopération avec le Maroc (56%). 


D'autres possibilités mentionnées sont de souligner qu'il s'agit de citoyens néerlandais, de mettre fin à la possibilité de double nationalité, de ne pas coopérer avec les Marocains néerlandais qui sont une extension du gouvernement marocain, de faire pression sur le Maroc dans un contexte européen, de poursuivre le Maroc devant la Cour pénale internationale et de rompre des relations diplomatiques.


Par Ewoud Butter
Lire l'article en néerlandais sur Republiek Allochtonië

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