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dimanche 14 juillet 2019

Quand le sultan marocain fêtait la défaite des Rifains dans la guerre


Le Rif et le Makhzen marocain, deux entités qui n'ont jamais été en harmonie, au moins au niveau historique et politique. Antagonisme, dissonance et voire haine réciproque. Des événements, des massacres, des guerres, des assassinats et des coups d'État ont abouti à l'accentuation du fossé entre les deux parties. Sauf que le Rif était toujours la partie la plus faible dans différents conflits et guerres, pourtant, les Rifains savaient garder le cap et tenir la tête à leurs ennemis, y compris le Makhzen malgré le prix exorbitant qu'ils ont payé au fil de ces conflits.

Entre 1921 et 1926, la guerre du Rif a éclaté, les crispations et les tensions atteignaient leur paroxysme, chacun a dû choisir son camp. Les sultans alaouites avaient signé déjà un «acte de vente» de leur entité, le 30 mars 1912, afin d'être protégés par la France. Les Rifains, en revanche, ont décidé de semer le désarroi et la peur dans les rangs de la colonisation. De ce moment là, les tensions entre le Rif et la monarchie alaouite se manifesteraient tout à coup encore une fois, au point que les sultans alaouites éprouvaient une sensation désagréable d’insécurité, à cause de la révolte armée du Rif dirigée par Abdelkrim, le motif qui les a poussé à stigmatiser les Rifains et à demander l'aide de la France pour se débarrasser définitivement de l'«agitateur» rifain (agitateur: un terme qui a été utilisé par le sultan Youssef en allusion à Abdelkrim).


De surcroît, l'hostilité avec le Rif a été incarnée sur le terrain, en 1925, le sultan Youssef a appuyé l'armée française en fournissant des supplétifs pour combattre à côté de la France et de l'Espagne contre les Rifains, et également a ordonné la population du Maroc de faire des appels de diabolisation des Rifains dans les marchés et les mosquées en les qualifiant d'«envahisseurs».

L'hostilité envers le Rif a poussé le sultan Youssef à fêter sous l'Arc de Triomphe la défaite des Rifains dans la guerre ensemble avec le président de la République française Gaston Doumergue, Aristide Briand, Édouard Herriot, Paul Doumergue, Philippe Pétain et Primo de Rivera à Paris le 14 juillet 1926. 

Un sultan collaborateur et deux des futurs dirigeants du fascisme furent accueillis par un gouvernement de gauche. Événement historique et surréaliste au même instant, la France et l'Espagne en tant que superpuissances européennes et la monarchie marocaine en tant qu'entité collaboratrice précieuse, fêtent sans vergogne leur victoire contre un petit et pauvre peuple charcuté par les armes chimiques et les gaz toxiques. 



Lors de cet événement, le sultan marocain a exprimé sa gaieté et sa joie et a remercié la France de la victoire sur les Rifains en disant:«Je suis très content de répondre à l'invitation digne du président de la France après la victoire écrasante de l'armée française et de nos soldats, qui a mets fin à la rébellion qui a menacé nos deux pays, dans le but de rétablir la paix et la sécurité dans notre empire chérifien, j'avais eu, ce matin devant la tombe du soldat inconnu, un sentiment de gaieté très particulier, les soldats frères très courageux (Français) qui ont fait un travail excellent dans notre empire comme je suis très content d'annoncer notre grande reconnaissance pour la France, protectrice du Maroc, qui a fait des efforts extraordinaires pour accomplir sa mission civilisatrice dans notre pays... Nous et nos sujets, nous n'oublierons jamais les grands sacrifices fournis par la France pour nous protéger, je vous remercie beaucoup monsieur le président, et je vous souhaite beaucoup de bonheurs, comme je lève mon verre pour la dignité et le progrès de la France.»

Il faut rappeler cependant que cette réalité historique a été largement expurgée des manuels scolaires et de l'histoire officielle de l'État alaouite, en ce qui semble être comme négationnisme.

Vidéos: le sultan du Maroc fête à Paris la chute de la République du Rif en 1926









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