La fête de l'Aid dans le Rif... prisonniers politiques, incendies, ordures dans les rues et despotisme - Courrier du Rif

Plate-forme d'information sur le Rif et l'Afrique du Nord

Les derniers articles

natif

lundi 12 août 2019

La fête de l'Aid dans le Rif... prisonniers politiques, incendies, ordures dans les rues et despotisme

DR




Vous pouvez couper toutes les fleurs mais vous ne pouvez pas empêcher le printemps d'arriver, disait Pablo Neruda. Hé oui, le Makhzen marocain, à l'instar de tous les despotismes d'autrefois et d'aujourd'hui, il sous-estime l'intelligence et la capacité du peuple de se réinventer et de renverser l'équation. Tant pis !

C'est la fête de l'Aid, une occasion qui est censée être une journée de joie et de gaieté, mais à cause de la nature tyrannique et corrompue d'un régime aux abois, l'occasion de la fête de l'Aid est devenue une journée de tristesse et de colère. Une maman affligée par l'emprisonnement de son fils, une épouse attristée en raison de calvaire de son mari dans les geôles de la dictature, un père abattu moralement à cause de la torture dont il a subi son fils, un frère qui souffre parce que son frère  est enfermé dans une petite pièce obscure, c'est à savoir un cachot etc... le Rif en deuil !

Tel est l'état dans lequel se trouvent des dizaines de familles de prisonniers politiques pendant ce jour de fête, mais, comme tout ce qui est amer, le deuil peut se tourner en révolte, écrivait Victor Hugo dans Les Misérables. 




En outre, le Rif vient de vivre un nouveau calvaire et une nouvelle catastrophe écologique sans précédent ces trois derniers jours: les incendies. 500 hectares de forêts et 20 000 oliviers ont été complètement ravagés par le feu selon les activistes de la société civile sur place, devant un silence officiel suspect et un manque cruel de matériel et de logistique moderne et spéciale permettant de contrôler les incendies. Cette calamité dantesque et la quasi non interaction du régime marocain a poussé beaucoup d'observateurs à croire que ces incendies ont été fomentés délibérément pour ouvrir la voie à la mafia de l'immobilier comme s'est passé dans plusieurs autres endroits au Maroc. 

La situation catastrophique dans le Rif a été empirée par les ordures qui jonchent les principales rues, en particulier celles de Nador. Ces déchets menacent l'avenir environnemental de la ville et l'état de santé de la population, devant une indifférence totale des autorités censées régler cette crise. Cette indifférence en dit long de la considération du Makhzen alaouite pour la population rifaine. 

Toutes ces ignominies et ces infamies et bien d'autres et dans d'autres régions sont couvertes par le marketing outrancier et mensonger en faveur de la dictature dans les médias français et espagnols. Rien que ces dernières semaines, à l'occasion de 20 ans de l'arrivée de Mohammed VI au trône, on a vu des dossiers, des articles, des chroniques et des interviews publiés dans les médias français et espagnols, et qui font tous l'éloge de la monarchie marocaine. Bien entendu, cette impressionnante campagne de séduction propagandiste a généreusement été financée par le régime marocain avec le soutien de ses "amis" français et espagnols comme BHL, Nicolas Sarkozy et José Luis Rodriguez Zapatero... mais jusqu'à quand le mensonge durera devant la réalité criante de terrain ? 

On peut mentir un jour, mais on ne peut pas le faire à jamais. Le régime policier marocain veut maintenir un précaire statu quo reposant sur les boniments et l’abêtissement des masses via les médias de propagande, les mosquées et un système éducatif défaillant, mais il omet que c'est difficile d'accomplir une telle tâche à l'ère de l'information et de l'Internet. Ces masses visées par la vaste entreprise d’abêtissement sont connectées au reste du monde par les réseaux sociaux, elles connaissent leurs droits en tant que citoyens et elles savent à quoi doit ressembler un État de droit qui fonctionne, et le distinguer d'une kleptocratie sclérosée. 

F.B


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Post Top Ad

Pages