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Jacques Chirac vu par un journaliste qui était embastillé au Maroc en 2003

DR Mort de Jacques Chirac (1932-2019). Moment de grande communion en France qu'il ne faudrait pas rompre avec des propos déplacés....

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Mort de Jacques Chirac (1932-2019). Moment de grande communion en France qu'il ne faudrait pas rompre avec des propos déplacés.

Juste un souvenir. 

En juin 2003, à la section pénitentiaire de l'hôpital Ibn Sina de Rabat, je reçois la visite inattendue de deux députés français.

Axel Poniatowski de l'UMP et Geneviève Gaillard du PS. C'est Poniatowski qui parle. "Nous sommes ici à la demande du président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré".
Debré est l'un des fidèles mousquetaires du président Jacques Chirac, grand protecteur du roi Mohamed 6.

"M. Debré vous offre la possibilité d'être transféré à la prison de la Santé à Paris. Le président Chirac pourra faire un geste en vous graciant le prochain 14 juillet".
Je leur explique que "je n'ai rien demandé et que j'ai été condamné par les Marocains, pas par les Français".



Gaillard se montre intéressée par mon cas, me pose des questions et je me fais une joie d'étriller le régime alaouite.
Poniatowski, un autre bon soldat de Chirac, se montre offensif. "Au Maroc, on ne rigole pas. Si vous ne venez pas avec nous, vous resterez 20 ans en prison, croyez-moi". 

"Mais Monsieur le député, je n'ai pas été condamné à 20 ans de prison, seulement à 4, ramenés à 3 en appel", lui répondis-je.

Disons que pour se débarrasser de moi, Chirac avait fait un geste envers M6 avec cette proposition saugrenue, pas envers le journaliste embastillé. 

Finalement, je suis resté au chaud dans mon lit de l'hosto puis dans ma petite cellule de la prison Zaki de Salé.

Merci tout de même pour le dérangement monsieur-dame, et RIP Jacques Chirac, l'homme qui a osé s'opposer aux Américains lors de la seconde guerre d'Irak en 2003.

Par Ali Lmrabet
Suivre sur Twitter: @Alilmrabet