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mercredi 4 septembre 2019

La journaliste Hajar Raissouni révèle avoir été interrogée par la police sur ses écrits politiques

La journaliste Hajar Raissouni avec les parents de Nasser Zefzafi



Dans une lettre depuis la prison et publiée par le site du journal Akhbar Al Yaoum, la journaliste Hajar Raissouni, interpellée samedi par la police sur fond de soupçons de «débauche» et d’«avortement illégal», et qui fait l'objet d'une campagne farouche de diffamation de la part des "médias" financés par la police politique, elle a révélé que la police l'a interrogé de ses écrits politiques. "La police m'a posé davantage de questions sur mes écrits politiques, mon oncle Ahmed et mon oncle Slimane, que sur les accusations forgées de toutes pièces à mon encontre", a-t-elle déclaré.

Hajar a expliqué également dans sa lettre qu'au cours de l'enquête, on lui avait posé des questions sur Afaf Bernani, une journaliste du journal Akhbar Al Yaoum, qui avait contesté le procès-verbal lors de son audition par la brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) au sujet du dossier de Taoufik Bouaichrine.




La journaliste a indiqué également dans sa lettre qu'elle a été interrogée sur ses visites à la maison de son fiancé lorsque celui-ci était en voyage ou en mission. Du coup, elle s'est rendue compte qu'elle était surveillée. 

L'arrestation de la journaliste a scandalisé plusieurs personnalisés et organisations de défense de droits humains au Maroc. "Nous considérons que l'accusation d'avortement n'est qu'une excuse pour mettre Hajar en prison à cause de son travail journalistique et pour faire pression sur son environnement perturbant, en particulier le journaliste Slimane Raissouni. La cible derrière tout cela est certainement leur travail et de leurs positions", a déclaré Khadija Riyadi membre du bureau exécutif de l’AMDH au site Yabiladi.

De l'autre côté le journaliste Omar Brouksy a qualifié l'arrestation de Mme Hajar Raissouni d'un "vrai scandale". "L'abus de pouvoir, les barbouzeries de pacotille et une justice aux ordres, tout cela a dépassé les limites imaginables. Mme Raissouni est accusée d'avoir recouru... à l'interruption volontaire de grossesse. Petit rappel : plus de 800 IVG sont pratiquées clandestinement chaque jour au Maroc. Mais la réalité, l'évidence que tout le monde sait mais que les hypocrites taisent, c'est qu'il s'agit d'un règlement de compte contre une journaliste honnête. Si seulement Mme Raissouni avait recouru à l'IVG : une expertise médicale commandée par le Parquet et délivrée par l'hôpital public de Rabat indique clairement que Mme Raissouni n'avait recouru à aucune IVG. Un vrai scandale. Avec son mari (un professeur universitaire soudanais), son médecin de 70 ans et une assistante, Mme Raissouni est actuellement en prison. Toute ma solidarité", ajoute Omar Brouksi. 

De son côté le journaliste Ali Lmrabet a analysé selon lui les véritables raisons de l'interpellation, notamment le soutien de la journaliste au Hirak du Rif. "Il se trouve aussi, comme par hasard, que cette journaliste a affiché dans le passé son soutien pour le Hirak rifain. Et puis, un autre hasard, elle travaille pour un journal dont le directeur a été condamné à 12 ans de prison pour "viols" et "traite d'êtres humains" après un procès rocambolesque et truffé d'illégalités manifestes", estime Ali Lmrabet.

"Gageons que le féminisme subventionné marocain va bouger ciel et terre pour la libérer cette femme des griffes de la servile justice marocaine", conclut-t-il. 






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