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dimanche 15 septembre 2019

Le 15 septembre 1995, la mort mystérieuse de linguiste rifain Cadi Kaddour

 Cadi Kaddour/DR


Le 15 septembre 1995, le linguiste rifain Cadi Kaddour est mort à l'âge de 43 ans dans un accident de voiture mystérieux et énigmatique à Rabat. Il fut docteur d’État en linguistique amazighe de l’Université de la Sorbonne, et l’un des premiers à avoir évolué tamazight avec son ami Mouloud Mammeri




Né en 1952, fut docteur d’État en linguistique amazighe de l’Université de la Sorbonne. Il fut également enseignant chercheur à l’Université de Fès-Dhar El Mhraz et un militant engagé pour la défense et la promotion de la langue berbère.

Concernant sa disparition, la version officielle indique que la voiture de l'intellectuel rifain avait quitté la route et s'était encastrée dans un arbre à Salé. Cependant, d'autres versions estiment que son accident a été provoqué et mitonné dans un contexte où son combat pour la défense de tamazight était délicat. Le drame a remémoré ce qui est arrivé à l'ami de kaddour, le militant kabyle Mouloud Mammeri qui est mort lui aussi dans un accident de voiture en 1989 à Aïn Defla. 


Cadi Kaddour fut l’un des premiers à avoir appelé à "l’unification et à la codification de tamazight", et à avoir évolué tamazight avec son ami Mouloud Mammeri, laissant derrière lui un trésor pour que sa langue maternelle reste une langue vivante. «Il n’est pas d’homme plus pauvre que celui qui ne laisse aucune trace de sa vie», disait Cadi Kaddour. 


Il avait soutenu sa thèse d’État à l’université de la Sorbonne en 1990 sous la direction de Dr. Cohen David, dont le titre de la thèse était: «La transitivité et la diathése en Tarifit, analyse de quelques relations de dépendances lexicale et syntaxique». 


Le regretté Cadi Kaddour était un chercheur qui a consacré sa vie à faire évoluer la culture et la langue amazighe. Cette évolution, qui selon lui tient pour l’essentiel à «l’effort individuel».




Cadi Kaddour a consacré sa vie également à la recherche des sources de la langue tamazight chez les gens du peuple, sa présence était distinguée dans diverses rencontres culturelles et associatives. Il avait commencé ses recherches au moment où les études berbères étaient encore un grand tabou. Il était un homme de terrain: le terrain rifain avec ses aléas et ses paradoxes. Il confia un jour que ses interviewés berbères eux mêmes lui déconseillaient ses recherches en disant que «Tamazight est inutile».

Chercheur solitaire, discret, modeste et auteur d'un travail remarquable. Il s’est éteint au moment où les communautés amazighes avaient besoin (et toujours c'est le cas) des hommes et des femmes, -comme lui, à l’avant-garde d'une vision moderne et évolutive de la langue et de la culture.


Paix à son âme. 




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