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vendredi 27 septembre 2019

M'hamed Ababou et Mohamed Medbouh, les deux rifains qui voulaient tuer Hassan Il

M'hamed Ababou/DR


Le lieutenant-colonel M'hamed Ababou et le général Medbouh, les deux rifains qui ont mené un coup d'État au jour de l'anniversaire de Hassan Il. Peut-être, c'était leur manière choisie pour souhaiter un joyeux anniversaire à un despote ? En tout cas, ils ont gâché l'anniversaire de celui-ci. Le 10 juillet 1971, Hassan Il a invité ses hôtes de marque au palais royal pour fêter son 42ème anniversaire, parmi les personnalités invités, outre la famille royale au complet et une bonne partie du gouvernement entourant Ahmad Laraki, le Premier ministre, on reconnaît des généraux en civil, des ambassadeurs en pantalon de toile et des hôtes de marque étrangers en chemisette : Bourguiba Jr, Louis Joxe, Jacques Benoist-Méchin, le danseur Jacques Chazot, les professeurs Touraine et de Gennes, le joaillier Chaumet, l’octogénaire Dr Dubois-Roquebert, et bien d’autres, décrit un article de Jeune Afrique.  

Mais M'hamed Ababou avait planifié un Coup d'État qui vise la tête de Hassan Il à Ahermoumou, ville située sur les hauteurs de la région de Fès, où il dirigeait l'académie militaire, une école de formation des sous-officiers. À 13h Hassan Il a fait son entrée et a pris la place auprès ses hôtes de marque. Une heure plus tard les premiers coups de feu ont éclaté.  Le terrain de golf s'est transformé en un champ de tirs, plusieurs invités ont péri. Parmi les invités qui sont morts dans cette tentative de putsch, le chef d’État major général des F.A.R Mohamed Bachir El Bouhali, le premier ministre du Maroc de 1963 à 1965 Ahmed Bahnini, le médecin personnel du roi Fadel Benyaich, l'ambassadeur de Belgique au Maroc Marcel Dupret et d'autres. Le frère de Hassan II, Moulay Abdallah, a été grièvement blessé.



Après une fusillade de plusieurs heures, les putschistes ont pris le contrôle du palais. On a procédé alors à l’appel des officiers loyalistes qui sont immédiatement passés par les armes, tandis que Hassan II a sauvé sa vie en se cachant plusieurs heures dans un « dressing-room » jouxtant la salle du trône et protégé par sa garde personnelle. Medbouh voulut négocier, en vain et le coup d'État a échoué quand des unités fidèles au régime furent alertées.

Il y a ceux qui disent que les désaccords profonds entre les initiateurs du coup, et l’absence aussi d’un programme clair visant à remplacer le régime en place, ont fait échouer le putsch. Sans omettre d'ailleurs que cette tentative de putsch n'a pas bénéficié ni de soutien étranger ni de résonnance au sein des partis de l’opposition de l'époque. 

"« Où est le roi ? Mais enfin, où est-il ? ». Je regardais avec stupéfaction ce brillant militaire, notre chef autrefois si intransigeant, complètement perdu, affolé, essoufflé", decrit un putschiste qui était sous les ordres de M'hamed Ababou, après l'échec du coup d'État. 

Le général Medbouh est mort dans des circonstances mal élucidées. 
Nul ne sait s’il fut victime d’une rafale visant une tierce personne ou s’il fut assassiné sur les ordres de son camarade Ababou des suites d’une dispute portant sur la stratégie à adopter. Certains suggèrent qu'il a été éliminé par Akka Harouch, le garde du corps de Ababou.



Quant à M'hamed Ababou, il a péri lui-même au cours de cette tentative de putsch, qui sera considérée comme un tournant majeur dans la nouvelle politique sécuritaire du pouvoir marocain puisque l'ensemble de la sécurité intérieure sera confiée au tortionnaire le général Oufkir - qui tentera lui aussi de renverser Hassan Il en 1972 dans ce que l'on appelle le coup d'État des aviateurs.

La répression a commencé immédiatement contre ceux qui ont participé dans le putsch. Les hauts gradés des FAR, au nombre de dix qui avaient pris part au coup d’Etat, ont été exécutés le 13 juillet 1971, seulement trois jours après leur tentative de putsch, et le 29 février 1972, la cour militaire de Kénitra prononçait contre 74 personnes des peines de prison allant de un an à la perpétuité, la majorité ont été emprisonnés dans le bagne de Tazmamart dont les autorités marocaines ont nié l'existence jusqu'en 1991. Sur les 58 officiers incarcérés, seulement 28 ont survécu aux conditions inhumaines du bagne.

Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 juillet, quatre des militaires condamnés à la suite de la tentative du coup d'État, se sont évadés de leur lieu de détention, ils ont "agressé leurs gardiens et se sont emparés de leurs armes", selon un communiqué du ministère de l'information. Les évadés étaient Mohamed Ababou, ancien lieutenant-colonel et directeur adjoint de l'école d'état-major de Kenitra ; Mohamed Chellat, qui servait comme capitaine dans cette même école, et Ahmed Mzireg, ancien aspirant du centre d'instruction d'El-Hajeb, et le quatrième évadé était l'ancien adjudant-chef et le garde du corpe de M'hamed Ababou Akka Harouch. 

Mais les nombreux barrages et des contrôles stricts sur les routes, en particulier dans la région de Rabat ont permis l'arrestation de quatre fugitifs.






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