Des prisonniers politiques rifains font l'objet de torture et d'intimidation psychologiques par les services de renseignement marocains - Courrier du Rif

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vendredi 11 octobre 2019

Des prisonniers politiques rifains font l'objet de torture et d'intimidation psychologiques par les services de renseignement marocains

Manifestation contre les décisions de la cour d’appel condamnant les leaders rifains du Hirak, à Rabat, le 21 avril 2019 (AFP)



Les détenus politiques rifains Nasser Zefzafi, Mohamed Al Haki, Nabil Ahamjik, Samir Ighid, Wassim Boustati et Zakaria Adehchour, emprisonnés à Ras El Ma, et qui avaient annoncé renoncer à la nationalité marocaine, ont indiqué dans un communiqué publié par leurs familles ce vendredi qu'ils font l'objet de représailles et d'intimidations exercées par les organes de l'Etat marocain dans la prison.

"Nous, les détenus du mouvement populaire du Rif, informons l'opinion publique nationale et internationale qu'après avoir annoncé notre position de déchéance de la nationalité marocaine, de rompre le lien d'allégeance au roi et d'adopter des positions politiques opposées à la politique du régime autoritaire, des différents organes de l'État ont commencé à nous harceler ainsi qu'à pratiquer la torture et l'intimidation psychologiques à notre encontre de manière délibérée et systématique en représailles des opinions que nous exprimons au sein de la prison à travers de nos familles", ont-ils alerté.

"Cette intimidation est reflétée dans les pratiques des membres de Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) en collaboration avec les services de renseignement, qui ont pris d'assaut notre cellule pour une inspection de routine le dimanche 6 octobre 2019, selon l'administration pénitentiaire. Il s'agissait d'une inspection minutieuse de tous nos bagages et objets, et après la fin de ce processus qui n'a abouti à saisir aucun produit illicite, un élément de l'équipe d'inspection a utilisé des violences verbales à l'encontre du détenu politique Zakaria Adehchour", précise le même communiqué en ajoutant: "Cinq jours après, c'est-à-dire vendredi le 11 octobre 2019 à 7 heures du matin, nous avons été réveillés par des descentes de plusieurs éléments de l'administration pénitentiaire, accompagnés d'agents des services de renseignement, dans nos cellules portant des masques et des gants, qui ont tenté de semer la terreur et l'intimidation de manière vindicative, et également avec une intervention barbare en commençant à nous fouiller physiquement tout en insistant pour arracher nos sous-vêtements".

Les détenus ont conclu leur communiqué en déclarant que "sur la base de ce qui précède, nous considérons que ces pratiques font partie de la guerre psychologique pratiquée par l’Etat marocain contre nous dans ses prisons conformément à sa logique autoritaire et raciste basée sur l'élimination de le muselage de toute voix critique contre sa structure autoritaire. Nous considérons que l'atteinte et les insultes envers notre identité et notre langue amazighes sont un comportement makhzanien reflétant la tendance de l’apartheid et de la discrimination raciale. 



Nous déclarons à l'opinion publique nationale et internationale que notre vie à l'intérieur de la prison a été ciblée par l'appareil d'État, qui a violé toutes les conventions et pactes internationaux relatifs aux droits de l'homme et à la dignité humaine, ainsi que les droits politiques, économiques et culturels, en conséquence, l'Etat marocain est tenu pour responsable de tout préjudice éventuel qui peut nous toucher ou toute représailles contre nos familles.

Nous lançons également un appel à toutes les organisations et organismes de défense des droits de l'homme nationaux et internationaux pour qu'ils assument pleinement leurs responsabilités face à la situation dans laquelle nous vivons en prison."


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