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lundi 11 novembre 2019

Censure. Les autorités marocaines interdisent toute activité liée au rap après la chanson "Vive le peuple"


Les autorités marocaines optent dorénavant pour établir la censure face à la colère exprimée avec des paroles vindicatives dans les chansons du rap. À en croire le site du journal Akhbar Al Yaoum, le ministère marocain de la culture, vient d'interdire tout acte, manifestation, chanson ou activité liée au rap après la chanson "Vive le peuple" devenue célèbre, et qui a été vue par plus de 12 millions de personnes depuis sa mise en ligne sur YouTube le 29 octobre dernier, et dont Simo Gnawi, un chanteur qui fait partie de trio de rappeurs auteurs de la chanson a été envoyé en taule.



La censure a été révélée par le chanteur du rap Ali Samed qui a fait une déclaration indiquant que le ministère de la culture a gelé toute activité artistique liée au rap, en raison de la chanson controversée "Aâcha Chaâb" (Vive le peuple), rapporte Akhbar Al Yaoum. 

Selon toujours la même source, le chanteur a précisé que la cause de cette interdiction est bel et bien la désormais célèbre chanson "Vive le peuple", d'après la déclaration d'un directeur du théâtre qui aurait dû accueillir un concert du rap dans la ville de Fnideq.

Ali Samed a dénoncé le "gel des activités du rap", exprimant ainsi son indignation face à la réaction du gouvernement, ajoute Akhbar Al Yaoum.

Simo Gnawi qui fait partie de trio de rappeurs qui a lancé la chanson "Vive le peuple", est poursuivi officiellement pour atteinte à l'honneur de policiers en exercice. Les faits pour lesquels il est inculpé remontent, selon la police, à une date antérieure à la chanson, mais de nombreux soutiens du rappeur affirment le contraire. 

Son avocat Mohamed Zayen affirme que la vidéo qui le montre en train d'insulter des policiers ne constitue pas une preuve juridique car il avait subi la violence arbitraire des forces de l'ordre.



Des voix s'élèvent pour souligner que le but de l'arrestation du rappeur est pour le bâillonner. Khadija Anani de l'AMDH , l'association marocaine des droits humains a déclaré que « Cette arrestation est un acte de vengeance. Les autorités, dit-elle, trouvent toujours des prétextes pour arrêter les gens qui dérangent, surtout avec ce slogan vive le peuple », rapporte RFI.

Depuis l'arrestation de Simo Gnawi, de nombreux militants de la société civile multiplient les appels aux autorités pour qu'elles « tirent des leçons des messages portés par ce genre de chansons et du malaise que cela traduit chez une importante partie de la jeunesse marocaine », note RFI.

Le militant Fouad Abdelmoumni a dénoncé cette censure en écrivant dans une publication sur Facebook: « Le ministère de la culture interdit toute manifestation de Rap à cause de la chason "Vive le peuple".
Messieurs les auxiliaires du pouvoir, vos interdictions et votre répression sont impuissantes à empêcher l'éveil de la société marocaine à la citoyenneté. Interdisez autant que vous voudrez, la parole s'est irrémédiablement libérée, et elle emportera dans ses flots ceux tous qui essaient d'y faire barrage.»



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