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mardi 12 novembre 2019

La probable entrée de Podemos au gouvernement est mal vue au Maroc en raison de son appui aux indépendantistes sahraouis et au Hirak du Rif

Pablo Iglesias/DR

Lors d’une conférence de presse commune mardi 12 novembre, le Premier ministre espagnol sortant Pedro Sanchez et Pablo Iglesias ont annoncé la signature d’un accord de principe pour la formation d’un gouvernement  composé de leurs formations, respectivement le Parti socialiste (PSOE) et Podemos. Les deux formations de gauche avaient pourtant déjà échoué à former un gouvernement, notamment lors des précédentes élections, en avril.

« Nous sommes parvenus à un pré-accord pour former un gouvernement de coalition progressiste (...) combinant l'expérience du PSOE (Parti Socialiste) et le courage de Podemos » et qui sera « le meilleur vaccin contre l'extrême droite » de Vox, a déclaré le numéro un de Podemos, Pablo Iglesias.

Car la grande surprise de ce dernier scrutin a été créée par Vox. Le parti d’extrême-droite a plus que doublé son nombre de sièges, avec 52 députés élus : la formation ultranationaliste de Santiago Abascal est devenue la troisième du pays.



Le programme commun et la répartition des postes pour le nouveau gouvernement PSOE-Podemos seront fixés dans « les prochaines semaines », a ajouté M. Iglesias, après la signature cet « accord pour quatre ans, pour la législature », a déclaré de son côté M. Sanchez.

« Il n'y a pas de raison pour un nouveau blocage, nous appelons à la responsabilité et à la générosité de toutes les formations politiques » pour qu'elles permettent l'investiture d'un tel gouvernement, « l'Espagne a besoin d'un gouvernement stable », a-t-il ajouté.

L’appui d’autres forces sera toutefois nécessaire pour une investiture par la chambre des députés, après les élections de dimanche 10 novembre, car l’appui de Podemos acquis par le chef du gouvernement sortant n'est pas suffisant à lui seul pour arriver au seuil de la majorité de 176 députés. 

Les socialistes et Podemos disposent ensemble de 155 députés alors que la majorité de la chambre est fixée à 176 voix sur 350.

Du coup, des négociations pourraient commencer avec d'autres formations ayant soutenu avec succès la motion de méfiance votée en son temps contre le Premier ministre conservateur Mariano Rajoy et qui avait ramené les socialistes au pouvoir.

Les indépendantistes catalans n'excluraient pas un soutien à un gouvernement de Pedro Sánchez, en échange de l'ouverture d'un dialogue avec les régions où "tout serait discutable", a indiqué le président de la Generalitat, Quim Torra, mardi à Barcelone, disant attendre une offre de M. Sanchez.

Grincements de dents à Rabat

La probable entrée de Podemos au gouvernement est mal vue au Maroc voisin, et cela en raison de son appui au Polisario et au Hirak du Rif. 



C'est ce que a exprimé en effet le site Yabiladi dans un article intitulé "Podemos, le grand allié du Polisario, se prépare à entrer au gouvernement". 

"Cette coalition annoncée ce mardi 12 novembre entre le PSOE et Podemos devrait susciter des grincements de dents à Rabat, voire plus encore. Et pour cause, Pablo Iglesias et ses camarades n’ont jamais caché leur proximité avec les thèses du Polisario. Pis, la direction de Podemos prépare avec la représentante du Front à Madrid le programme d’actions du mouvement en Espagne", note Yabiladi.

"Ils continuent par ailleurs à appeler le gouvernement à soutenir l’élargissement du mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental, et de dénoncer l’intégration des eaux et des produits de la province dans les accords de pêche et agricole conclus entre le royaume et l’Union européenne. Outre la question du Sahara, Podemos apporte son appui au Hirak du Rif, grâce notamment à ses eurodéputés", ajoute la même source qui conclut l'article avec une analyse inquiétante: "Désormais, les officiels marocains auront à faire face et à la forte présence de Vox à la Chambre des représentants avec 52 députés, et à l’entrée de l’extrême gauche au gouvernement. Deux forces résolument anti-Maroc".

Avec AFP, Belga et Yabiladi



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