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lundi 18 novembre 2019

Les manifestants oubliés par les médias internationaux en Algérie

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Pourquoi, dans un monde où les manifestations à Hong Kong, au Chili, en Bolivie, en Irak, au Liban et ailleurs sont suivies de près par les médias internationaux, mais les voix de l'Algérie n'ont-elles pas la même attention ? C'est la question auquelle le site Vox a essayé de trouvé la réponse en interrogeant les experts.



Le site lancé en 2014 et dont le but est “d'expliquer” l’actualité à des lecteurs souvent perdus, “dans un monde où l’on a trop d’information et trop peu de contexte, trop de bruit et pas assez d’analyse”, a demandé l'avis de Dalia Ghanem, spécialiste de l'Algérie au Centre Carnegie Moyen-Orient au Liban, qui a assisté à certaines des premières manifestations en Algérie, et qui a dit qu'elle était déçue de la réaction des médias au soulèvement algérien.

"C'est vraiment un problème médiatique, a déclaré Ghanem. "Ils sont attirés par le sang et la violence, pas par la vue de gens marchant pacifiquement dans les rues lors de manifestations civiles. Nous nous souvenons tous comment les gilets jaunes [manifestants en France] ont attiré tant d'attention, probablement à cause de la destruction qu'ils ont causée."

Cependant, elle a dit que la faible couverture médiatique ne signifie pas que les Européens et les Américains ne s'intéressent pas à ces troubles.

John Entelis, professeur de sciences politiques à l'Université de Fordham, qui a commencé ses études en se rendant en Algérie dans les années 1970, a expliqué différemment au site Vox pourquoi les médias sont moins focalisés sur ce pays.

"Si vous parcourez la liste des manifestations [largement couvertes], vous verrez qu'elles se déroulent toutes dans des pays accessibles aux médias", a estimé Entelis. "Bien sûr, les journalistes peuvent se rendre [en Algérie], mais il est très difficile pour les étrangers - journalistes, visiteurs, touristes - d'avoir accès et de comprendre".

D'après le site Vox, il y a peut-être une troisième raison -celle qui a plus à voir avec le mouvement de protestation lui-même qu'avec les médias.

Le mouvement politique en réponse aux protestations s'est arrêté, en partie à cause de la désorganisation des manifestants et de l'absence d'une personnalité publique à laquelle faire appel en tant que partenaire pour réaliser leurs revendications. Au début, ce manque d'organisation a rendu difficile pour les autorités de marginaliser les manifestants, a expliqué Ghanem, "mais maintenant c'est une faiblesse".




"Maintenant, il est difficile pour les manifestants d'avoir une carte claire pour aller de l'avant et aussi difficile pour eux de pouvoir négocier", a indiqué Ghanem. "Il y aura un moment où le mouvement aura besoin de se restructurer ou d'aller avec quelqu'un pour avancer."

Khaldoun Khelil, chercheur à l'Institut pour le Moyen-Orient, a déclaré qu'il comprenait pourquoi personne n'était venu pour mener la protestation, mais il pense que c'est un gros préjudice pour les manifestants d'atteindre leurs objectifs.


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