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vendredi 15 novembre 2019

Makhzen: constance et acharnement total dans la stupidité

Un internaute se moque des photos publiées par la DGAPR

Il faut tout de même reconnaître au Makhzen, une certaine constance et un acharnement total dans la stupidité. Ses errements ressemblent de plus en plus à des sketchs de bien mauvaise facture.

La dernière trouvaille nous vient de l’administration pénitentiaire qui prétend que Zefzafi et ses compagnons auraient mené une violente agression contre leurs gardiens. Une attaque qui aurait fait des blessés graves parmi les surveillants. Et pour mieux convaincre l’opinion publique, l’administration des prisons a posté des images de l’un de ses fonctionnaires dans une ambulance de la Protection civile. L’homme semble sous assistance respiratoire, sauf que le masque à oxygène supposé le relier à la vie, est posé à l’envers. Encore plus cocasse, le fonctionnaire dont on prétend qu’il vient d’échapper à la mort, semble se reposer paisiblement, dans une tenue de travail bien propre, les  yeux mi-clos, les doigts croisés sur le ventre. Une image éloignée de celle du comateux. Les photos des collègues du « malheureux » sont à l’avenant.

Une ficelle un peu trop grosse

A peine publiées, les clichés n’ont pas manqué de soulever non plus l’indignation, mais quolibets et hilarité générale des internautes dont des centaines ont scénarisé et publié leur propre coma, avec comme respirateur artificiel les moyens les plus insolites, couvercle de tajine, mixer, seau plastique, narguilé, cordon de téléphone…….
                  

A l’origine de toute cette affaire, la bande sonore clandestine de Nasser Zefzafi, racontant son arrestation le vendredi 26 mai

2017 et les tortures qui lui avaient été appliquées. En représailles, l’administration pénitentiaire avait dispersé les militants dans plusieurs prisons et les avaient jetés au cachot, avant de se raviser après la levée de boucliers suscitée par la  mesure.

La théorie de la rébellion est battue en brèche par les conditions mêmes de l’incarcération des prisonniers du Hirak. En effet, la majorité d’entre eux sort diminuée d’une grève de la faim sévère. Dispersés, de surcroît dans plusieurs cellules individuelles, Nasser Zefzafi et ses compagnons auraient eu toutes les peines du monde à se concerter, depuis leur isolement en cellules individuelles pour fomenter une révolte contre des brigades pénitentiaires réputées pour leur réactivité et la sauvagerie légendaire de leur répression.




Le scénario médiocre imaginé par Mohamed Saleh Tamek, le patron de la DGAPR, et ses hommes est le plus éloquent témoignage de l’indigence intellectuelle des servants du Makhzen. Il est également l’expression flagrante de la stupidité et de l’incompétence des administrateurs du Makhzen, tous départements confondus. Ceux qui connaissent le régime marocain pourront imaginer les moyens utilisés pour contraindre les surveillants à se prêter à ce très mauvais film qui n’aura convaincu que ceux qui auront bien voulu y croire : prime, congé exceptionnel, avancement, chantage, menaces…….

Les fantômes tétraplégiques du Rif

On se souvient du bilan publié par le ministère de l’Intérieur, au lendemain des manifestations du Rif, d’octobre 2016 à juin 2017. Le département en question avait, toute honte bue, prétendu qu’une centaine de policiers avaient été blessés dont certains grièvement, au point d’être tétraplégiques. Puis « on » était très rapidement passé à autre chose,  sans jamais apporter un début de preuve de l’existence de ces grands blessés. En réalité, les manifestants étaient tous pacifiques, la violence et même les pillages, furent le fait des policiers, des gendarmes, des forces auxiliaires et des voyous instrumentés par le pouvoir central.

Le ton de la contestation chez les marocains a désormais changé. Nos compatriotes attendent avec délectation, la prochaine bourde du Makhzen pour s’en saisir et la retourner contre lui, sous la forme de calembours et de clowneries.

Le ridicule ne tue pas dit-on. Certes, mais à force de boue, le Makhzen pourrait bien précipiter sa propre fin.

Par Salah Elayoubi
Le blog de Salah Elayoubi
Twitter: @salah_elayoubi


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