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samedi 2 novembre 2019

Opinion | La norme fondamentale qui doit guider les actions en faveur du Rif

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Une norme fondamentale doit guider les actions de tous ceux et celles qui prennent part au débat public au sujet du sort du RIF :

1. Le RIF est une chose publique, un bien public. Personne ne peut prétendre en avoir le monopole. Tout le monde est situé à égale distance de ce RIF tant convoité et l'objet de « lutte de pouvoir » et de rivalités (la notion d’égalité de tous devant le RIF). Reste à savoir ce que l'un et l'autre propose en terme de perspectives sérieuses.



2. La souveraineté rifaine n’appartient à personne en particulier, ni à l'ancien makhzen, ni à un quelconque nouveau makhzen potentiel. Les Rifains doivent savoir se réinventer, notamment leurs pratiques, leurs schèmes de pensées, leurs représentations, tout en gardant ce qui les distingue.

3. Gare à cette tendance à totémiser des personnes, des chefs providentiels, et des dynasties. C’est suranné. Cela ne fait que nous ramener à des temps révolus.

4. Gare au discours communautariste, intolérant, fascisant, qui pousse comme un champignon et à la montée de la xénophobie et ce, au nom d'un idéal collectif suprême : La survie du RIF et pour justifier la lutte contre le makhzen. On peut parfaitement aimer le RIF, le défendre, le promouvoir, mourir pour lui, mais sans être obligé de cracher sur l’humanité, détester le voisin non-rifain, se considérer comme l’unique et exclusif dépositaire de la radicalité et de la vérité. La noblesse et l’infamie, se côtoient dans toute société, y compris dans le RIF.

5. Certaines notabilités militantes rifaines, dont certains propagandistes* doivent apprendre à se régénérer le cerveau, et revitaliser leur vie psychique, en développant une stratégie gagnante sur le marché politique, et un langage autre que : "makhzen", "traitre", "dst", confiner le RIF dans un combat de coqs, et tutti quanti. Un climat pareil, sans relation avec le réel, ne peut produire que des rifains dépressifs. Il n'est pas de nature à susciter l'engouement du public, stimuler leur intelligence, et mobiliser leurs facultés cognitives. Il y a une panoplie d’outils d’analyse plus saines pour comprendre le processus et le contexte politique, légal, social dans lequels s’inscrivent nos luttes.



*Propagandistes : ceux et celles qui pour but de propager certaines opinions publiques et une certaine "doctrine" en particulier.

6. Imputer la responsabilité exclusive de nos malheurs à autrui, se défausser systématiquement de nos problème sur nos envahisseurs, nos persécuteurs, relèvent d’un discours idiot, d’un état d’esprit empreint d’une dose corsée de populisme, associé à la médiocrité. Les causes et les solutions de nos problèmes doivent être recherchées aussi en NOUS (le nous collectif), dans la responsabilité personnelle de chacun d’entre nous. Dans ce sens, il est plus qu’urgent d’engager une réflexion autocritique.

7. Ceux et celles qui s'emploient à engager l’aventure rifaine dans l’abîme des affrontements sectaires et tribaux, ils sont dépassés. Ils doivent plier bagage.

8. Ceux et celles qui ne savent guère communiquer que pour dire des banalités, quelque peu répétitives, sans effet sur la société, en donnant l'illusion qu'il s'agit d'un acte révolutionnaire, héroïque et grandiose, je peux dire qu'il y a sûrement quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux !

9. Ceux qui ont du mal à joindre le geste à la parole, n'ont pas d'avenir.

10. Les squatteurs, les voleurs d'initiatives, les super-menteurs, les récupérateurs, les tricheurs, les friands des coulisses, et ceux qui agissent toujours dans la promiscuité et dans le noir, doivent faire un effort et faire travailler leur neurones un chouïa.



11. Les prêches hebdomadaires en aucun cas peuvent tenir lieu d’une tribune politique.

12. Ceux qui sont à court d'arguments, doivent apprendre et écouter avec attention ceux qui ont des choses à dire.

13. Ceux et celles qui ne savent guère communiquer que sur des thèmes de menace, d’insultes, d’intimidation, et de bombage de torse, ne sont que des populistes inodores et insipides.

14. Rappelez-vous, le RIF dont on parle n'existe pas dans les faits. Il n'est qu’une abstraction. Une vue de l'esprit. Il n'est que théorique, naissant. Le RIF n'a rien. Il n’a ni corps politiques ni corps légaux, ni défenses, ni institutions… seuls capables, à mon avis, de dépasser et résoudre les antagonismes existants au sein de la société. Cela dit, rien n’empêche de prendre part à la réflexion collective autour de destin, de donner son avis sur les questions qui le concernent, dans un débat plus ouvert et plus riche.

16. On doit se rendre compte d’une chose : à ce stade, tous nos discours présents, et nos volontés réunis ne sauraient être à la hauteur de pondre un État quelconque et réaliser le sort désiré. C’est une affaire de générations, qui prendra des années de travail acharné.

Ce sont quelques-uns des principes et des préceptes moraux et politiques qui doivent être respectés et guider la parole publique.

Je demeure toujours optimiste et confiant. Il y a tant de raisons qui me rassurent. Je suis content de côtoyer des personnes de valeurs, des énergies positives, et des forces tranquilles, Je suis content de lire de belles et significatives contributions au débat public d’intérêt général. 

Par Rachid Oufkir



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