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samedi 30 novembre 2019

Quinze mille ans de migrations n'ont pas effacé de l'Afrique du Nord l'héritage génétique des peuples paléolithiques

L'Afrique du Nord/DR

Une étude publiée ce mois-ci par la revue "Current Biology", et dirigée par l'Institut de Biologie Évolutive de Barcelone (CSIC-Universitat Pompeu Fabra) renforce la thèse selon laquelle les Berbères sont les peuples indigènes et autochtones de l'Afrique du Nord.



Quinze mille ans de migrations, de flux de personnes en provenance d'Europe, du Moyen-Orient, d'Afrique subsaharienne et d'empires de toutes sortes n'ont pas effacé de l'Afrique du Nord l'héritage génétique des peuples paléolithiques, qui est encore présent dans l'ADN de ses habitants de l'Égypte aux îles Canaries.

La revue "Current Biology", du groupe "Cell", publie ce mois-ci un travail dirigé par l'Institut de Biologie Évolutive de Barcelone (CSIC-Universitat Pompeu Fabra) qui montre que dans le génome des différents habitants actuels d'Afrique du Nord il existe une continuité génétique avec les peuples chasseurs-cueilleurs qui ont colonisé cette région durant le Paléolithique [le Paléolithique est la première et la plus longue période de la Préhistoire, presque contemporaine du Pléistocène, durant laquelle les humains sont tous des chasseurs-cueilleurs].

Cette empreinte s'affaiblit au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'Est, mais elle reste intense chez les Sahraouis, les Marocains et les Tunisiens, ce qui renforce la thèse selon laquelle les Berbères sont les peuples indigènes et autochtones du Nord africain, défendent les auteurs de cette étude, dont ont également participé des universités en Tunisie, Algérie, Arabie Saoudite et Liban.


Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs de ce travail ont séquencé 17 génomes nord-africains, actuels et anciens, prélevés dans ce dernier cas sur trois sites préhistoriques pertinents au Maroc (Taforalt, il y a 15 000 ans ; Ifri n'Ammar, il y a 7 000 ans et Kelif el Boroud, il y a 5 000 ans), mais aussi sur les restes de canaris autochtones des 7e et 11e siècles.

Et ils les ont comparés à 16 génomes de peuples d'Europe, du Moyen-Orient et du sud du Sahara, avec un résultat qui montre le mélange d'héritages génétiques que les Nord-Africains portent aujourd'hui dans leur ADN.

Ils ont des ancêtres européens et asiatiques, issus de plusieurs migrations importantes, comme celles du néolithique ou celles qui ont eu lieu à partir du VIIe siècle avec l'expansion des peuples arabes d'est en ouest dans tout le sud de la Méditerranée, mais aussi subsaharienne, en raison de la forte traite négrière dans la région sous l'Empire romain et dans la période arabe.

Cependant, ce flux de gènes d'autres peuples vers l'Afrique du Nord en provenance des régions voisines pendant plus de 15 000 ans "n'a pas complètement effacé "l'héritage des peuples paléolithiques.

L'empreinte de ces sociétés de chasseurs-cueilleurs est plus intense dans l'ADN des habitants du nord de l'Europe, où elle représente jusqu'à 50% de l'héritage génétique, mais aussi dans le sud de la Méditerranée, avec une fréquence variant de 18% des Sahraouis à 5,2% des Egyptiens.

Cette étude, rédigée pour la première fois par Gérard Sierra Vidal et Marcel Lucas Sánchez de la UPF, démontre en outre que la migration des peuples eurasiatiques vers l'Afrique du Nord pendant la période néolithique, en progression est-ouest, avait un impact démographique plus important sur les sociétés humaines dans cette région que tout mouvement ultérieur, notamment l'arabisation.

Par l'agence EFE
Lire l'article en espagnol sur El Diario


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