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mardi 10 décembre 2019

Le nombre de mariages de mineures au Maroc augmente en termes absolus

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Le nombre de mariages de mineures au Maroc a augmenté en termes absolus au cours des 12 dernières années, passant de 30 312 en 2006 à 32 104 en 2018, selon les chiffres publiés ce lundi par le Conseil économique et social dans un forum de débat sur ce phénomène, rapporte l'agence espagnole EFE.



Les intervenants ont souligné que le mariage précoce n'est pas exclusif au Maroc, mais touche 12 millions de filles (presque exclusivement des femmes) dans le monde chaque année et que l'on estime que 21% des femmes mariées dans le monde étaient mariées avant l'âge de la majorité.

Dans le cas du Maroc, le Code de la famille ("Moudawana") a été modifié en 2004 pour interdire le mariage avant l'âge de 18 ans, mais la loi prévoit certaines exceptions qui sont devenues la norme en autorisant en moyenne plus de 30 000 filles mineures à se marier chaque année par leur famille, indique EFE.

En effet, les juges marocains, qui sont habilités à appliquer ces exceptions, ont donné leur autorisation pour le mariage précoce dans 85% des cas demandés entre 2011 et 2018.

Les participants au forum ont insisté sur la nécessité de mener des campagnes de sensibilisation sociale dans les régions où la prévalence de ce mariage précoce est la plus élevée, afin d'élargir l'idée que la place d'une fille mineure est à l'école et qu'une fillette n'est pas prête à devenir mère.

En même temps, ils ont préconisé une politique plus sévère pour punir tous ceux qui sont impliqués dans le mariage des enfants, comme les parents, les juges ou les intermédiaires qui sont souvent ceux qui "organisent" ces mariages.


Mais en plus des mariages dûment enregistrés, il y a un phénomène qui, selon les participants, prend de l'ampleur et c'est le "mariage contractuel" : en échange d'une somme d'argent, le père d'une jeune fille "donne" sa fille à un homme plus âgé, presque toujours émigré, sans la médiation d'aucun juge ou notaire ; c'est seulement lorsque la fille devient enceinte que l'enregistrement du mariage est exigé, note la même source. 

C'est l'équivalent de la "traite des personnes", d'après les participants.

Le débat sur l'interdiction définitive du mariage des enfants se répète sans cesse, mais il se heurte à une classe politique qui, jusqu'à présent et pour l'essentiel, a été plus encline à tolérer ce phénomène afin de préserver les traditions ou la réalité sociale dans les régions plus rurales du Maroc, conclut EFE.




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