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lundi 2 décembre 2019

Simo Gnawi au Maroc et Valtònyc en Espagne face à Mohamed et Philippe, les deux VI

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Vu de Catalogne. Les parallèles de la condamnation de rappeur Simo Gnawi ne sont pas rares avec l'affaire Valtònyc, un rappeur majorquin d'expression catalane, condamné dans son pays à trois ans et demi de prison pour "apologie du terrorisme" et "insultes à la Couronne" dans ses chansons, et qui avait fui vers la Belgique peu avant son incarcération, estime le site catalan El Nacional. 

Le rappeur Simo Gnawi a été condamné cette semaine à un an de prison pour "Vive le peuple", une chanson très critique à l'égard du roi Mohammed VI, où on l'appelle le "serpent à décapiter" et "le commandeur des drogués" en référence à son titre religieux de "commandeur des croyants", dans un satirisme par rapport au Maroc grand exportateur de cannabis et aux élites qui profitent de sa proximité avec Mohammed VI pour "piller les trésors du pays". Les parallèles avec l'affaire Valtònyc ne sont pas rares.

La chanson est dure. Il parle des parents qui pleurent leurs enfants noyés alors qu'ils traversent la Méditerranée à la recherche de la vie en Europe, du chômage, de la répression policière, des enfants qui survivent grâce au pain et au thé et qui "ne mangent que des lentilles les bons jours". Il n'est pas très difficile de comprendre qu'il en veuille au Roi lui-même. "Je ne suis pas ici pour te lécher le cul ou te glorifier. Je suis ici pour apporter une bombe", dit l'un des versets.


Vive le peuple, joué par les rappeurs Gnawi, Lzɛer et Weld Lgriya avec fureur et colère, s'est viralisé. Il est déjà passé de 16,5 millions de visionnages sur YouTube et les jeunes le chantent dans les stades de football. "C'est devenu un hymne des opprimés", dit un admirateur du réseau social.

La réaction du régime a été de tuer le chien. Le ministre marocain de la Culture a suspendu les concerts de rap. L'effet a été l'inverse : Gnawi fait les gros titres dans le monde entier et aussi la répression des droits humains et de la corruption au Maroc, qui apparaît comme une dictature monarchique consolidée.

Gnawi a été arrêté début novembre, quelques jours après la sortie de la chanson. Il est officiellement accusé d'avoir insulté la police. Son avocat a expliqué au Financial Times que la vraie raison de sa condamnation est la chanson. Gnawi, comme d'autres militants pour la démocratie, militants anti-corruption et journalistes, a été condamné non pas pour ses protestations ou pour avoir dénoncé les misères du régime, mais pour "conduite immorale", un prétexte qui facilite l'explication publique de la répression.

"La popularité de la chanson, selon plusieurs militants et analystes, témoigne du mécontentement croissant causé par la situation politique et économique. Le monarque est la cible directe de la colère déversée dans les réseaux sociaux. Les protestations appellent à une transformation démocratique comme celle qui a lieu en Algérie, en Irak ou au Liban, pays où il y a des soulèvements populaires contre les dirigeants, considérés comme ineptes et voleurs", affirme le journal économique.

Philippe et Mohamed, les deux VI

Mohammed VI, bien qu'il ait cédé peu de pouvoir au parlement et au gouvernement issu des élections, reste le chef suprême du pays, contrôle les services de sécurité et les organismes religieux et est l'un des principaux hommes d'affaires du Maroc.

La maison royale espagnole a une longue histoire de relations avec la maison royale marocaine. La dernière visite de Philippe VI à Mohamed VI remonte à février dernier. La monarchie espagnole, qui n'a jamais rien dit en public sur la situation critique des droits de l'homme dans le pays maghrébin, sait pertinemment que l'Espagne est le premier partenaire commercial du Maroc, avec un chiffre d'affaires de plus de 14 milliards d'euros par an. Quelque 800 entreprises espagnoles sont basées au Maroc et 20 000 autres ont des relations commerciales avec le gouvernement ou d'autres entreprises dans ce pays.

Lire l'article original en espagnol sur El Nacional


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