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jeudi 9 janvier 2020

Maroc. Les réseaux sociaux au milieu des procès terribles

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Un chroniqueur marocain connu sur Youtube sous le nom de "l'épicier" a été condamné mardi à trois ans de prison ferme pour des vidéos critiquant la corruption et "insultant" le pouvoir marocain, a-t-on appris mercredi auprès de son avocat.

Arrêté début décembre après une publication virulente visant le roi du Maroc, Mohamed Boudouh, âgé d'une quarantaine d'année, a été condamné à Khemisset (ouest) pour "offense aux institutions constitutionnelles et incitation à la haine", selon Me Hassan El Tas, joint par l'AFP.

La condamnation de cet homme qui se filmait dans une petite épicerie de quartier s'inscrit dans une série de sanctions judiciaires visant les réseaux sociaux.

Lundi, un jeune de 22 ans a écopé de deux ans ferme à Tétouan (nord) pour "offense à fonctionnaires" après un direct Facebook, selon son avocat Ahmed Benabdelouhab. Saïd Chakor s'est filmé pendant qu'il attendait de recevoir des soins dans un hôpital, en insultant les services médicaux et le roi du Maroc.


Le jeune de 22 ans dont le nom est Said Chaqqour a été arrêté le 20 décembre 2019, après son apparition dans une vidéo sur le lit d'un hôpital à Tetouan, dénonçant le "manque d’intérêt des médecins" qui l’auraient laissé "sur le lit d’hôpital pendant deux heures", après un accident de la circulation, qui a entraîné une fracture au niveau de la jambe en plus d’autres blessures. "J'ai été sur la route pendant une heure et demie avant l'arrivée de l'ambulance et maintenant je suis ici avec une jambe cassée pendant une heure et demie", a-t-il signalé. Frustré par la négligence à l'hôpital et parce qu'il ne pouvait plus supporter la douleur, il a enregistré la vidéo en question dans laquelle il a utilisé également des mots vulgaires et injurieux à l'encontre du roi du Maroc, lui reprochant se faire soigner en France pendant que lui -le jeune de 22- souffre de douleur. 

Peu de temps après, il a enregistré une autre vidéo dans laquelle il s'excuse, mais cela n'a pas empêché les autorités du régime de le mettre en prison.

En décembre, le lycéen de Meknès Ayoub Mahfoud, âgé de 18 ans a été condamné à trois ans de prison ferme pour avoir réécrit les paroles de la chanson "Vive le peuple" sur sa page Facebook. 

Fin décembre, la justice marocaine avait condamné un rappeur de 19 ans connu sous le nom de "Stalin" à quatre ans de prison ferme pour "offense aux institutions constitutionnelles", selon sa famille. Ce jeune de Laayoune (Sahara occidental) a publié sur Youtube un titre, "Fhemna" ("On a compris" en dialecte marocain) dénonçant notamment le chômage et le pouvoir "dictatorial".

Quelques jours plus tôt, le youtubeur "Moul Kaskita", célèbre au Maroc, avait lui aussi été condamné à quatre ans de prison ferme à Settat (ouest) pour une vidéo sur sa chaîne Youtube comprenant des "injures à l'encontre des Marocains et des institutions constitutionnelles". Il critiquait lui aussi le roi Mohammed VI, dont la personne est "inviolable" selon la Constitution.

Fin novembre, le rappeur Gnawi, avait été condamné à un an ferme pour "outrage à fonctionnaire public", peu après la diffusion de son titre "Vive le peuple" ("Aach al chaab", en dialecte marocain). Sa chanson qui cumule 21 millions de vue sur Youtube reprend des slogans scandés dans les stades contre "l'injustice" et "l'accaparement des richesses" mais surtout attaque le roi.

L'arrestation récente d'un journaliste de 33 ans pour un tweet critique sur la justice marocaine a focalisé en fin d'année l'indignation au Maroc et au-delà. Dans ce tweet publié en avril, Omar Radi fustigeait le verdict d'un magistrat contre des membres du "Hirak", le mouvement de contestation dans le Rif. Son procès doit reprendre le 5 mars.

Avec l'AFP


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