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3 févr. 2020

Mettre à l’honneur «Lalla Buya ». Un plaidoyer pour des pôles de rayonnement de la culture rifaine en Europe


Dans les portefeuilles d’activités des rifains d’Europe, il manque l’investissement dans des projets stratégiques et durables, pour un soft-power rifain, pour peser mieux et plus dans la balance lorsqu'il s'agira de défendre les grandes causes. J’en vois 3 en particulier, qui sont des atouts au cours de la phase que j’appelerai de “réveil”, et de ”reconstruction”.


1. Une académie de langue : une institution, qui aura une autorité normative, elle aura à traiter toutes les problématiques qui ont trait à l’orthographe et la grammaire de TARIFIT, à l’éducation aussi et prendre position sur toutes les manifestations et les subtilités linguistiques et les débats de société. Cette institution aura aussi pour rôle de centraliser tous les travaux sur TARIFIT. Formée de gens de lettres, de ceux et celles qui portent un intérêt à la langue, ils auront à la normaliser et a élaborer un dictionnaire entre autres. Cela n’est qu’un aperçu des missions dont elle aura la charge. Ma conviction est qu’il y a un potentiel dans ce sens. Au préalable, je vois l’intérêt de l’organisation d’un colloque scientifique international auquel seront conviés tous ceux qui œuvrent dans le domaine. 


2. Faire entrer le RIF, en tant que discipline, et domaine de recherche à part entière, dans les universités européennes, pour l’appropriation, et une remise en cause des certitudes épistémologiques de l’historiographie marocaine et occidentale sur le RIF.

3. Implanter un peu partout un réseau institutionnel, autrement dit des centres culturels rifains. Une institution permanente qui proposera une programmation diverse et variée selon les besoins, afin de favoriser les échanges avec les cultures locales. Un peu partout, en Europe, et en France en particulier, il y a une réflexion sur cette problématique et un engouement pour ce genre de projets. Par exemple, pour réaliser ce projet sur Paris, une capitale mondiale, qui a plusieurs atouts, un groupe pourrait se constituer , monter un dossier solide pour convaincre les donnateurs, et les investisseurs et lancer une campagne de collecte de fonds, via des cotisations, des dons privés..., sur 6 ou 7 ans, plus ou moins. 

A la fondation de l’association TAWIZA- ARIF en 2014, à Marseille, son projet phare fut de construire taddart n’arrif dans les principales villes du RIF.

A Bruxelles, une association est née Thaddath N Arif / La Maison du Rif, qui a pour but la promotion de la culture rifaine en Belgique et la création d'un centre culturel rifain en Belgique.

Il s’agit d’un projet à part entière, qui pourrait être confié à une équipe pour le piloter jusqu’au bout, via la sensibilisation, la mobilisation, la mise en place d’une cagnotte en ligne, etc…

Sa spécificité ? Il est durable car il restera pour les générations à venir.

Quand je vois les dépenses diverses dans des activités sporadiques, passagères, (qui ont aussi leur importance, je tiens à le rappeler) je me dis que c’est possible et qu’on pourrait faire mieux !

A noter que plein de projets fleurissent aux quatre coins de l’Europe. Ils sont certes plus discrets, évoqués dans le cadre et discussions privées, car en voie de maturation, mais ils s’inscrivent dans cette stratégie, et ils sont là.

CONSTAT

D’entrée de jeu, il y a lieu de noter que les RIFAINS expatriés ne constituent pas une diaspora à proprement parler, d’où la nécessité de porter un intérêt collectif dans ce sens :

« Une diaspora se présente comme un faisceau de réseaux, d'organisations, d'institutions reliant des communautés établies dans divers pays et ce caractère polycéphale la fonde. Il incarne et perpétue sa vocation, conjurer la dispersion, voire l'annihilation, en créant des liens. Cependant des auteurs reproduisent la logique nationaliste et voient en une diaspora un peuple dont la conscience identitaire ne peut pas se passer de la référence à une terre d’origine réelle et perdue. » Denise Helly, « Diaspora : un enjeu politique, un symbole, un concept ? », Espace populations sociétés [En ligne], 2006/1 | 2006, mis en ligne le 01 avril 2008, consulté le 28 janvier 2020. URL : http://journals.openedition.org/eps/960 ; DOI : 10.4000/eps.960

Les RIFAINS expatriés constituent, certes, une grande communauté qui connait plusieurs dynamiques, et un peuple de voyageurs, connu à travers l’Histoire, mais force de constater à ce jour, ils ne disposent d’aucun centre de diffusion de leur propre culture, à un moment où ils en ont désespérément besoin.

QUELLE CULTURE ?

Par culture, il faut entendre, tout ce qui est commun, ce qui a été appris, transmis, et toutes les expressions du RIF : ses mystères, son Histoire, les traditions, sa géographie, sa langue, les arts, le chant, la poésie, la peinture, la musique, l'architecture, la littérature,, le cinéma, les modes de vie, les systèmes de valeurs, la gastronomie…


POURQUOI ?

conçu comme un lieu d’échanges et de rencontres, il aura à :

· Préserver et promouvoir la diffusion de la langue et la culture rifaine, ainsi que sa valorisation à l'étranger

· Maintenir les liens souder, rassembler et éviter un état de dispersion

· Contribuer à répandre les valeurs démocratiques, citoyennes et culturelles 

· Promouvoir le dialogue et l’apport des berbères/ Imazighen à la civilisation universelle 

· Assurer l’accompagnement de la communauté “diasporique” et l’encadrement des associations

COMMENT ?

· La mobilisation de la culture au service de la cause via une stratégie d’influence et de visibilité

· La mise à disposition des ressources et des activités au sujet du RIF

· Capitaliser sur de nombreux atouts des rifains d’Europe, avec des émigrés hautement qualifiés, de grandes volontés fiables, et compétentes, et de fervents activistes sociaux, politiques, économiques…

· Dans chaque grande agglomération, un groupe peut se constituer pour ce faire et oeuvrer pour cet objectif

· Ces centres peuvent porter les noms de « Lalla Buya » « Mohamed Choukri »,… sur les modèles d l'Institut Goethe, l'Institut Ramon Llul, l'Institut Confucius, l'Institut Cervantés,... naturellement, toute proportion gardée

Pour moi, ce sont des chantiers indispensables, des défis qui doivent être mis à l’agenda culturel et sur lesquels il faut travailler sur la durée. Ces projets ne peuvent porter pleinement leurs fruits sérieusement que sur du long terme.

Par Rachid Oufkir
Twitter: @oufkirrachid



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