Courrier du Rif

Plate-forme d'informations sur le Rif et l'Afrique du Nord

Breaking

Post Top Ad

Your Ad Spot

mercredi 11 mars 2020

Amina Bouayach: « Nasser Zefzafi a incité à la violence et à la haine »


Amina Bouayach récidive. Elle vient de publier à travers le Conseil national des droits de l'homme (CNDH: un organisme du régime) un rapport qui a scandalisé les observateurs. Le rapport en question a fait preuve d'une partialité flagrante et a indiqué que "les manifestants ont eu recours à la violence contre la police, et que les droits de l'homme n'ont pas été violés en traduisant les manifestants en justice".

Le rapport en question et qui était censé traiter le dossier du Hirak du Rif d'un point vue juridique s'est politisé de manière manifeste en refusant par exemple d'utiliser le mot "Rif", et en parlant "d'événements d'Al Hoceima" et "des manifestations d'Al Hoceima" qui ont été le théâtre d'actes qui incitent à la violence et à la haine". 

Dans son rapport publié dimanche, le CNDH a publié également des extraits de discours -isolés de leur contexte- prononcés par le leader des protestations, Nasser Zefzafi, disant qu'ils ont incité à "la violence et à la haine", ce qui va à l'encontre de la démocratie et des droits de l'homme.

Le rapport a ajouté que 814 manifestations ont eu lieu, la plupart sans autorisation, et que les autorités n'ont empêché que deux d'entre elles. Il a divisé de surcroît les protestations en deux parties. La première a été pacifique d'octobre 2016 à mars 2017, tandis que la seconde a été marquée par la violence.

Pourtant, le rapport note que "la phase pacifique a été longue et que les gens ont protesté jour et nuit".

Les actes les plus violents ont eu lieu le 26 mars 2017 et le 20 juillet de la même année, lorsque la ville d'Al Hoceima a été témoin de quatre manifestations simultanées dans des quartiers distincts, indique le CNDH.

Concernant les réseaux sociaux, le rapport a jugé que 302 000 publications liées au Hirak du Rif ont été publiées sur des sites de médias sociaux, dont 10 000 répandaient "la haine et la violence".

Le Conseil a déclaré que son équipe a cherché dans ces publications et a conclu qu'elles étaient "publiées par des sources depuis l'étranger".

"Seulement 19 % des publications qui ne reflètent pas le véritable message du Hirak proviennent du Maroc", estime le rapport.

De l'autre côté, le CNDH reconnaît que les cas de torture n'ont pas été suffisamment pris en compte lors des procès des militants. 

Le rapport a suscité en effet des réactions indignées. "Le rapport a été accueilli avec scepticisme car il a été rédigé par un organisme gouvernemental. Les organisations indépendantes de défense des droits de l'homme au Maroc se demandent pourquoi il a fallu tant de temps pour mener à bien l'enquête", observe le média néerlandais NOS.

Selon Farid Akouh, une personne de connaissance de Zefzafi, le rapport contient de nombreuses contre-vérités sur le déroulement des manifestations et l'action de la police.

Akouh pense également que le rapport en question vise à détourner l'attention sur la grève de la faim des prisonniers Nasser Zefzafi et Nabil Ahmjik. "C'est le 21e jour sans manger. Ils protestent ainsi contre les mauvaises conditions de vie dans la prison".

La présidente du CNDH Amina Bouayach, a déclaré lors de la présentation des conclusions de ce rapport, lors d'une conférence de presse tenue au siège du conseil, dimanche dernier à Rabat, que le leader des protestation Nasser Zefzafi "a adopté une rhétorique dangereuse incitant à la violence....puis il a violé la liberté de culte dans une mosquée", et a ajouté que le "conseil ne réagira pas aux surenchères que provoquerait la publication du rapport". Face à cette déclaration, le défenseur des droits humains Khaled El Bekkari a déclaré dans un entretien avec le journal londonien Al-Quds Al-Arabi que Bouayyach "adopte les anciennes méthodes de dissuasion et la politique de la fuite en avant", soulignant que "le rapport du CNDH sur le Hirak du Rif n'est pas professionnel" et qu'après avoir lu le résumé du rapport, "j'ai compris pourquoi Mme Bouayach a dit que le conseil ne réagira pas aux surenchères, parce que tout simplement ce rapport est facile à être réfuté par tout observateur de ce qui s'est passé dans ce dossier."



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Post Top Ad

Your Ad Spot

Pages