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31 mars 2020

L’autonomie, l’autogestion dans le RIF, un état de fait !

Distribution d'aide alimentaire caritative devant les portes à Driouch. Des initiatives lancées par des citoyens.
En ces temps de crise sanitaire, de disette économique, le même scénario revient au galop : le désengagement de l’Etat central et le RIF est à 100% autonome, parfaitement autogéré. Les Rifains sont rodés. Ils savent pertinemment qu’ils vont être livrés aux incertitudes et aux vicissitudes de la vie, qu’ils ne peuvent compter sur la puissance publique ni sur aucune « institution » relevant de l’Etat central, si ce n’est sur eux-mêmes. Les valeurs-refuges habituelles pour eux, demeurent les mêmes : la providence, la famille, le village, la tribu et l’humanité.

L’Etat ne protège pas, c’est un fardeau, par contre, il te garantit la prison, si tu oses réclamer tes droits !

Qui gère la crise dans les villages du RIF ? La réponse est on ne peut plus évidente. Ce sont bien les villageois, la collectivité, la diaspora ! Les autorités marocaines, et le pouvoir politique veulent faire croire que tout est sous contrôle, mais le revers de la médaille est que plusieurs villages sont abandonnés à leur sort, paupérisés, et l’état d’esprit est au « sauve-qui-peut ».

Face à ce constat, tout être sensé, est amené à s’interroger sur l’utilité de l’Etat marocain. Est-il à la hauteur ? Où il en est de ses obligations et de ses devoirs envers ses ressortissants, en termes de services publics, de sécurité, du ravitaillement ?! On est en droit de s’interroger sur la part du contrat social qu’il se doit de remplir !


Distribution d'aide alimentaire caritative devant les portes à Driouch. Des initiatives lancées par des citoyens.

Il faut dire que la situation n'a pas évolué, l’Etat central et le pouvoir politique ont depuis toujours œuvré pour canaliser les investissements vers des zones autres que le RIF, quand bien même la diaspora rifaine (près de 7 millions d’expatriés) constitue l’un des principaux pourvoyeurs du trésor marocain en devises étrangères. Donc, ce n’est pas qu’il y a moins d’argent, mais c’est l’affectation de cet argent qui pose problème ! L’opinion publique et nombreux parmi les économistes, s’interrogent régulièrement sur la destination de ces fonds : Où sont les infrastructures (routes, écoles, hôpitaux), les investissements physiques et le développement industriel ?

L’état d’esprit belliqueux, raciste, et le mépris légendaire de l’Administration marocaine envers les Rifains et leurs spécificités, les témoignages sur les rackets quotidiens sur des citoyens démunis que pratiquent certains des agents des forces publiques, confirment cet état de fait !

Les RIFAINS sont dans leur droit de demander des comptes de l'utilisation de leur impôt, et réclamer des explications et de traduire en justice le chef de l’Etat et le gouvernement, pour avoir failli à leurs devoirs. Comment est-ce possible que des familles se retrouvent obligés à quémander de la charité ? cette pauvreté ou plutôt cet appauvrissement n’est pas un état normal, et n’est pas une fatalité non plus ! Cela indique qu’il y a des prédateurs, que quelques parts, il y a une crise des inégalités, un défaut de partage de la richesse accaparée par une minorité de décideurs du monde politique et économique…

Il est utile de rappeler que le RIF a toujours fonctionné sur un modèle économique basé sur la solidarité, l’autogestion, l’autonomie financière et l’autonomie de groupes.

Mais face à cela, la population s’organise et les résultats sont remarquables. Un véritable atout pour une organisation politique future !

Au fond, l’autonomie, la souveraineté économique et sociale, l’indépendance financière et l’intelligence collective sont des principes ancrés dans la vie des gens et dans l’identité et la culture sociètale locale. C’est un état de fait. La seule donnée qui manque, à mon sens, est le courage, une volonté politique affichée, et un combat pour un vrai statut de leur territoire, afin de se donner des outils adaptés pour le gérer conformément à leur aspiration. Ils ont de quoi s’autogérer, la réalité matérielle et sociale le prouve.

Par Rachid Oufkir 


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