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mercredi 25 mars 2020

Les autocraties de l'Afrique du Nord tentent de profiter de la crise de COVID-19

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Un moment de crise est une occasion pour se redresser et réparer les failles pour certains, par exemple, les guerres perdues ont forcé l'Allemagne et le Japon à se réinventer et à repenser leur passé pour se créer un nouvel avenir. Mais ce n'est pas le cas pour les États autocratiques et autoritaires, la crise est une occasion pour faire passer les politiques arbitraires et les décisions impopulaires.

Alors que de nombreux pays comme l'Iran ou les Etats-Unis libèrent les prisonniers pour réduire la population carcérale, et ainsi réduire les risques de COVID-19, et au moment où également l'ONU et plusieurs ONG de défense des droits humains appellent les pays à réduire la population carcérale et libérer notamment les prisonniers politiques, en Afrique du Nord, le Maroc fait la sourde oreille et l'Algérie vient de procéder à d'avantage d'arrestations. Les régimes de deux pays se comportent comme un seigneur féodal vivant en 1419 pendant cette crise du nouveau coronavirus.

Malgré les appels des ONG nationales et internationales, et de personnalités de différents bords en faveur de la liberté des prisonniers politiques et d'opinion, au Maroc, le régime est resté sourd comme un pot. De surcroît, il vient d'approuver un projet de loi relatif à l’utilisation des réseaux sociaux, sous le prétexte de lutter contre les Fake News dans cette période du nouveau coronavirus, mais qui s'apparente à la censure des réseaux sociaux, qui sont en effet déjà muselés par une série d'arrestations aux derniers mois de 2019. En parallèle, le régime a reporté un projet de loi qui était censé lutter contre la corruption et promouvoir la transparence. Les actions définissent les priorités.

En outre, pour faire respecter le confinement, des agent de police et de forces publiques ont eu recours à des méthodes répressives et à des charges d'une rare violence contre les citoyens, oubliant que ceux-ci sont, en fin de compte, dans leur immense majorité des produits pour ne pas dire des victimes des politiques et du système éducatif élaborés par ce même régime. Des scènes d'humiliation attentatoire à la dignité humaine contenant des gifles, des coups de pied, des insultes et des vociférations ont choqué les internautes qui ont lancé des spéculations sur la raison et le but de filmer ces humiliations et de les publier par la presse du régime. Bien entendu, la mobilisation et la sensibilisation doivent se poursuivre pour que les gens restent chez eux, mais pas avec les humiliations attentatoires à la dignité devant les caméras, soutiennent les internautes et avec eux l'opinion publique.




En Algérie dont le pays a été identifié par l'OMS comme étant extrêmement vulnérable au coronavirus, en raison de ses liens étroits avec la Chine, le régime a profité énormément de la crise sanitaire mondiale, le mouvement contestataire a été contraint de suspendre ses manifestations hebdomadaires à cause de la pandémie de Covid-19, ainsi la pression de la rue s'est dissoute.

Le régime a trouvé en cela une occasion pour régler ses comptes avec les activistes et les journalistes. La chambre d’accusation de la cour d’Alger a annulé, hier mercredi 25 mars, le contrôle judiciaire du journaliste Khaled Drareni et annoncé son placement en mandat de dépôt. La même chambre a rejeté également la demande de liberté provisoire au profit des deux activistes Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD). "Il n’est plus un secret pour personne que la justice algérienne est prise en otage éternellement par le pouvoir exécutif au service des clans au sommet de l’État", dénonce le CNLD, qui considère ces décisions comme un "énième dérapage", notamment après la condamnation la veille de militant politique Karim Tabbou à un an de prison en l’absence de ses avocats.



Jusqu'à présent, le nouveau coronavirus a eu un impact assez limité sur les pays d'Afrique du Nord, dont la plupart ont rapidement mis en place des mesures de confinement, comme le note le Conseil européen des relations internationales (ECFR), mais l'attitude incompétente et insouciante des régimes en place dans ces temps de crise peut agraver la situation et la rendre dangereuse, étant donné que les droits fondamentaux des citoyens sont maintenant aux prises avec des crises simultanées de gouvernance, d'économie, d'environnement, de santé, de citoyenneté et même d'intégrité de l'État.

Du coup, il faut rappeler à ces régimes que la prise des décisions arbitraires ou plutôt persister et durcir leurs politiques catastrophiques et autocratiques ne fera qu'exacerber la situation. En outre les inquiétudes dues aux risques de COVID-19, les citoyens ne veulent pas d'un système qui censure les médias sociaux, emprisonne les dissidents politiques, efface les épisodes gênants des textes d'histoire et pratique le contrôle de la pensée dans les geôles.

F.B


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