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12 avr. 2020

Les avocats des prisonniers politiques du Rif dénoncent un "traitement qui peut être décrit comme injuste, discriminatoire et sélectif"

DR
Les avocats des prisonniers politiques du Rif dénoncent dans une lettre au ministre marocain de la Justice la libération de 5.654 détenus tout en excluant les prisonniers politiques et d'opinion, ce "traitement peut être décrit comme injuste, discriminatoire et sélectif", soulignent-ils.


Les membres du comité de défense des détenus politiques du Rif, le doyen des avocats Me Abderrahim Jamai et et les avocats Abdelaziz Nouidi, Asmaa El Ouadii et Mohamed Aghnaj ont fait parvenir une lettre de désapprobation au ministre marocain de la Justice. Ils tiennent en particulier à ce que leurs clients, les détenus du mouvement du Rif, «ont été exclus de la liste des personnes graciés de prison» malgré les critères définis par la Commission mise en place à ce titre.

Les 4 membres du comité de défense des détenus politiques du Rif décrètent dans leur lettre au ministre marocain de la Justice que «ce traitement et contraire à l’Etat de droit et des institutions, et peut être décrit comme injuste, discriminatoire et sélectif».

Ils veulent ainsi connaître «les raisons pour lesquelles leur dossier n'a pas été examiné par la Commission», et «une explication de leur non-inscription sur la liste des personnes graciées et du fait qu'ils n'ont pas eu accès à leur dossier médical».


Les auteurs de la lettre soulignent que le dossier médical des détenus du Rif établit que «beaucoup d'entre eux sont porteurs de maladies qui menacent leur sécurité à tout moment».

«Nous sommes prêts à vous rencontrer dans les limites de votre responsabilité, pour vous donner ce dont vous pourriez avoir besoin, sur la base de déclarations ou de données montrant leur droit à être traités de manière égale et dans le respect de leur droit à la santé et à la sécurité», expliquent-ils dans la lettre.

Les quatre avocats soulignent également que les critères sur lesquels repose la grâce accordée à un certain nombre de détenus «sont des choix faits par les membres de la Commission sans référence à un texte», et que «personne ne sait pourquoi ils ont choisi ces critères, et n'ont pensé à d'autres, qui pourraient être plus objectifs, notamment la nature des dossiers, qu'ils soient politiques, de presse ou d'opinion».

Il est à signaler que dans cette lettre, adressée au ministre de la Justice en sa qualité de président de la Commission des grâces, les quatre avocats qualifient leurs clients de «détenus politiques», et insistent sur «leur droit de regagner leur liberté».

Pour rappel, la libération récente des détenus au Maroc a scandalisé les défenseurs des droits humains.

Parmi les 5.654 détenus libérés figurent également 50 détenus salafistes, théoriciens et prêcheurs de la Salafiya Jihadiya.

Face aux critiques, le ministère de la Justice a souligné dans un communiqué que la grâce royale récente est destinée aux "personnes qui ont commis des crimes et non à des personnes innocentes" (sic).

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