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Lettre ouverte au Président de la République Française

DR Dans la nuit du 13 au 14 avril, le maréchal Khalifa Haftar soutenu par les Emirats arabes unis, l’Egypte et l’Arabie Saoudite, et b...

DR
Dans la nuit du 13 au 14 avril, le maréchal Khalifa Haftar soutenu par les Emirats arabes unis, l’Egypte et l’Arabie Saoudite, et bénéficiant d'une certaine "bienveillance" de la France, a lancé des attaques par des drones émiratis sur des villes amazighes en Libye faisant ainsi plusieurs victimes. Ci-plus-bas lettre ouverte au Président de la République Française de Allas Di Tlelli.


Monsieur le Président

Permettez-moi d'abord de vous présenter mes sincères condoléances pour les pertes humaines qu'engendre en France, la crise sanitaire du Covid-19. J'apporte également tout mon soutien aux personnes contaminées et qui sont dans vos hôpitaux et ailleurs. Les efforts que vous consentez en tant qu'Etat sont considérables, j'espère sincèrement que vous arriverez très vite à dépasser cette conjoncture sans trop de conséquences et ce, même si ces dernières sont déjà assez lourdes et douloureuses pour vous et pour plusieurs autres pays.

Aussi, il est évident que cette crise n'est peut-être pas le moment propice pour aborder des questions internationales, pour autant, la France, de par son statut de puissance et d'acteur indirect dans la situation plus qu'inquiétante qui prévaut en Libye, a le devoir éthique, politique et humain d'y faire valoir enfin, la voie de la raison et de la paix.

En effet et vous l'avez naturellement appris avant moi, le criminel Haftar, soutenu par Les Emirats arabes unis, l’Egypte et l’Arabie Saoudite, et bénéficiant d'une certaine "bienveillance" de la France, pays des Lumières et des droits de l'homme, a lancé dans la nuit du 13 au 14 avril, des attaques par des drones, sur Jadu (Fessatu), une des plus importantes villes d’Adrar n Infusen, faisant au moins huit victimes parmi les combattants amazighs.

Alors qu’avant ces raids, les combattants amazighs d’At-Willul (Zouara) avaient repris le contrôles des villes côtières à l’ouest de Tripoli qui étaient occupées par Haftar et ce, sans aucune effusion de sang; la quasi-totalité des miliciens de Haftar, essentiellement des islamistes madkhalistes, se sont enfuis sans qu’ils soient poursuivis, ces frappes aériennes par des drones émiratis opérant en appui du terroriste Haftar, à la tête des "Forces armées arabes libyennes", sont intervenues suite à l’intervention de ces forces armées amazighes d’At-Willul.

Il est évident que Haftar profite lâchement de cette crise planétaire pour s'en prendre, sans raison, sinon par pure haine raciste et fanatisme religieux, aux peuples amazighs (berbères) d’Adrar n Infusen (Djebel Neffousa). Ces derniers ne se laisseront pas faire, c’est contraire à leur culture, mais ils enregistrent déjà des pertes en vie humaine et accentue, en filigrane, les risques de propagation du SARS-Covid-19 qui, vous êtes non sans le savoir, doit être combattu d'une manière unie et globale.

Dans cette partie du globe, nous sommes devant un réel risque d'un grand embrasement par une escalade guerrière et de la survenue d’un nouveau foyer du virus qui, par le flux de migrants qui se jetteront, de ce fait, dans les embarcations clandestines pour fuir ce nouvel enfer qui se profile, rend accrue la probabilité de venir replonger votre continent dans une nouvelle vague de la pandémie qui sera, comme vous pouvez l'imaginer, plus dangereuse que celle à laquelle vous faites face, avec vaillance, depuis quelques semaine. M. António Guterres n'a pas manqué de le rappeler d’une manière forte en écrivant : « N’oublions pas que dans les pays ravagés par la guerre, les systèmes de santé se sont effondrés. Les professionnels de santé, qui étaient déjà peu nombreux, ont souvent été pris pour cibles. Les réfugiés et toutes les personnes déplacées par des conflits violents sont doublement vulnérables. La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie. »

Par conséquent, ce scénario n'est pas de la science fiction, il relève d'une réalité factuelle qui, pour protéger déjà votre pays, ensuite faire valoir le droit internationale et la paix, et conformément à l’appel, le 04 avril dernier, du Secrétaire général de l'ONU, à un cessez-le-feu mondial, interpelle votre implication pour forcer, dans le cadre de vos prérogatives, le sieur Haftar à retourner, sans délais, dans son fief et à cesser ses agressions criminelles contre le peuple amazigh de Libye. Il y va de votre image et de votre crédibilité en tant qu'acteur incontournable sur la scène internationale, de votre sécurité nationale et, in fine, d'un règlement d’une certaine dette dont la France, soutien séculaire à toutes les politiques anti-peuples amazighs en Afrique du Nord, est redevable. Une politique pour le moins insensée et contre-productive qui, aujourd'hui, a toutes les raisons de changer, de fond en comble. C'est même l'occasion ou jamais.

Veuillez accepter, monsieur le président, l'expression de mes salutations distinguées.

Allas DI TLELLI (Auteur)
Kabylie, le 15/04/2020
  
(*) Qu'on se détrompe, je ne suis pas dupe quant au sort qui serait réservé à cette lettre que je viens d'envoyer et qui aura peu de chance d'être lue, encore moins d'être prise en considération. La crise inédite que traverse la France (et le monde) à cause du SARS-Covid-19 et les intérêts financiers qui déterminent la politique étrangère du Quai d'Orsay en particulier et de l'Occident en général, sont si établis pour que l'Elysée y prête attention. Néanmoins, si des milliers de messages de la même teneur, provenant de Kabylie, des Aurès, du Rif, du pays Mzab, de l'Azawad, de l'Atlas, des îles Canaries..., venaient à submerger la messagerie de la présidence de la République française, il y aura une chance qu'un geste soit fait pour Adrar n Infusen et At Willul.