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11 avr. 2020

Vu d'Italie. « Parmi les graciés, il y a aussi des meurtriers, mais pas d'opposants»

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Le quotidien italien Il Manifesto met en exergue dans un article la libération de 5.654 détenus au Maroc tout en excluant les prisonniers politiques et d'opinion. "Parmi les graciés, il y a aussi des meurtriers, mais pas d'opposants. Surtout pas ceux du mouvement du Nord, qui réclame l'égalité sociale depuis des années", note le quotidien.

Le Maroc. Le roi a gracié plus de 5 600 prisonniers, mais il n'y a pas d'opposants politiques parmi eux. Surtout pas ceux du mouvement du Nord, qui réclame l'égalité sociale depuis des années. Malgré cette mesure, les prisons restent surpeuplées : l'espace individuel disponible est de deux mètres carrés.

Au Maroc, le coronavirus a jusqu'à présent enregistré 1 184 cas positifs et 90 décès : la région la plus touchée est celle de Casablanca-Settat. Il est le quatrième pays le plus infecté du continent africain, derrière l'Afrique du Sud, l'Algérie et l'Égypte. Les autorités marocaines ont déclaré un "état d'urgence sanitaire" le 20 mars, il y a eu 83 cas, en essayant de limiter la contagion : seuls les déplacements nécessaires. Les écoles et les mosquées ont été fermés.

Des sanctions sévères sont prévues pour toute personne qui enfreint les restrictions, allant de sanctions financières à des peines d'emprisonnement d'un à trois mois. Des mesures préventives complices d'une prise de conscience claire du gouvernement : l'absence totale de préparation du système de santé.

Le pays, selon le Haut-Commissariat au plan, principale source de statistiques et d'analyses, estime à 1 642 le nombre de postes de soins intensifs disponibles entre les secteurs public et privé, pour une population de 35 millions d'habitants.

La prévention devient ainsi le seul outil dont dispose le Maroc et son roi pour lutter contre le virus. Les précautions comprenaient également des mesures pour les prisonniers : "Dans le cadre de l'attention constante que le roi accorde aux prisonniers dans les prisons et les institutions de réhabilitation, la grâce royale a été accordée à 5.654 prisonniers".

La mesure qui servirait à prévenir la propagation du Covid-19 dans les prisons précise également les critères "strictement objectifs" de sélection des bénéficiaires : l'âge, l'état de santé et la durée de leur détention, ainsi que la bonne conduite pendant leur détention.

"Depuis l'annonce de la libération de 5 654 prisonniers, nous avons espéré que, grâce aux nombreuses pressions des associations des droits de l'homme, les prisonniers politiques seraient également inclus", reconnaît Saïd Kaddouri, militant du mouvement populaire Hirak du Rif et de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH).

Parmi les graciés, il y a aussi des meurtriers, mais pas d'opposants : aucune prévention pour un ennemi qui, même en temps d'épidémie, ne peut être sous-estimé.

"Il est difficile de mesurer le nombre d'opposants politiques qui sont actuellement en prison au Maroc, mais ceux de mon mouvement sont au nombre de 53". Le mouvement populaire Hirak du Rif est né après la mort du poissonnier Mohcine Fikri en 2016, dans une région, le Rif au nord, qui ne connaît pas l'égalité sociale et le développement.

"Au Maroc - poursuit M. Said - les opposants politiques sont toujours traités comme des ennemis, même lorsqu'ils réclament l'accès aux soins de santé et le droit à l'éducation comme dans notre cas. Depuis la violente répression du mouvement, le pays est tombé dans un tourbillon de violations des droits de l'homme et de tensions. Afin que son image s'assainisse et que ses relations s'améliorent, le point de départ doit être la libération des prisonniers politiques et des journalistes qui sont actuellement en prison".

Même avec la grâce qui vient d'être accordée, la situation de surpopulation dans les prisons n'écarte pas le risque d'une propagation rapide du Covid-19. Selon le dernier rapport publié par l'Observatoire Marocain des Prisons (Omp), 12 des 15 prisons du Maroc dépassent leur capacité maximale en matière de capacité d'accueil : l'établissement d'Al Arjat, à quelques kilomètres de Rabat, accueille plus de deux fois plus de personnes qu'il ne pourrait en accueillir.

Le rapport dénonce également le manque d'espace de vie par habitant dans les cellules : moins de deux mètres carrés disponibles, alors que le minimum autorisé par le droit international est de trois.

Par Roberto Persia
Lire l'article original en italien sur Il Manifesto

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