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16 juin 2020

Hubert Lyautey, une figure du colonialisme et père spitituel de la monarchie marocaine toujours vénéré au Maroc

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Des figures du colonialisme, mises en valeur dans l'espace public, sont contestées après l'onde de choc provoquée par le meurtre de George Floyd aux États-Unis. Ainsi des symboles sont tombés dans plusieurs pays d'Europe, et des statues héritées d'un passé esclavagiste ou colonial ont été prises pour cible.

A Etterbeek par exemple, une commune située dans la Région de Bruxelles-Capitale en Belgique, onze rues portant le nom d’acteurs de la colonisation, ont été symboliquement rebaptisées ce 15 juin.

Pendant neuf mois, ces rues porteront le nom de femmes dont l’engagement ou le talent, trop vite oublié, méritait d’être rappelé. Ainsi la Rue Général Fivé devient la rue Rosa Parks (1913-2005) du nom de la militante contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis, la Rue Général Wangermée s'appellera Lalla Fatma Nsoumer, résistante kabyle, la rue Colonel Van Gele est rebaptisée rue Marie Popelin (1846-1913), première femme docteure en droit (ULB) etc... 


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En Afrique, au Sénégal, la société civile souhaite déboulonner la statue du gouverneur Louis Léon Faidherbe, l'administrateur colonial du pays, trône depuis plus de cent ans sur une place centrale de Saint-Louis, non loin du pont du même nom. Des symboles hérités de l’époque coloniale, indique RFI.

Le Maroc, un autre pays africain, n'est pas concerné par cette onde de choc globale, en effet, c'est facil de comprendre la cause. Le résident général du protectorat français en 1912, Hubert Lyautey, qui a consacré l’essentiel de sa carrière à la France coloniale, est en fait le père spitituel de la monarchie marocaine, et le fondateur de l'Etat du makhzen et de la plupart de ses symboles comme le drapeau ou l'hymne national.

Ainsi, contrairement aux autres pays, Hubert Lyautey est toujours vénéré par le régime et ses partisants.



Lyautey a même une statue qui était exposée en place publique à Casablanca, avant d'être déplacée au sein du consulat français de la même ville. Il y a aussi un lycée qui porte le nom de Lyautey dans la même ville.


La statue de Hubert Lyautey au Maroc

En 2019, à Angers, en France, un collectif du nom d’Interquartier 49 et « composé d’habitants issus de l’immigration », a adressé une demande à la mairie pour changer le nom d’un boulevard portant le nom du maréchal Hubert Lyautey parce que celui-ci a une portée symbolique qui est « vexante et outrageante » pour les personnes concernées par ce pan de l’Histoire du Maroc, a déclaré le porte-voix du collectif. Une démarche qui a été critiquée par l’historien Christophe Carichonn sur l’antenne de RCF Radio.

L'historien a rappellé l’existence du « Lycée Lyautey, lycée français de Casablanca, ainsi que sa statue équestre » au Maroc. « Les Marocains n’ont eu aucune velléité de débaptiser leur lycée et de ne pas reconnaitre ce que la monarchie chérifienne et le Maroc moderne doivent au maréchal Lyautey », a estimé Christophe Carichonn.

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