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23 juin 2020

Maroc: la supercherie des islamistes de Sa Majesté

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Depuis leur arrivée aux responsabilités, ces derniers ont enchaîné déclarations absurdes, incompétence professionnelle, bourdes politiques et scandales sexuels, sans oublier leur soutien à la tyrannie du régime.

En 2011, en plein « printemps arabe », surfant sur sa virginité politique, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) faisait campagne sur la lutte contre la corruption, les passe-droits, le népotisme, la rente et pour un assainissement de la vie politique et un retour aux fondamentaux recommandés par la morale et par l’Islam. Auparavant, des dizaines de milliers de marocains avaient pris la rue le vingt février, pour crier leur colère contre la corruption généralisée, le coût de la vie, le chômage, la misère de l’éducation nationale et celle de la santé publique.

Ailleurs, à Tunis, au Caire, à Tripoli, au Yémen, les systèmes politiques s’effondraient ou étaient en voie de l’être. Certains observateurs ne donnaient alors pas cher de la vie du régime marocain. Mohammed VI dont on avait pensé, un moment, qu’il avait pris la fuite pour la France avait fait mine de s’amender avec son discours du 9 mars, suivirent les arrangements cosmétiques de la constitution et les élections législatives. Malgré le climat de suspicion général et le boycott, la ruse, la énième du genre semblait avoir réussi.

La ruse et la bêtise de s’en vanter

Alors qu’ils battaient la campagne, jusqu’aux plus profonds de ses sentiers, les islamistes s’étaient forgé l’image d’un parti au-dessus de tout soupçon. Ils promettaient une main sur le coran, l’autre sur le cœur, de se faire les défenseurs des misérables, de la veuve et de l’orphelin. Ils se disaient les chevaliers de la liberté et les parangons de la vertu, On avait même entendu Abdelilah Benkirane s’en prendre, à fleurets à peine mouchetés, à Mohammed VI, à propos des rites du Palais comme le cérémonial moyenâgeux de l’allégeance. Une autre fois, devant un parterre de plusieurs centaines d’auditeurs, il avait même directement interpellé le souverain à propos de son entourage.

En réalité, les islamistes fourbissaient à leur manière, le vieil adage marocain « vendre le singe et rire aux dépens de celui qui l’a acheté ».

-« Pourquoi sommes- nous venus ? » interrogeait, un jour, le Chef du gouvernement ses homologues réunis dans l’hémicycle, avant de répondre lui-même à la question ;

-« Nous sommes venus pour arranger notre situation ! »

Fort en gueule et si prompt à la répartie colérique, Benkirane avouait, ce jour-là, la supercherie mise en place par lui et ses pairs, pour se faire élire. Un aveu, sans doute prononcé sous l’emprise de l’animosité envers un de ses contradicteurs et qui explique parfaitement les tenants et aboutissants de la tragédie marocaine qui se nourrit pour l’essentiel de l’équanimité des politiciens envers le sort de leurs compatriotes et leur propension à se muer en laudateurs du despotisme dès lors que ce dernier les rapproche de son épicentre.

« Arranger notre situation » semble avoir trouvé une résonance particulièrement favorable auprès des parlementaires, des ministres et des autres responsables du pays. On peut aisément comparer l’impact d’une telle déclaration à celui de la recommandation stupéfiante que fit Hassan II à ses officiers supérieurs, au lendemain du second coup d’Etat, les invitant à « faire de l’argent et à s’éloigner de la politique ».

Arranger leur situation semble donc être devenu le leitmotiv de nos politiciens. Célèbres par leurs promesses tout aussi fracassantes que mensongères, nos parlementaires sont devenus des parlementeurs et les maîtres de l’absentéisme et de l’esquive. Beaucoup d’entre eux, n’ont jamais ou si peu mis les pieds au parlement, sinon pour son ouverture présidée par le roi ou pour prendre part aux agapes organisées par le palais ou encore pour y parler business avec leurs homologues ou leurs électeurs.

Les islamistes ont vidé l’acronyme PJD du peu qu’il avait de signification réelle. Depuis 2011, la justice qui traînait déjà une solide réputation d’iniquité, a plongé dans une sorte de légalisation de la forfaiture et de judiciarisation des exactions contre les amis de la liberté. Quant au développement, le Maroc doit au règne des barbus un recul de plus d’un demi-siècle dans tous les indices et un saut brutal dans l’obscurantisme et l’intolérance.

Le fric et l’ignominie qui va avec

Pendant que prenait place cette infamie, Benkirane, et ses acolytes s’enrichissaient le plus sereinement du monde et faisaient de leur département, un tremplin pour vaquer à leurs affaires. El Mostafa Ramid, qui fut pourtant ministre de la justice, avant celui des Droits de l’homme, aura durant plus de vingt-quatre longues années oublié les droits les plus élémentaires de sa propre assistante, Jamila Bichr qui trimait à son étude d’avocat à plus d’heures, jusqu’à contracter diabète et hypertension. Deux pathologies qui ont fini par l’emporter et révélé au grand public que le ministre n’avait jamais inscrit sa collaboratrice à la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS). Une ignominie qui a inspiré aux internautes marocains cette boutade que « Ramid était le Ministre des Droits de l’homme et non de la femme ! ».

Bien plus ignoble, le ministre s’éprouvant sans doute habile avocat, a imaginé le plus improbable des scénarios pour expliquer sa malhonnêteté. Il a simplement rejeté la responsabilité sur la malheureuse, en charge selon lui, des affaires administratives. Une manière de se défausser de sa responsabilité dans l’esclavagisme mortifère qu’il a expérimenté durant plus de deux décennies, un peu plus profond dans la boue et le mensonge, Ramid a acheté le silence du père, Lahcen Bichr et instrumentalisé ce dernier afin qu’il impute dans une déclaration sous serment, toute la responsabilité de l’affaire à sa fille.

Depuis, l’affaire Ramid s’est doublée de celle de sa propre sœur qui employait une stagiaire au salaire mensuel de huit cents Dirhams (80 Euros), sans déclaration CNSS et de celle de Mohamed Amekraz, ministre de l’emploi poissé pour les mêmes faits d’infraction à la loi sur le travail. Aux dernières nouvelles, les deux ministres ont refusé de répondre à l’interpellation d’un parlementaire de l’opposition.

Le mot de la fin revient à l’inénarrable El Othmani et ses proverbiales déclarations le plus souvent empreintes de bêtise et de non-sens :

Les fondamentaux de notre parti sont le fait De Dieu ! »

Une saillie dont le ridicule pourrait aisément inspirer un film comique. Un scénariste y verrait un vieil homme, à l’âge canonique et à la barbe blanche occupé à rédiger la charte et les statuts fondateurs du PJD. Assis en tailleurs et en haillons, El Othmani et ses acolytes attendraient sagement la mouture finale du texte dont ils iraient propager la teneur. La suite de ce vaudeville s’écrit chaque jour dans les ministères, le parlement, les départements et administrations où sévissent les islamistes. Depuis leur arrivée aux responsabilités, ces derniers ont enchaîné déclarations absurdes, incompétence professionnelle, bourdes politiques et scandales sexuels, sans oublier leur soutien à la tyrannie du régime.

C’est désormais une certitude absolue acquise par une majorité écrasante de marocains qu’il n’existe plus de politiciens au Maroc ou si peu. Ils sont morts, supplantés par des combinards, des affairistes, qui ont fait de l’argent, l’alpha et l’oméga de leurs préoccupations et disons le vulgairement, du fric, leur raison d’être et leur paradigme.

Par Salah Elayoubi
Le blog de Salah Elayoubi
Twitter: @salah_elayoubi

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