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13 juil. 2020

L'APDHA et l'AMDH demandent le retour immédiat au Maroc de plus de 7 000 travailleuses saisonnières marocaines bloquées à Huelva

DR
L'Association andalouse des droits humains (APDHA) et l'Association marocaine des droits humains (AMDH) ont envoyé une lettre à l'ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Beyaich, et à l'ambassadeur d'Espagne au Maroc, Ricardo Díez-Hochleitner, pour demander le retour immédiat de près de 7 200 travailleuses saisonnières marocaines, qui sont bloquées dans la province de Huelva après la fermeture de la frontière par le Maroc.

Après avoir terminé la saison de la cueillette des fraises, les travailleuses se sont retrouvées sans travail et sans aucune alternative ou avantage pouvant préserver leur dignité humaine. C'est pourquoi l'APDHA et l'AMDH demandent que les frais de leur retour soient pris en charge par les États marocain et espagnol, les moyens matériels des travailleuses ne leur permettant pas de le faire. En outre, ils demandent au gouvernement andalou de procéder à des tests Covid19 sur toutes les travailleuses, de les informer de la nécessité de prendre soin d'elles-mêmes pendant le voyage et de maintenir une quarantaine avec leur famille à leur arrivée afin de garantir la protection sanitaire de leur famille et de faciliter le processus de leur retour dans des conditions sanitaires très sûres.

D'autre part, les organisations des droits humains demandent une enquête sur la responsabilité partagée entre l'Espagne et le Maroc, sur les conditions économiques et sociales et les effets psychologiques du blocage et de l'enfermement des travailleuses, qui "ont été exploitées par ceux qui cherchaient une main d'œuvre bon marché, et ceux qui voulaient obtenir des devises étrangères au détriment de la dignité humaine, alors que ces femmes, sont ignorées et oubliées, dans leurs moments les plus difficiles", critiquent-elles dans leur lettre.

Les organisations considèrent qu'il est impératif de procéder à une révision radicale de la convention de recrutement entre le ministère marocain de l'emploi et de l'intégration professionnelle, l'Agence nationale pour la promotion de l'emploi et des compétences, d'une part, et le ministère espagnol du travail, de l'immigration et de la sécurité sociale et le gouvernement andalou, d'autre part, afin de garantir des droits et un travail décent à ces travailleuses.

Les conditions de vie de ces femmes sont extrêmement dures, disent-elles, car elles sont prisonnières des logements qui leur ont été attribués dans les fermes où elles ont travaillé. Et en raison de l'expiration de leurs contrats de travail temporaires, à la fin du mois de mai, elles risquent d'être laissées dans la rue, faute de moyens pour couvrir les frais de leur séjour, car la plupart de ces travailleuses saisonnières envoient leur salaire au Maroc pour subvenir aux besoins de leur famille, qu'elles n'ont pas revue depuis décembre.

D'après leurs déclarations, et d'après le traitement médiatique de cette question, il n'était pas possible de contacter les dirigeants de la société qui les avait embauchées, ni les autorités marocaines. En outre, leur situation est devenue intenable, puisqu'elles se sont retrouvés sans travail et à court d'argent, faute de provisions pour survivre.

Les entités affirment que la majorité de ces femmes sont des mères, appartenant aux groupes ruraux les plus pauvres et les plus vulnérables du Maroc, et que la grande majorité d'entre elles ont laissé derrière elles leurs responsabilités familiales, ainsi que leurs enfants sous la garde de leurs parents ou d'un membre de la famille, avec la certitude de revenir, une fois la saison de la cueillette des fraises terminée ; comme convenu dans leurs contrats de travail, et conformément aux critères de sélection qui avaient été adoptés, afin d'obtenir un permis de travail, et aussi, par les conditions contenues dans l'accord signé par le ministère espagnol de l'emploi et le ministère marocain des affaires étrangères. Ces conditions, dénonçent-elles, ne respectent pas la santé et la sécurité des travailleuses au travail, ni la distanciation sociale, comme l'affirme le rapporteur spécial des Nations unies, Olivier De Schutter, sur l'extrême pauvreté et les droits humains, lorsqu'il déclare que la protection des migrants temporaires à Huelva a été complètement ignorée pendant la pandémie Covid 19 .

À la suite des négociations entre les gouvernements du Maroc et de l'Espagne sur cette question, les autorités marocaines ont accepté de transférer 48 femmes, considérées comme vulnérables parce qu'elles souffraient de maladies nécessitant une assistance médicale, ou parce qu'elles étaient enceintes ou avaient accouché au cours des derniers mois. Mais en raison de la nature immédiate de la décision, seules sept femmes ont réussi à voyager sur le premier vol de retour, tandis que 41 autres femmes n'ont pas pu voyager avec le premier groupe de personnes rapatriées, faute de temps pour effectuer les procédures de retour.  D'autre part, "le sort de près de 7 200 femmes reste très incertain à l'heure actuelle", expliquent-elles, étant donné que le plan de gestion de cette question se limite aux seuls Marocains qui ont des visas de courte durée, alors que ces travailleuses temporaires ont des visas de séjour limité.

Les mouvements marocain et espagnol des droits humains dénoncent les situations tragiques vécues par ces femmes temporaires. En outre, ce qui rend le problème plus tragique, disent-ils, c'est que la plupart d'entre elles sont les seules à subvenir aux besoins de leur famille, de sorte que des milliers de familles sont menacées par la misère et par la privation des enfants des soins et de l'affection de leur mère, et en outre, cela les expose à divers types de violence, économique, sociale et psychologique, ainsi qu'à la privation de l'environnement familial et émotionnel.

Lire l'article original en espagnol sur Monitor de Oriente

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