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18 juil. 2020

Mythes et réalités autochtones

DR
Indigènes du soleil couchant et orphelins des manuscrits en tout genre, surtout des manuels scolaires. Qui a choisi le Yémen comme point d’origine, certainement un faible d’esprit pour qui le pays était flou, aussi opaque que son intelligence à réécrire la mémoire dont il fait sûrement parti mais l’ignorance décidément ronge les neurones.  Comme le chante si bien l’artiste interprète rifain Allal Chillah accompagné de ses deux filles Mazillia et Lydia « Necin da zi rebda wa d nussi zi lyemen ».

Imazighen concentrés et reclus dans les montagnes, sortes de réserves naturelles. Pareil dans l’émigration, il s’agit d’un exil forcené qui viendra atténuer le réveil culturel. Un peuple aux deux extrêmes du déplacement de population : choisir entre le cantonnement et l’eldorado. Rester veut dire qu’il va falloir parler darija (arabe dialectal) pour pouvoir s’intégrer, la vie en spaghettis à la sauce amère. 

L’exode rural pour désintégrer un peu plus une culture en perte de vitesse et en manque de reconnaissance. Enclaver les esprits fait partie de leur stratégie, le Kif médicament vert pour voyager dans les rêves, les règlements de compte pour défendre le territoire exigu, la survie dépend de la clémence du ciel et de la volonté de Dieu.

Un passé plus que glorieux, une langue survivante de ses consœurs aujourd’hui toutes mortes, une invitation dans les temps anciens. Tamazight c’est retour vers le passé, peu  peuvent se vanter autour de la méditerranée de pouvoir en faire autant. Les lettres bâtons se tenant debout fièrement, montrant le chemin à suivre sur des visages portraits aux allures de paysages.

Hélas, on s’est perdu en chemin par cupidité sans doute. Déboussolé dans le concert des nations, de qui faire parti, que choisir, qui blâmer… en attendant une intégration dans le bottin appelé Constitution. Au même titre que les Amérindiens, Aborigènes et autres… nous faisons parti des déshérités de l’histoire, mais par rapport à ces derniers on s’en sort pas trop mal puisqu’on arrive à se maintenir culturellement même en dehors des enclaves aux pentes abruptes.

Les noms gravés dans la roche de la mémoire, bien avant les panneaux d’indications du Makhzen, la tradition orale comme support contre l’oubli tant qu’on reste ensemble. De plus en plus séparés les uns des autres, il va nous falloir nous trouver un autre relais plus fiable comme l’écriture, la musique… En stock tampon, les légendes et les grandes figures du passé, en marche avant nos enfants comme héritiers pour l’avenir.

Imazighen c’est mythes et réalités alternés dans l’oscillographe de l’identité, comme pour se rappeler qu’on ne peut se défaire de son passé pour embellir le présent, c’est ce qui fait d’ailleurs tout le charme de l’autochtone et que personne  ne pourra jamais lui enlever.

Par Mohand Achahbar (Biblio du Rif)
Twitter: @BiblioduRif

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