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28 août 2020

Bonsoir Mahmoud, je t'écris maintenant...


DR
Lettre de l'avocate Asmaa Wadi à Mahmoud Bouhennouch, garçon condamné à 15 ans de prison ferme par le régime marocain.

Bonsoir Mahmoud,

Je t'écris maintenant après que tu as appris la nouvelle, celle du maintien des jugements contre les militants du mouvement populaire dans la région du Grand Rif, et tu as été informé que le tribunal a considéré que tu es vraiment coupable et que tu dois passer 15 ans derrière les barreaux... Peut-être cela te dissuade-t-il d'aimer les montagnes majestueuses qui t'ont accueilli et qui t'ont donné naissance, en tant que jeune homme joyeux et plein de vie...

Je te vois sourire après que tu as entendu la nouvelle et que tu n'as pas prêté attention à la situation, comme si tu savais déjà que la vie du bourreau est plus courte que celle de la victime et que la suite est plus belle... Je te vois retourner à tes carnets et à tes cahiers pour poursuivre activement la quête de la connaissance et du succès, toi qui ne parle même pas couramment l'arabe...

Je ne sais pas, Mahmoud, pourquoi tu as été le premier à me sauter à l'esprit quand j'ai entendu la décision de la cour de maintenir les jugements contre les détenus... 15 ans pour un garçon qui avait été arrêté et qui n'avait pas fait 19 ans, et je me suis souvenu que je t'avais rendu visite à la prison après ton arrestation avec ton compagnon Bilal, le jeune homme brillant qui avait perdu sa mère lors de cette épreuve...

Je me suis aussi souvenu de l'horreur qu'ils ont répandue autour de toi et de ce qu'ils t'ont fait goûter de l'oppression et des abus, de l'horreur qui est sortie de tes yeux malgré ta ténacité et le courage que tu as hérité de tes ancêtres héroïques...

Je me suis également souvenu de ta position courageuse face à de lourdes accusations, avec un sourire confiant, croyant en la justice de la cause... très calmement.

Lorsque j'ai entendu le soutien de la décision prise à ton encontre, j'ai eu envie de te serrer dans mes bras, non pas pour te consoler, car tu es plus grand que tout cela, mais pour te déclarer ma solidarité et ma foi en ton innocence et celle de tes camarades...

Salutations à toi, ô jeune homme fier comme le Rif, je te promets qu'un jour nous nous retrouverons hors des murs et des cellules et que tu reviendras dans les bras de tes proches et de ta famille en toute dignité... Rien ne portera atteinte à ta détermination.

Par Asmaa El Wadi - Avocate
(Texte traduit de l'arabe)

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