Les derniers articles

Post Top Ad

Your Ad Spot

4 août 2020

Le roi du Maroc, "neveu adoptif", garde le silence sur Juan Carlos

DR
La maison royale marocaine n'a publié aucun message concernant la décision de quitter l'Espagne prise lundi par le roi émérite Juan Carlos, qui considérait Mohamed VI comme "un neveu adoptif".

Cette décision, qui a été communiquée par le roi émérite à son fils Philippe VI, n'a pas non plus fait l'objet d'une couverture spéciale par les médias marocains, qui ont simplement publié la nouvelle sans autre commentaire ou analyse.

La monarchie espagnole a toujours entretenu des relations étroites avec la maison royale marocaine, même en période de turbulences politiques, notamment entre le défunt roi Hassan II et Juan Carlos I, qui se disaient frères.

L'historien marocain Mourad Zarrouk, professeur d'études hispaniques à l'Université Hassan II de Casablanca, a déclaré à EFE qu'il n'y a pas de données vérifiables sur la relation assez étroite entre les deux monarques, puisque Juan Carlos I a eu un début de carrière politique "à cause" d'Hassan II.

Juan Carlos, alors chef d'État par intérim, a été chargé de gérer le défi que représente la Marche verte en 1975, 14 jours avant la mort du dictateur Francisco Franco.

"Ni le premier affrontement en 1975, ni la différence substantielle entre les deux régimes, ni l'adhésion de l'Espagne à l'OTAN et les différends sur Ceuta, Melilla et les îles Chafarinas, ni les multiples crises sur les accords de pêche ou l'immigration illégale n'ont affecté l'amitié entre les deux hommes", a affirmé M. Zarrouk.

Selon l'historien marocain, cette étroite relation de confiance entre Hassan II et Juan Carlos I s'explique par la priorité donnée aux liens personnels, qui ont toujours été isolés du contexte des relations bilatérales.

L'affection mutuelle entre les deux monarchies a été maintenue même à l'époque de l'actuel roi Mohammed VI, qui appelait affectueusement le roi émérite "oncle".

Cette relation familiale se reflète dans une photo datant de plus de vingt ans, où Juan Carlos apparaît en pleurs avec Mohamed VI tout en lui présentant ses condoléances pour la mort de son père, Hassan II, en juillet 1999.

Lors de la dernière visite officielle de Juan Carlos au Maroc en 2013 - un an avant son abdication - Mohamed VI a multiplié les déférences envers le monarque espagnol, qu'il a accompagné non seulement lors de soirées familiales, mais aussi lors de dîners officiels, à l'inauguration de projets sociaux et à l'aéroport, tant à son arrivée qu'à son départ.

Malgré cela, et au-delà de la relation cordiale entre l'actuel monarque marocain et Juan Carlos ainsi qu'avec son fils Felipe VI, celle-ci n'a pas atteint le niveau de complicité entre Hassan II et Juan Carlos I.

Mohamed VI lui-même a fait la distinction entre sa monarchie "exécutive" et la monarchie "parlementaire" espagnole dans une interview accordée au Figaro au début de son règne en 2001 : "Il est impossible de comparer l'incomparable. Par exemple, ils continuent à établir des parallèles entre moi et le roi Juan Carlos. Je (Juan Carlos) le respecte et l'aime, mais la monarchie espagnole n'a rien à voir avec la monarchie marocaine".

Et malgré ses relations étroites avec la monarchie marocaine, Juan Carlos I n'avait pas de lieu privilégié pour passer ses vacances au Maroc comme l'ont fait d'autres monarques européens, des émirs du Golfe persique ou la classe politique française.

Pour l'instant, on ignore où se trouve Juan Carlos I à un moment où plusieurs médias espagnols évoquent la Casa de Campo, une luxueuse urbanisation sur les rives de la mer des Caraïbes, à l'est de la République dominicaine, comme une possible nouvelle résidence du roi émérite.

Dans une lettre adressée lundi à son fils, le roi Philippe VI, le roi émérite a expliqué que sa décision avait pour but d'assurer à son fils la tranquillité nécessaire à l'exercice de ses fonctions.

L'annonce de son transfert hors d'Espagne culmine une période de détérioration de son image après des mois d'une cascade d'informations négatives sur ses affaires prétendument obscures.

Par Fatima Zohra Bouaziz (EFE)

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Post Top Ad

Your Ad Spot

Pages