Les derniers articles

Post Top Ad

Your Ad Spot

21 sept. 2020

L’affaire Omar Radi: Une enquête co-réalisée par l'Humanité et Mediapart

La une de l'Humanité

Le journal l’Humanité et le site d'informations Mediapart ont co-réalisé en août et septembre une enquête sur l'affaire Omar Radi, dont le procès s'ouvre ce mardi. 


L’Humanité a titré l'enquête en Une ce mardi: « Salir, diffamer, enfermer: la méthode Mohammed VI pour bâillonner la presse », tandis que Mediapart a titré: « Omar Radi est devenu une ligne rouge, autant que le Sahara ou le Roi ».


L'enquête de deux médias a précisé que de nombreuses personnes ont refusé de témoigner à visage découvert compte tenu du climat qui règne au Maroc et par peur de représailles. Celles qui ont accepté ont parfois demandé à lire les passages les concernant. D'autres se sont rétractées après avoir témoigné et ont demandé à ne pas apparaître que ce soit en on ou en off.


L'article de deux médias a ainsi expliqué qu'Omar Radi, 34 ans, est dans le viseur de la monarchie depuis des années. En cause : les prises de positions critiques de cet électron libre, ses activités politiques, ses enquêtes journalistiques sur l’économie de rente, la corruption, la spoliation des terres, la collusion entre le Palais et les affairistes, la répression des mouvements sociaux dans les régions périphériques abandonnées par l’Etat, comme le Rif ou l’Oriental.


La même source a ajouté que depuis son incarcération, c’est la tétanie dans les cercles journalistiques et militants. Ceux qui osent mettre en doute ces accusations deviennent les cibles de menaces, d’intimidation. Ils sont traînés dans la boue. Des voix libres, pourtant rompues aux méthodes du régime, choisissent la retenue. La peur étend chaque jour un peu plus son ombre. « On est nombreux à s’être déconnectés des réseaux sociaux, épuisés par le harcèlement de meutes de trolls. Moi, j’ai supprimé Whatsapp même Signal, changé de téléphone. On en vient à s’écrire des lettres qu’on remet à des gens pour éviter de passer par la Poste, avec le risque d’interception », soupire une activiste citée par l'article. 


Plusieurs figures de la lutte pour la défense des droits humains refusent tout simplement de s’exprimer sur cette affaire - « Le climat ne nous permet plus de parler » - ou préfèrent s’exprimer sous couvert d’anonymat. « Omar Radi est devenu une ligne rouge, autant que le Sahara ou le Roi », lâche une journaliste sous couvert d’anonymat.


« C’est trop risqué, trop éprouvant psychiquement, souffle-t-elle. Le régime fait payer quiconque soutient Omar ou remet en question la version officielle. Ils utilisent la vie privée des gens contre eux. C’est comme la Stasi en Allemagne de l’Est, tout le monde a peur, se voit comme le prochain sur la liste ». « Toute personne associée à Omar Radi est une cible potentielle de diffamation, d'attaques et même de poursuites judiciaires », confirme un avocat.


La même source a rappelé que l’instrumentalisation de la vie privée, les accusations de viol ou d’agression sexuelle portées contre des journalistes ou des opposants jugés trop frondeurs ne sont pas une nouveauté dans l’arsenal répressif du régime, de sa police, de ses services de renseignement. Le journaliste Ali Lmrabet, aujourd’hui exilé en Espagne, en garde un amer souvenir. En 2000, une plainte avait été déposée contre lui pour un viol qu’il était censé avoir commis à Casablanca au moment même où il se trouvait à Marrakech, à 200 kilomètres de là. Menacée de poursuites pour dénonciation calomnieuse, la plaignante, une ex-journaliste de sa revue Demain, avoua qu’on lui avait promis monts et merveilles.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Post Top Ad

Your Ad Spot

Pages