Les derniers articles

Post Top Ad

Your Ad Spot

26 sept. 2020

Trente ans après la publication de "Notre ami le roi", Gilles Perrault interdit d'entrer au Maroc

DR

Gilles Perrault, l'auteur du livre "Notre ami le roi", qui est considéré comme le plus redoutable missile lancé à la tête de Hassan II lors de son règne, a indiqué dans une interview avec le journaliste Omar Brouksi et publiée sur le site Orient XXI que même après la disparition de Hassan II, il demeure indésirable au Maroc, et que le conseiller économique de Mohamed VI, André Azoulay lui a fait savoir cela en personne. « André Azoulay m’a fait savoir que par fidélité à la mémoire de son père, Mohammed VI me renverrait par le premier avion vers la France si je mettais un pied au Maroc ».


Gilles Perrault a expliqué que son livre a eu un tel impact parce qu'en 1990 « l’Union soviétique n’existe plus. Or le Maroc était considéré comme le bastion contre l’Algérie socialiste. Il n’y avait plus de danger communiste et il n’y avait pas encore le danger islamiste ».


L'auteur du livre "Notre ami le roi" a indiqué également qu'après la parution de son livre, le porte-parole de la présidence française à l’époque, Hubert Védrine, proche de François Mitterrand, s’en est pris violemment à lui. « Perrault, m’a-t-il dit, vous êtes un irresponsable, vous oubliez les 25 000 Français qui vivent et travaillent au Maroc, et les centaines de milliers de Marocains qui vivent et travaillent en France. C’est irresponsable, votre livre. », témoigne-t-il.


Gilles Perrault a raconté également dans l'interview comment Hassan II a dépensé des sommes importantes d'argent pour déposer des plaintes contre les chaînes de télévision et les journaux qui lui ont donné la parole. « Hassan II ne m’a jamais personnellement attaqué en justice. Mais il a intenté des dizaines de procès aux chaînes de télévision, aux journaux qui m’avaient interrogé en disant que le fait de donner la parole, pour salir le Maroc, à un homme aussi méprisable que Gilles Perrault était une faute professionnelle. Alors, il fait pleuvoir une pluie d’or sur les anciens bâtonniers parisiens qu’il prenait comme avocats. Évidemment c’était une aubaine pour eux, mais il a perdu tous ses procès. Qu’est-ce qu’il croyait ? Que la justice française était aux ordres comme chez lui ? ».


Gilles Perrault a également évoqué la complicité étroite entre Hassan II et l'élite politique française, et la Mamounia, le fameux hôtel de Marrakech dans lequel le régime marocain reçoit des politiciens et des personalités françaises en récompense de leurs bons et loyaux services envers son image à l’étranger. « J’ai aussi constaté à quel point la connivence entre Hassan II et l’élite politique française était grande. C’est grâce à la Mamounia. Des directeurs de journaux et de magazines comme Jean Daniel du Nouvel Observateur ou Jacques Amalric du Monde venaient au Maroc à bord des avions du roi pour réaliser des entretiens avec lui. Pour résumer, autour de la piscine de la Mamounia il y avait toute la crème de la gauche et toute la crème de la droite », a-t-il dénoncé.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Post Top Ad

Your Ad Spot

Pages